• # Le code de la route n'est rien d'autre qu'un ensemble de protocoles pour réseaux routiers

    Posté par . En réponse au journal Et vous, vous voulez qu'elle fasse quoi votre voiture autonome ?. Évalué à 8.

    C'est la réflexion que je me faisais en voyant les progrès effectués dans le domaine. Pourquoi les machines semblent tellement meilleures pour conduire des autos que les humains ? En fait, chaque aspect de la conduite d'un véhicule est réglementé et codifié. En aucune mesure, essentiellement pour des raisons de sécurité et d'efficacité, il ne doit y avoir d'espace d'improvisation, que ce soit en terme de placement du véhicule, de priorités, de vitesse, de distance de sécurité et j'en passe.

    De fait, une fois l'espace concerné totalement réglementé, il suffit d’implémenter les règles dans les machines et elles sauront toujours quoi faire. L'automatisation de l'utilisation de la voirie n'a donc pas commencé avec les Google cars, mais bien avant, dés la création du code la route. (En France, la première règle date du début 19eme siècle et concernait la conduite à droite). La création progressive d'une voirie compatible avec l'application stricte d'un code de la route a suivi, en même temps qu'une standardisation des véhicules l'empruntant. Il n'est plus vraiment possible aujourd'hui de rouler sur la voie publique avec un véhicule original de sa propre fabrication, ni même avec un véhicule du commerce modifié sans passer une homologation particulièrement contraignante. Il a donc fallu plusieurs siècles pour arriver à un réseau routier entièrement automatisable, et la réglementation a joué un rôle absolument essentiel dans ce processus. Et je passe aussi sur le fait que la construction même des véhicules est en grande partie automatisée elle aussi.

    Pour l'être humain, normalement constitué, conduire est devenu progressivement une activité pénible. Les autos ne demandent pratiquement plus aucune compétence particulière pour être conduite sur la voie publique, mis à part, justement, cette connaissance précise du code de la route. Hors, ce code ne laisse aucune place à la créativité ou au libre-arbitre du conducteur. Obéir bêtement à des règles ne procure absolument aucune satisfaction. D’où le fait qu'il soit en permanence enfreint et que l'autorité publique déploie tout un arsenal répressif dans le but de contraindre les usagers à le respecter. Les humains ne sont pas des machines, si le seul espace de créativité qui leur reste c'est de trouver des failles dans le système pour en tirer avantage, quitte à jouer avec leur sécurité ou celle des autres, ils seront tentés de le faire. De même la fabrication ou la réparation des véhicules modernes ne représente plus une activité à la portée de l'individu. Tout cela est pris en charge par des systèmes industriels en grande partie automatisés eux aussi.

    La question c'est donc de savoir où ce processus va s'arrêter, et si dans l'avenir, le réseau routier pourra encore être utilisé par des humains sans automatisme. Car en excluant les humains de la conduite des véhicules, le code de la route et la voirie pourront être spécifiquement conçus pour être utilisés uniquement par des machines et ainsi gagner toujours plus en efficacité et en sécurité, comme la vidéo de ce projet d'intersections automatisées le montre.

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.