• # Ma liste à moi

    Posté par . En réponse au journal Un peu de SF. Évalué à 8.

    Les dernières lectures qui m’ont marqué (en bien) :

    Schild's Ladder (Greg Egan)

    Le roman commence, grosso-modo, par une physicienne réalisant une expérience extrêmement délicate, et, voyant les premiers résultat arriver, s’exclame « Oups ! Erreur de signe. Je crois que je viens de détruire l’univers ».

    Hard SF explorant l’hypothèse du faux vide

    Diaspora (Greg Egan)

    Petite histoire du transhumanisme. L’auteur essaie de dépeindre à quoi ressemblera l’humanité quand notre esprit, au lieu de tourner sur des cerveaux fonctionnant à quelques centaines de Hertz, pourra être implémenté sur des ordinateurs...

    Teranesia (Greg Egan)

    Difficile à décrire... je crois que Wikipedia EN est le moins pire qu’on puisse faire : « The novel explores an unusual connection between molecular genetics and quantum computing »

    Orthogonal (Greg Egan)

    De la hard SF. Très très très très hard. C’est, grosso-modo, l’histoire de l’exploration des lois physiques chez une race extraterrestre (ce serait comment un roman suivant la vie de Newton, Dirac, et Einstein si l’histoire se passait sur terre). Sauf que ce ne sont pas nos lois physiques. L’auteur a ajouté un tout petit changement aux lois fondamentales, changement qui a d’importantes conséquences (je ne vous dirai pas quel est ce changement, ce serait du spoil). Voyez ça comme un roman policier où les indices arrivent petit à petit, sauf que la question n’est pas « qui a tué le docteur Lenoir ? » mais « quelles lois physiques de notre univers sont violées dans cet univers, et quelle est LA différence fondamentale qui explique ces différences entre notre physique et la leur ? ».

    Globalement, c’est du gros physics pr0n, encore plus que les autres écrits d’Egan.

    Incandescence, du même auteur, est assez proche : l’histoire d’une société peu développée qui découvre la mécanique classique, puis la relativité générale, vu par ses découvreurs (sauf que là, c’est bien la physique de notre univers qui est découvert).

    Bon, je m’arrête là pour Greg Egan, vu que je pourrai citer tous ses écrits. Rien n’est à jeter chez lui, c’est un des deux seuls auteurs desquels je dis ça (l’autre étant Terry Pratchett). Mais il faut aimer la hard SF.

    Worm

    C’est une histoire de super-héros, et j’aime pas les histoires de super-héros. Et la description est certainement une des plus repoussantes qui m’ait été donnée de lire « An introverted teenage girl with an unconventional superpower, Taylor goes out in costume to find escape from a deeply unhappy and frustrated civilian life » (c’est quoi ça ? Une adolescente dépressive qui cherche à déballer ce qu’elle a sur le cœur en écrivant de la fiction ? D’accord, l’écriture, paraît-il, est une assez bonne forme de thérapie. Mais le résultat est rarement ragoutant).

    Alors la première fois qu’on me l’a conseillé, j’ai passé, même si généralement la personne qui me l’a conseillé est de bon conseil. La deuxième fois, idem. La troisième fois, je me suis dit « bon, on va essayer vite fait ». La surprise a été extrêmement agréablement bonne.

    Soit l’auteur a lu les séquences de LessWrong, soit la philosophie/culture rationaliste a percolé jusqu’à lui, et ça se ressent par mille petits détails qui mettent ce web serial bien au dessus des autres, et même au dessus de la plupart de la SF publiée (remarquez qu’on remarque la même influence rationaliste chez Greg Egan, ce qui fait que je l’aime autant). Par exemple, ses aliens ne sont pas juste des être humains à la peau grise, avec une langue différente et une technologie plus avancée (tiens, ça me rappelle un truc que j’ai lu ailleurs). L’auteur n’inflige pas d’extrêmes violences à la science pour tenter des explications alambiquées pour expliquer les phénomènes paranormaux qui se déroulent (mhhhnh.... J’ai déjà lu ça quelque part). En fait, il n’essaie pas trop fort d’expliquer les phénomènes étranges, à moins que ça s’inscrive naturellement dans le scénario (ça aussi, ça me rappelle quelque chose).