J'ai l'impression que tu fais porter la faute sur le potentiel messager (google) plutôt que sur la personne qui pond sciemment de fausses informations.
Heu... quand quelqu'un va répéter à une femme qui veut avorter le message qu'il a vu sur un site débile anti-IVG, il ne devrait pas être responsable ? C'est justement dans ce cas précis où la nature du message n'est pas illégale en elle-même, que la responsabilisation du messager est importante ! C'est certes un peu « nouveau » (plus récent que la liberté d'expression), mais effectivement le délit d'entrave est une responsabilisation du messager, et c'est pas trop mal je trouve.
Ce qui imposerait à google de se faire juge des informations diffusables ou pas. C'est pas une atteinte à une certaine neutralité du net ? La poste en tant que messager n'est pas responsable du contenu du message.
Va relire ma digression en réponse à ton message au-dessus : ça se discute. Un moteur qui serait « neutre » et dont les règles seraient établies par la république pourrait selon moi voir sa responsabilité dégagée. Un moteur qui ne publie pas son algo de classement, et qui se fait de l'argent pour mettre en avant certains propos, et qui se permet d'en censurer quand le message est illégal en lui-même, devrait pouvoir être responsable de la mise en avant pour ce cas-là. Mais c'est complètement différent d'être responsable d'un message qu'on « transporterait » simplement : encore une fois, ici on est justement sur un problème de licéité de la mise en avant d'un message, pas du contenu lui-même, qui reste légal.
Ça n'a donc rien à voir avec la neutralité du net, qui parle de la neutralité vis-à-vis d'un contenu routé de manière automatique selon des règles simples édictées dans des normes connues, et pour lequel on dégage de responsabilité ses transporteurs (les opérateurs et FAI).
Notre cas ici est une « architecture » de la société où le point d'entrée du savoir est un moteur hégémonique sur lequel on a peu de contrôle. C'est une construction sociale, et qui est bizarrement centrée sur une seule entreprise (je ne connais pas trop d'autres constructions sociales aussi définies par une entité privée, hégémonique en plus). C'est autre chose qu'un problème de réseau d'information.
Google déréférence des liens parce qu'il y a une base juridique à ce référencement ...
Tu parles de contenus illégaux en eux-même ? Oui, OK, c'est très bien de faire ça.
Sur quoi ils pourraient se baser pour traîter les sites sur l'IVG différemment si il n'y a pas ce type de loi en france ? Un pouvoir discrétionnaire ?
Non, mais la loi pourrait interdire de mettre en avant de tels contenus. Le truc, c'est que très vite ça deviendrait un peu étrange pour Google et pour la loi, de devoir cibler une telle entreprise, une telle construction sociale. On se rendrait compte que c'est difficilement gérable, ou alors on verrait notre impuissance. Ça nécessiterait de se poser des questions sur le pourquoi de cette construction, du pouvoir de cette société privée.
[^] # Re: Heu... il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?
Posté par benoar . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 2.
Heu... quand quelqu'un va répéter à une femme qui veut avorter le message qu'il a vu sur un site débile anti-IVG, il ne devrait pas être responsable ? C'est justement dans ce cas précis où la nature du message n'est pas illégale en elle-même, que la responsabilisation du messager est importante ! C'est certes un peu « nouveau » (plus récent que la liberté d'expression), mais effectivement le délit d'entrave est une responsabilisation du messager, et c'est pas trop mal je trouve.
Va relire ma digression en réponse à ton message au-dessus : ça se discute. Un moteur qui serait « neutre » et dont les règles seraient établies par la république pourrait selon moi voir sa responsabilité dégagée. Un moteur qui ne publie pas son algo de classement, et qui se fait de l'argent pour mettre en avant certains propos, et qui se permet d'en censurer quand le message est illégal en lui-même, devrait pouvoir être responsable de la mise en avant pour ce cas-là. Mais c'est complètement différent d'être responsable d'un message qu'on « transporterait » simplement : encore une fois, ici on est justement sur un problème de licéité de la mise en avant d'un message, pas du contenu lui-même, qui reste légal.
Ça n'a donc rien à voir avec la neutralité du net, qui parle de la neutralité vis-à-vis d'un contenu routé de manière automatique selon des règles simples édictées dans des normes connues, et pour lequel on dégage de responsabilité ses transporteurs (les opérateurs et FAI).
Notre cas ici est une « architecture » de la société où le point d'entrée du savoir est un moteur hégémonique sur lequel on a peu de contrôle. C'est une construction sociale, et qui est bizarrement centrée sur une seule entreprise (je ne connais pas trop d'autres constructions sociales aussi définies par une entité privée, hégémonique en plus). C'est autre chose qu'un problème de réseau d'information.
Tu parles de contenus illégaux en eux-même ? Oui, OK, c'est très bien de faire ça.
Non, mais la loi pourrait interdire de mettre en avant de tels contenus. Le truc, c'est que très vite ça deviendrait un peu étrange pour Google et pour la loi, de devoir cibler une telle entreprise, une telle construction sociale. On se rendrait compte que c'est difficilement gérable, ou alors on verrait notre impuissance. Ça nécessiterait de se poser des questions sur le pourquoi de cette construction, du pouvoir de cette société privée.