• [^] # Re: Compromis...

    Posté par . En réponse au journal LibreOffice fait évoluer son interface. Évalué à 0.

    Les uns veulent un clone de MSO gratuit, les autres veulent autre chose [...]

    Si tu veux MS Office gratuitement, tu le cherches sur ton site de torrents préféré. Quand Google a fait une suite bureautique, ils n’ont pas fait un clone de MS Office. Pareil pour Apple. Je ne vois pas pourquoi The Document Foundation ferait du clone. À moins qu’ils n’aient aucune vision, mais dans ce cas autant aller voir l’original. Libre ou pas.

    Faire de l’interface au choix, posture malheureusement courante chez les libristes, consiste en fait à laisser les décisions de design à l’utilisateur. Je sais que c’est devenu un cliché, mais la citation de Ford reste vraie : si on avait fait ce que demandait l’utilisateur, on aurait des chevaux plus rapides, et non des automobiles. C’est à l’équipe de développement de définir quels sont les besoins auxquels répondre, et de proposer un moyen d’y répondre.

    Si cette posture n’avait pas de conséquence, on s’en ficherait. Voir on s’en vanterait, comme le fait tout un tas de gens qui ne comprennent rien au design. Mais le problème, c’est que cette posture est néfaste à l’expérience d’utilisation.

    D’une part, devoir configurer un outil avant de pouvoir l’utiliser, c’est rédhibitoire. L’utilisateur veut écrire des documents, créer des présentations, faire des calculs... il veut pouvoir travailler, en somme, sans étape entre l’installation et l’utilisation. Non pas qu’il soit bête ou fainéant. Il est très bien, merci. Seulement, il a d’autres choses auxquelles penser que l’outil qu’il utilise : Est-ce qu’il pourra finir ce document à temps pour le lendemain matin ? Est-ce qu’il obtiendra cette augmentation qu’il a demandée la veille ? Est-ce que cette fille de la compta qui lui plaît accepterait un dîner en tête à tête ? Et ainsi de suite... N’introduis pas de barrière artificielle entre l’utilisateur et l’utilisation de ton produit.

    D’autre part, poursuivre plusieurs objectifs contradictoires dilue l’efficacité du produit pour chacun desdits objectifs. À trop vouloir plaire à tout le monde, on ne plaît à personne. C’est à l’équipe de développement de prendre ce genre de décisions, car sinon le produit ne pourra plus être aussi bon pour aucune des possibilités. Il faut de toute façon prendre une option par défaut, mais qui ne peut être aussi affinée que si on n’avait pas perdu de temps et d’énergie sur les autres options. En prime, ces différentes options alourdissent le produit (plus de code, plus de paramètres à sauvegarder, plus de menus, donc interface moins claire...)

    Bref, plus de choix entre plusieurs produits permet de profiter des avantages de la concurrence, mais plus de choix au sein d’un même produit nuit à l’expérience d’utilisation.

    Puisque tu dénies le compromis, faut-il une interface pour l’ignorant ou l’expert ?

    Quel est le public cible de Libre Office ? Le grand public, ou quelques libristes qui se touchent la nouille parce qu’ils utilisent une copie libre de MS Office ? Et encore : une copie du MS Office des années 90, si j’en crois l’interface par défaut...

    adaptable aux différents goûts

    Ah, en fait j’aurais dû commencer par là. Le design n’est pas une question de goût.

    Ouvre un bouquin sur le design. Pour débutant. N’importe lequel fera l’affaire. Sérieusement.