Ça va être dur de pas rentrer dans le mauvais débat, mais moi ce que dit la Quadrature, je le comprends comme « il ne faut pas pénaliser la simple mise à disposition d'un contenu » à travers une page Web, par exemple. C'est à dire, n'importe qui doit pouvoir exprimer une opinion avec laquelle vous n'êtes pas forcément d'accord, du moment qu'elle est légale — et le fait de dire n'importe quoi sur l'IVG n'est pas un délit aujourd'hui, seule l'entrave l'est —, et la mettre sur n'importe quel serveur sur le Web.
Le corollaire que tout le monde a l'air de trouver « évident » et qui est justement le cœur de la discussion d'un choix que pourrait faire notre société, c'est que faire quand ces contenus apparaissent en tête d'un classement établi par une entreprise américaine privée que tout le monde utilise comme oracle universel aux questions de la vie ? (tout le monde l'assimile même à « Internet » tout court) C'est ça la grosse question que voudrait amener la Quadrature du Net, selon moi. Et personne n'en parle !
Parce que la dérive dangereuse qu'il y aurait avec la pénalisation de la simple mise à disposition de contenu, quel qu'en soit la mise en avant qu'en fera le moteur de recherche, peut très vite déraper dans de la grosse censure. Cette mesure, on le sent, ne sera de toutes façons appliquées que pour une infime partie de ces contenues, et ce sera ceux qui apparaissent en haut du classement de Google, pas les autres : bref, encore une loi faite pour faire taire à la gueule du client, et qui ne sera pas respectée 99% du temps. Mais ce genre de loi suffit très bien pour museler une personne particulière, quand ce délit sera étendu à d'autres propos, et ça passera inaperçu car la loi sera restée inappliquée 99% du temps.
Bref, pour moi la grosse question est « que faire d'une société dont le référentiel central du savoir est une entité américaine dont le classement soit-disent neutre est un algorithme sur lequel on a aucun contrôle ? » C'est une questions drôlement intéressante, que voudrait à mon avis soulever l'association, mais j'ai l'impression qu'elle a un peu loupé son effet, là...
P.S. : c'est « drôle » d'ailleurs de voir la Quadrature s'émouvoir des pratiques de Google quand justement elle dénonce la prise de pouvoir démocratique sur ce dernier en ce qui concerne le droit à l'oubli, que j'ai vu condamné par Benjamin et Adrienne (d'où ma supposition sur la position de l'association, même s'ils ne représentent peut-être pas tous les deux tous ses membres). Pour moi, une des réponses à la question que j'ai posé au-dessus, c'est justement quel contrôle exercer sur ce moteur ; et le problème qu'on aura bientôt, c'est qu'on a des limites à ce contrôle, et qu'il faudra donc réfléchir à une alternative à ce moteur, plus gouvernable. Vaste projet.
# Heu... il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?
Posté par benoar . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 10.
Ça va être dur de pas rentrer dans le mauvais débat, mais moi ce que dit la Quadrature, je le comprends comme « il ne faut pas pénaliser la simple mise à disposition d'un contenu » à travers une page Web, par exemple. C'est à dire, n'importe qui doit pouvoir exprimer une opinion avec laquelle vous n'êtes pas forcément d'accord, du moment qu'elle est légale — et le fait de dire n'importe quoi sur l'IVG n'est pas un délit aujourd'hui, seule l'entrave l'est —, et la mettre sur n'importe quel serveur sur le Web.
Le corollaire que tout le monde a l'air de trouver « évident » et qui est justement le cœur de la discussion d'un choix que pourrait faire notre société, c'est que faire quand ces contenus apparaissent en tête d'un classement établi par une entreprise américaine privée que tout le monde utilise comme oracle universel aux questions de la vie ? (tout le monde l'assimile même à « Internet » tout court) C'est ça la grosse question que voudrait amener la Quadrature du Net, selon moi. Et personne n'en parle !
Parce que la dérive dangereuse qu'il y aurait avec la pénalisation de la simple mise à disposition de contenu, quel qu'en soit la mise en avant qu'en fera le moteur de recherche, peut très vite déraper dans de la grosse censure. Cette mesure, on le sent, ne sera de toutes façons appliquées que pour une infime partie de ces contenues, et ce sera ceux qui apparaissent en haut du classement de Google, pas les autres : bref, encore une loi faite pour faire taire à la gueule du client, et qui ne sera pas respectée 99% du temps. Mais ce genre de loi suffit très bien pour museler une personne particulière, quand ce délit sera étendu à d'autres propos, et ça passera inaperçu car la loi sera restée inappliquée 99% du temps.
Bref, pour moi la grosse question est « que faire d'une société dont le référentiel central du savoir est une entité américaine dont le classement soit-disent neutre est un algorithme sur lequel on a aucun contrôle ? » C'est une questions drôlement intéressante, que voudrait à mon avis soulever l'association, mais j'ai l'impression qu'elle a un peu loupé son effet, là...
P.S. : c'est « drôle » d'ailleurs de voir la Quadrature s'émouvoir des pratiques de Google quand justement elle dénonce la prise de pouvoir démocratique sur ce dernier en ce qui concerne le droit à l'oubli, que j'ai vu condamné par Benjamin et Adrienne (d'où ma supposition sur la position de l'association, même s'ils ne représentent peut-être pas tous les deux tous ses membres). Pour moi, une des réponses à la question que j'ai posé au-dessus, c'est justement quel contrôle exercer sur ce moteur ; et le problème qu'on aura bientôt, c'est qu'on a des limites à ce contrôle, et qu'il faudra donc réfléchir à une alternative à ce moteur, plus gouvernable. Vaste projet.