• [^] # Re: Feedback

    Posté par . En réponse au journal Création d'une revue scientifique libre et sceptique. Évalué à 5.

    C'est évidemment caricatural de te répondre ça, et je suis conscient du caractère trollifère de ma réponse, mais honnêtement, qui veut changer le système? Principalement, les gens qui [..] font de la mauvaise science.

    Je ne suis pas du tout d'accord avec cette analyse. Je veux changer le système, et je fais de la bonne science ! Dans mon domaine de l'informatique (l'étude des langages de programmation), il y a des sondages aux résultats très clairs qui montrent qu'une majorité de gens veulent changer le système, et que les jeunes sont plus motivés que les vieux pour changer (et les européens plus que les américians): Who Owns Your Research? A Survey — 2015.

    Ce qui est vrai, c'est que le monde scientifique a su s'accommoder des pratiques d'édition actuelles, et que comme on contourne les problèmes ou qu'on fait payer les coûts à d'autres gens, la plupart des chercheurs ont développé une tolérance au problème et font leur boulot malgré ça. D'un côté, c'est normal et plutôt bénéfique (on n'est pas bloqué par un problème qu'on arrive à ignorer et qui n'est pas le cœur du métier), mais de l'autre c'est dommage parce que ça rend les gens mous, les pousse à accepter des compromis qui ne devraient, dans l'absolu, pas être acceptables. Comme payer cher des éditeurs qui ne foutent rien alors que la recherche publique a besoin de tous les moyens disponibles. Ou accepter des limites arbitraires et illégitimes sur notre droit à diffuser nos travaux.

    Je souscrivais totalement au début de ton commentaire, l'initiative proposée est trop insulaire pour aider, et il est primordial de comprendre que les chercheurs sont piégés par la question de la réputation des revues et de leur évaluation. Il n'empêche que je suis radicalement en désaccord avec ton idée que pour les bons chercheurs, tout va bien, et que ce sont les mauvais qui se plaignent. La réalité est plutôt que pour la majorité des gens, on peut confortablement ignorer le problème, et que ce ne sont que les gens engagés qui se plaignent.