• [^] # Re: Salade composée

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Faut-il renoncer à se rétribuer quand on produit un bien commun ?. Évalué à 7.

    Comme souvent, il y a plein de choses qui se mélangent, et dans ce cas, les deux camps ont intérêt à entretenir la confusion, ce qui n'arrange rien.

    Sur les OGM: le principe est de modifier le patrimoine génétique d'une espèce (par exemple, une variété de maïs) en y ajoutant des gènes venus d'une autre espèce (par exemple, une bactérie). Il y a quelques risques éventuels de déclencher des mutations non prévues, car les méthodes pour bricoler les gènes sont parfois un peu bourrin (on bombarde le noyau de la cellule avec des microbilles de métal enveloppées d'ADN, on garde les cellules survivantes et on espère que le gène injecté se soit mix au bon endroit sans rien casser d'important). On fait des progrès avec les "ciseaux génétiques" CRISPR, qui permettent de mieux maîtriser ça.

    On a des boîtes du genre Monsanto qui utilise ça pour fabriquer des plantes résistantes à un herbicide (vendu avec), auquel très peu d'autres plantes peuvent survivre, par exemple. Du coup, on peut utiliser l'herbicide en question sur les champs et tuer tout sauf les plants OGM qu'on veur récolter.

    Il y a des gens qui ont peur que les plantes OGM, qui sont donc plus résistantes, envahissent la nature. Le risque est une diminution de la biodiversité (tous les agriculteurs sèment le même maïs acheté chez Monsanto). Pour éviter ça, les plants OGM sont sensé être stériles pour éviter une contamination.

    Les plans stériles empêchent les agriculteurs de conserver les graines d'une récolte pour re-semer l'année suivante. Du coup, ils doivent acheter de nouvelles graines à Monsanto tous les ans, ils sont donc dépendants de l'entreprise et de ce qu'on veut bien leur vendre.

    Enfin, il se pose la question de la brevetabilité du vivant. Monsanto a déposé des brevets sur certains gènes, ce qui interdit donc la culture de plants contenant ce gène sans autorisation de leur part. ça rejoint un peu la problématique des brevets logiciels: est-ce qu'on peut poser un brevet sur un gène/sur un algorithme?

    Alors, il y a des choses contre lesquelles on peut ne pas être d'accord dans ce que fait Monsanto, mais à mon avis, attaquer sur les OGM, c'est se tromper de cible. Le problème est surtout, d'une part sur les brevets, et d'autre part sur la préservation de la biodiversité et des espèces naturelles endogènes. Ce qui n'empêche pas de faire des cultures d'OGM, je pense. En attendant, aussi bien Monsanto que Greenpeace s'arrangent bien que les plans d'OGM soient stériles...