• [^] # Re: Merci la quadrature

    Posté par . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 10. Dernière modification le 02 décembre 2016 à 19:26.

    Concernant l'addiction, je pense qu'on prend le problème à l'envers.

    Bruce Alexander, dans les années 70, l'a démontré dans une série d'expérimentations :

    • Dans la configuration classique, la souris est seule, dans une petite cage vide avec pour exception 2 réservoirs : l'un contenant de l'eau pure et l'autre de l'eau mélangée à de la cocaïne. Une fois que la souris aura goûté à la cocaïne, on observe avec le temps que la souris consommera de la cocaïne jusqu'à ce que mort s'en suive. Dans ce contexte, on comprend que la cocaïne est une substance addictive et mortelle.

    • Dans la configuration de Bruce Alexander, la cage n'est pas vide, est plus grande, contient des jeux ainsi que d'autres souris (amis et partenaires sexuels potentiels) et toujours les 2 réservoirs : eau et eau+cocaïne. Ici, on s’aperçoit que les souris consomment toujours de la cocaïne mais à des doses modérées, suffisamment pour avoir les effets mais pas suffisamment pour atteindre des doses létales. C'est là qu'on comprend que l'inverse de l'addiction n'est pas la sobriété mais que c'est la connexion (sous entendue sociale).

    Il y a même eu un test à l'échelle humaine : la guerre du Vietnam. 20% des troupes américaines consommait de l'héroïne, le contexte de guerre pourrait être comparé à la première cage : l'homme est seul, loin de sa famille, loin de toute connexion. Pourtant, lors de leur retour au pays, il n'y a pas eu d'épidémie d'héroïnomane, il ne restait que 5% des consommateurs du Vietnam encore accroc. Cette situation est comparable à la deuxième cage : les hommes ont retrouvé leur famille, leurs distractions, tout ce qui fait leur connexion sociale.

    C'est là tout le problème de notre société. On considère le consommateur comme un criminel et plutôt que de l'aider à se reconnecter, on l'enferme et l'exclu. Il y a tout un paradigme à réécrire concernant l'addiction.

    La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.