• [^] # Re: autre lien

    Posté par . En réponse au journal [HS] Des disruptifs à la pointe... Dans le mélange des genres. Évalué à 4. Dernière modification le 20 décembre 2016 à 22:37.

    Bon, j'ai rapidement discuté avec ma sœur, ce n'est pas la MAIF (mais une mutuelle au nom proche, mais les deux ont des accords ;)).

    Elle a donc confirmé ce que je disais plus haut, et précisé quelques autres petites choses.

    Concernant les mutuelles en entreprise, il est totalement vrai que jusque-là, la mutuelle santé était la poule aux œufs d'or, que c'était LA principale rentrée bénéficiaire.

    Cependant, les nouvelles dispositions législatives qui obligent une entreprise à fournir un contrat de mutuelle santé à ses employés — ce qui au passage est une vraie connerie, comme tu le dis, mais Zenitram en avait déjà très bien parlé dans un précédent journal – devrait conduire à une concurrence accrue dans le secteur, avec des prix (et surtout des prestations) tirés vers le bas, baisses concurrentielles qui vont engendrer mécaniquement une baisse des marges.

    Outre le fait que ces baisses ne se feront pas à l'avantage des salariés (car il s'agira surtout d'une baisse des prestations pour eux), elles devraient avoir pour première conséquence de faire disparaître une partie des acteurs du marché, les plus petits ou faibles, notamment (faillite, absorption, etc.).

    Mais ça n'est pas tout, après la baisse des prestations et la diminution du nombre des acteurs du marché (et donc de la concurrence, donc hausses futures), il devrait y avoir un deuxième effet Kiss Cool...

    En effet, jusque-là, les compagnies d'assurance et les mutuelles équilibraient leurs comptes entre toutes les branches, certaines étant déficitaires, d'autres pas. Ainsi, les larges bénéfices de la mutuelle santé permettaient jusqu'alors de couvrir les pertes des branches auto et habitation.

    Donc si les marges de la branche santé fondent, les assurances/mutuelles étant là pour gagner de l'argent elles devront le récupérer ailleurs, et l'équilibrage des comptes devra immanquablement se faire par une hausse des contrats auto et habitation. Et pour ceux qui se demandent, c'est déjà dans les tuyaux (parce qu'elles ont pris les devant, c'est leur boulot de prévoir).

    Sinon, parmi les pratiques pas vraiment dans l'esprit mutualiste, il y a le financement de voyages vacances hors de prix pour les cadres, tandis que les non-cadres se voyaient sucrer les primes, et que la mutuelle faisait pression sur les prestataires de service (notamment les sociétés de nettoyage) pour négocier des coûts à la baisse, ce qui avait pour conséquence directe (et parfaitement connues de la direction) de faire baisser le salaire des employés de ménage, alors qu'ils avaient déjà des conditions de travail pas très enviables.

    Il y a aussi cette volonté d'imposer aux employés de faire basculer les clients sur de nouveaux contrats plus chers et qui couvrent moins (ma sœur s'attend à se faire sabrer ses primes car malgré la réalisation de tous ses objectifs, elle fait de la résistance et fait systématiquement en sorte de proposer aux clients ce qu'il y a de plus intéressant pour eux, ou de leur déconseiller certains changements).

    Il y a également ce délire d'un vieux dirigeant partant en retraite et qui a investi des millions d'euros dans un musée de l'assurance (que personne n'ira visiter), alors que les primes et augmentations des employés étaient sucrées sur l'année.

    Il y a aussi tous ces projets étranges et systématiquement déficitaires dans lesquels la mutualité gaspille des billes (et pas qu'un peu), alors que de toute évidence c'était louche, ou voué à ne pas être rentable :
    - l'ouverture une activité bancaire alors que ça n'intéresse personne (pas d'ancienneté, pas de crédit immobilier, etc.) et alors que toutes les assurances s'y sont cassé les dents avant,
    - une internationalisation coûteuse au Portugal, toujours déficitaire, puis revendue une bouchée de pain, et qui est depuis a connu la plus forte croissance dans le pays (bénéficiaire de surcroît),
    - plein d'autres que j'ai oublié.