• [^] # Re: la justice

    Posté par . En réponse au message Kit libre pour analyser la pollution de l'air. Évalué à 7. Dernière modification le 04 avril 2017 à 12:41.

    Il existe dans toutes les régions françaises une AASQA (Association Agréée de Surveillance de la qualité de l'air). Depuis le 1 janvier, plusieurs AASQA des anciennes régions ont fusionnées pour créer des structures à l’échelle des nouvelles. L'ASPA n'existe plus (même si le site web est toujours actif) et a été remplacé par Atmo Grand Est (http://www.atmo-grandest.eu) issue de la fusion des AASQA d'Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne.

    Concernant les capteurs. Pour les gaz, les AASQA utilisent en surveillance continue des analyseurs qui valent de l'ordre de 10 k€. Ces analyseurs sont calibrés très régulièrement et une vérification du calibrage est réalisé automatiquement plusieurs fois par semaine (la valeur du zéro et d'un point d’échelle sont vérifiées) et si l’écart concentration prévue/concentration mesurée et trop grande, une intervention humaine pour correction ou réparation est déclenché. Toute une chaine de calibration nationale existe qui permet d'assurer que les mesures réalisées sur l'ensemble du territoire sont comparables. Dans ces conditions, on estime que la précision des mesures est meilleur que 10%.

    Pour les capteurs de poussières, le prix va de l'ordre de 20k€ au prix de certaine voiture rouge d'une marque italienne célèbre (http://www.aerodyne.com/products/aerosol-chemical-speciation-monitor)
    La mesure des poussières est quelque chose d’éminemment complexe, d'abord parce que seul les particules les plus fines ont un effet réel sur l'homme, les plus grosses sont en effet arrêtées par le système respiratoire supérieur. Il est généralement considéré que les particules qui ont un effet sur la santé sont les particules de taille inférieure à 10 μm (particules dite PM10)car elles peuvent pénétrer dans les poumons et surtout les particules de taille inférieures à 2.5 μm (particules PM2,5) qui peuvent atteindre le fond des alvéoles pulmonaires.
    Il est donc nécessaire de pouvoir trier les particules avant de les mesurer.
    D'autre part certaines espèces peuvent être sous forme particulaire ou gazeuse dans des gammes de température ambiante (notamment le nitrate d’ammonium) ce qui ne simplifie pas la mesure.
    Là encore une précision meilleur que 10% est normalement atteinte.

    Concernant les micro capteurs qui sont le sujet du posteur initial, il ne faut pas en attendre une précision meilleure que 20 à 30% et certainement moins pour les particules.
    Un capteur isolé n'a amha de réel intérêt que pour avoir un ordre d'idée des concentrations en polluants et pour la tendance (hausse, baisse), toutefois une "meute" de capteurs, par exemple si tous les Velib étaient équipés et transmettaient leurs mesures , pourrait avoir un intérêt bien plus grand notamment pour aider dans le redressement en temps réel des modèles urbains.