• [^] # Re: Merci la quadrature

    Posté par . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 8.

    La dépendance à la cocaïne par exemple est purement psychologique, c’est pourtant une des addictions dont il est le plus dur de se défaire, après l’alcool et les opiacés.

    Ça vaut ce que ça vaut, mais il y a eu des expériences sur les rongeurs là-dessus. En gros, tu mets une souris dans une cage et si elle appuie sur une pompe (ce qui représente un effort physique, à son échelle), elle reçoit une dose de produit. Tu lui laisses le temps de s'acclimater, puis tu fais passer le nombre d'appuis pour une dose à 2. Puis à 3. Puis à 10. À chaque fois, tu laisses à la souris le temps de s'habituer à la difficulté supplémentaire. Enfin, tu désactives la pompe, et tu comptes le nombre d'appuis avant que la souris abandonne. Ça te donne une mesure de l'effort qu'une souris habituée au produit est prête à consentir pour obtenir sa dose. Bien sûr, il faut adapter le mode de présentation du produit : on n'administre pas du cannabis, de l'alcool ou de la cocaïne de la même façon.

    On obtient cependant des résultats intéressants. La liste qui suit est un classement, par ordre décroissant, des substances les plus addictives :
    1. Sucre
    2. Tabac
    3. Cocaïne
    4. Héroïne
    5, 6, 7, ça a peu d'importance : les rangs sont peu séparés en dessous.

    Cette métrique a cependant quelques inconvénients. Le premier, c'est que le cerveau de la souris ne fonctionne pas comme le cerveau humain. Cependant, le classement correspond assez bien à l'expérience de terrain au jour le jour des addictologues. Deuxièmement, ça ne prend pas en compte la disponibilité du produit. Qu'un produit soit en vente au bureau de tabac du coin ou vendu à prix d'or par un dealer au fin fond d'une ruelle se chiffre nécessairement en nombre de pompes supplémentaires. Troisièmement, il existe une drogue qui est tout à fait addictive, mais qui a une durée de vie tellement longue dans l'organisme qu'on peut tout à fait se passer de consommer un jour donné : le reliquat dans le sang est largement suffisant pour compenser le manque. Cette drogue est le cannabis. Il y a bien un syndrome de sevrage, avec anxiété et tout, mais il met plusieurs semaines à apparaître et n'est généralement pas attribué à un sevrage qui a eu lieu il y a un mois ou plus.

    La raison est que le cannabis, contrairement aux autres drogues, repose sur un principe actif peu soluble dans l'eau et qu'il se stocke dans les graisses. Or, ce qui passe dans le rein, c'est exclusivement le plasma sanguin : de l'eau donc. Une petite fraction du THC est dissoute dans le sang, cette fraction est filtrée par le rein et éliminée dans les urines, mais le gros reste hors du compartiment sanguin et ne s'y dissout que très progressivement, d'où l'inaccessibilité au rein et, de ce fait, la persistance dans l'organisme.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.