Ça n'existe pas "les linuxiens". Et pour pouvoir se lancer sur un marché, mieux vaut qu'une société tourne déjà et dispose de capacités d'investissement : je trouve l'existence et le travail de Canonical assez importants.
Sinon je suis assez content que tout le monde n'ait pas laissé tomber linux sur le bureau : ma mère est sous Ubuntu (une pure utilisatrice lambda), mes collègues-développeuses aussi (des utilisatrices beaucoup moins lambda, avec des besoins nettement plus avancés), les environnements de bureau ont fait pas mal de chemin, les outils dessus aussi.
Ce n'est pas parce qu'un terrain est occupé par le monde propriétaire qu'il faut lâcher l'affaire. C'est même un modèle assez courant, où une société se lance dans un logiciel propriétaire pour couvrir un besoin puis à terme le fossé finit par être comblé par des logiciels libres (ce qui limite les rentes des logiciels propriétaires au passage). Ici c'est plutôt un problème de financement : existe-t-il un marché pour des logiciels libres novateurs et comment verser de l'argent dans ces projets ? Des progrès ont été réalisés récemment, il faut poursuivre : mettre de l'argent dans des projets libres, permettre à des gens de se lancer dedans plutôt qu'attendre que le travail bénévole ait fini par rattraper le travail rémunéré du monde proprio.
C'est là qu'on rejoint l'importance d'organisations comme Canonical ou Mozilla, qui ont des contraintes liées au fait qu'elles doivent gagner de l'argent mais qui permettent aussi de proposer autre chose que les solutions propriétaires. Mozilla est moins en forme aujourd'hui mais elle a fait beaucoup pour l'ouverture de la toile et elle s'est lancée sur un marché bien verrouillé. Il s'agit toujours d'une bonne plate-forme pour promouvoir des standards ouverts et de bonnes pratiques (les travaux en cours sur l'anonymisation des navigateurs).
Je trouve très bien que Canonical se lance dans les tablettes : c'est proche de ce qu'ils savent faire, c'est abordable d'un point de vue investissement et les enjeux sont réels. D'ailleurs il ne s'agit pas juste de "nouveaux produits" mais aussi de comment tous ces produits s'intègrent à terme : il sera encore plus difficile de lancer des produits ouverts si aucun produit disponible chez les gens n'est sur le même créneau (interface, communication, ...).
Lancer de nouveaux produits c'est bien, mais je ne suis pas sûr que ce soit le plus simple et le reste ne doit pas être abandonné : de mon point de vue on devrait plutôt leur apporter du soutien et chercher commet les financer. Canonical distribue Ubuntu gratuitement, je suppose qu'ils vendent du service derrière mais les utilisateurs d'Ubuntu peuvent faire un don aussi (les non-utilisateurs également, évidement, s'ils sont contraints à utiliser une solution propriétaire ou s'ils n'ont pas encore fait le pas). Soutenir les projets utiles (qu'on utilise ou non) est un enjeu majeur actuellement. Et même si tout n'est pas parfait (Canonical s'est égaré parfois, bien qu'elle ait tenu compte des remarques), il est plus facile de gueuler quand on contribue (financièrement ou non) que quand on ne fait que regarder et espérer.
[^] # Re: Pourquoi ce journal
Posté par ylsul . En réponse au journal Tablette 2017. Évalué à 5.
Ça n'existe pas "les linuxiens". Et pour pouvoir se lancer sur un marché, mieux vaut qu'une société tourne déjà et dispose de capacités d'investissement : je trouve l'existence et le travail de Canonical assez importants.
Sinon je suis assez content que tout le monde n'ait pas laissé tomber linux sur le bureau : ma mère est sous Ubuntu (une pure utilisatrice lambda), mes collègues-développeuses aussi (des utilisatrices beaucoup moins lambda, avec des besoins nettement plus avancés), les environnements de bureau ont fait pas mal de chemin, les outils dessus aussi.
Ce n'est pas parce qu'un terrain est occupé par le monde propriétaire qu'il faut lâcher l'affaire. C'est même un modèle assez courant, où une société se lance dans un logiciel propriétaire pour couvrir un besoin puis à terme le fossé finit par être comblé par des logiciels libres (ce qui limite les rentes des logiciels propriétaires au passage). Ici c'est plutôt un problème de financement : existe-t-il un marché pour des logiciels libres novateurs et comment verser de l'argent dans ces projets ? Des progrès ont été réalisés récemment, il faut poursuivre : mettre de l'argent dans des projets libres, permettre à des gens de se lancer dedans plutôt qu'attendre que le travail bénévole ait fini par rattraper le travail rémunéré du monde proprio.
C'est là qu'on rejoint l'importance d'organisations comme Canonical ou Mozilla, qui ont des contraintes liées au fait qu'elles doivent gagner de l'argent mais qui permettent aussi de proposer autre chose que les solutions propriétaires. Mozilla est moins en forme aujourd'hui mais elle a fait beaucoup pour l'ouverture de la toile et elle s'est lancée sur un marché bien verrouillé. Il s'agit toujours d'une bonne plate-forme pour promouvoir des standards ouverts et de bonnes pratiques (les travaux en cours sur l'anonymisation des navigateurs).
Je trouve très bien que Canonical se lance dans les tablettes : c'est proche de ce qu'ils savent faire, c'est abordable d'un point de vue investissement et les enjeux sont réels. D'ailleurs il ne s'agit pas juste de "nouveaux produits" mais aussi de comment tous ces produits s'intègrent à terme : il sera encore plus difficile de lancer des produits ouverts si aucun produit disponible chez les gens n'est sur le même créneau (interface, communication, ...).
Lancer de nouveaux produits c'est bien, mais je ne suis pas sûr que ce soit le plus simple et le reste ne doit pas être abandonné : de mon point de vue on devrait plutôt leur apporter du soutien et chercher commet les financer. Canonical distribue Ubuntu gratuitement, je suppose qu'ils vendent du service derrière mais les utilisateurs d'Ubuntu peuvent faire un don aussi (les non-utilisateurs également, évidement, s'ils sont contraints à utiliser une solution propriétaire ou s'ils n'ont pas encore fait le pas). Soutenir les projets utiles (qu'on utilise ou non) est un enjeu majeur actuellement. Et même si tout n'est pas parfait (Canonical s'est égaré parfois, bien qu'elle ait tenu compte des remarques), il est plus facile de gueuler quand on contribue (financièrement ou non) que quand on ne fait que regarder et espérer.