• [^] # Re: C'est aussi un peu notre faute, hélas ....

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Les mobiles libres ont du plomb dans l’aile et les systèmes d’exploitation ne vont pas mieux. Évalué à 5.

    En plus, dans le cas du Neo900, il s'agit de faire rentrer une nouvelle carte dans une mécanique existante. Au début on se dit: "cool, du travail en moins, pas besoin de refaire la mécanique". Mais en fait, ça veut dire:
    - Les ports d'entrées sortie et les connecteurs internes (pour l'écran, le clavier, etc) doivent être exactement au même endroit que sur la carte existante, et doivent être compatibles (possiblement plus chers que de choisir un connecteur récent)
    - Il y a de fortes contraintes de place disponible dans le téléphone (il fait même pas 2cm d'épaisseur, auxquels il faut enlever l'écran, le clavier, le boîtier, et la batterie qui sont tous superposés sur ce modèle)
    - Si Nokia a fait de la place pour certains trucs (genre, placé la carte SIM plutôt d'un côté ou y'avait moins de bazar sur leur carte), alors la nouvelle carte doit prendre ces contraintes en compte.
    - On ne pourra produire la carte que pour des gens qui ont déjà le téléphone, et qui souhaitent remplacer la dite carte. Donc forcément, marché plus réduit que pour un téléphone neuf.

    Résultat, la conception d'une telle carte coûte cher, mais sa fabrication aussi. On voit bien ce que ça a donné: ils ont essayé d'empiler des composants les uns sur les autres pour gagner un peu de place et ça n'a pas bien marché.

    Donc au final, le prix ne me semble pas complètement délirant. Il aurait peut-être mieux valu faire un téléphone à partir de zéro, mais là par contre on a des coûts fixes pour lancer la production de la mécanique (coque, etc) et il faut faire une vraiment grosse production pour que ça marche.

    A mon avis, on ne pourra pas arriver à quelque chose de sérieux si le libre est le seul argument de vente: le marché est encore trop petit pour ça. Commençons déjà par libérer ce qui peut facilement l'être (schémas, procédé d'assemblage), et on verra si ça prend et si dans un deuxième temps on peut s'attaquer aux puces électroniques placées dessus. C'est la démarche de Olimex avec le TERES-I, par exemple: https://www.olimex.com/Products/DIY%20Laptop/KITS/TERES-A64-BLACK/open-source-hardware

    ça démystifie pas mal les choses déjà, et si ça peut donner envie aux gens de regarder comment ça marche dedans, peut-être qu'on pourra cultiver une communauté de hackers du matériel, comme il y en a une pour le logiciel, qui poussera le libre et fera avancer les choses, aussi bien pour l'offre (des gens capables de faire ça), que pour la demande (pour avoir des appareils qu'on peut bidouiller).