Tout à fait d'accord sur bien des points avec toi. Tu vois énormément de raccourcis dans mes dires, et j'en suis fautif.
Bien évidemment qu'il faut encore des lois pour réguler, même s'il nous est impossible d'avoir un contrôle total sur la population. Rien à redire. Je souhaite préciser une chose : je m'attaquais à la contrefaçon (celle que tout le monde connaît, à base de GoT.mkv) de manière ciblée, car c'est un phénomène de société et que c'est l'un des grands chevaux de bataille pour vouloir imposer le flicage généralisé. Flicage légal, encouragé par nos représentants (avec notre argent) et via une police privée sur le net depuis (au moins) TMG. Dans le principe, partager son savoir ce n'est pas un mal, si ? Plusieurs millions de personnes semblent penser comme moi en tout cas, et ça commence à être une partie assez représentative de nos citoyens à ce niveau... Donc nous payons une police privée qui sert des intérêts privés et qui nous traque. Je ne trouve pas ça normal.
Et en plus, techniquement, il nous est possible de ne plus du tout être traçable. Donc autant dire que tout cet acharnement autour de la traque de citoyens est tellement coûteuse, peu éthique et vaine, qu'à quoi bon ? Il y a de nombreuses vertus à s'en séparer, la répression c'est un peu la prise de position facile qui ne fait plaisir ni aux lobbies (car trop doux dans les faits) ni aux citoyens.
Tu parles de traçabilité != libre. Oui, je n'ai jamais affirmé le contraire. Tu as mal interprété mes propos, et en aucun cas je ne dis que nous ne sommes pas libres en France. Je dis que si on est libre de communiquer sans surveillance généralisée (comme nous devrions l'être), ou mieux que nous protégeons notre vie intime via les bons outils, alors il n'est pas possible de savoir ce que nous faisons. Et jusqu'à preuve du contraire, nous en sommes encore libre, je ne remet pas ce point en cause.
La volonté d'être in-traçable, c'est un problème très différent, qui n'a pas grand chose à voir avec la liberté. En particulier, la liberté s'accompagne forcément du principe de responsabilité : je suis libre de faire ce que je veux, y compris des choses illégales, mais en contrepartie je suis sous la menace permanente d'être poursuivi et condamné si je me fais prendre. Sans la possibilité de condamner les auteurs d'actions illégales, la liberté ne peut pas coexister avec un État de droit : on tombe dans une sorte d'anarchie ou tout est de facto légal, toléré, et impuni. Personnellement, ça n'a rien à voir avec le monde dans lequel j'aimerais vivre.
C'est un paragraphe un peu fourre-tout. Déjà, traçabilité et liberté, on zappe, on a déjà dit que c'était deux notions différentes. Personne n'a dit qu'il ne fallait pas donner des moyens à des agents de police pour trouver des coupables, je parlais d'un problème précis, pas de tous les problèmes en général. Ensuite, l'anarchie n'est pas si simple que ça, et de toutes façons ce n'est pas le sujet ici.
Bref, en tant que citoyens, il nous faut choisir un modèle : soit on a accès à un internet contrôlé, policé, et autorisé, dans lequel toutes les actions sont a priori légales—et dans ce cas, pas besoin de contrôler ; soit on a un accès libre à internet, mais on a en contrepartie une mise de place de moyens d'identifier et d'inquiéter les auteurs d'actions illégales. Trop souvent on mélange les deux, en prétendant que l'un entraîne l'autre, mais pas du tout.
Les modèles présentés n'ont pas lieu d'être. Nous avons des outils permettant de passer inaperçu, donc même avec un Internet contrôlé, nous pourrions contourner les censures. Donc le premier modèle n'existe pas. Ensuite, le second modèle est un peu plus réaliste, mais seulement pour des attaques ciblées et avec d'autres éléments à charge que des infractions commises via le net, puisque concrètement si nous pouvons être in-traçable, il faut bien d'autres éléments (sans parler qu'il n'est pas vraiment éthique de condamner une personne sur un élément aussi facilement peu fiable, il faut que ça entre en compte dans une vraie enquête de fond). Après, là on parle un peu dans le vide, sans exemple c'est difficile de discuter (car on ne parle sans doute pas de la même chose).
Et là on entre vraiment dans ce que je cherche à montrer concernant la contrefaçon. Il nous faudrait des moyens énormes, bien au delà de e qui est réaliste, pour au final traquer la population. Des moyens à mettre en œuvre pour faire ça, ça passe par la surveillance des réseaux, le recensement et fichage de la population, et même avec des sommes absurdes dépensées pour le flicage nous pourrions passer à des outils qui empêchent purement et simplement de retrouver les gens. Donc pour moi le flicage des réseaux est inutile, va à l'encontre de l'éthique la plus élémentaire, et est extrêmement coûteux. Il est donc plus urgent de réformer notre droit d'auteur, qu'il cadre un peu plus avec nos mœurs actuelles.
[^] # Re: Mes contradictions, liberté, morale, lois
Posté par karchnu (site web personnel) . En réponse au journal L'Internet libre est bronsonisé. Évalué à 3.
Tout à fait d'accord sur bien des points avec toi. Tu vois énormément de raccourcis dans mes dires, et j'en suis fautif.
Bien évidemment qu'il faut encore des lois pour réguler, même s'il nous est impossible d'avoir un contrôle total sur la population. Rien à redire. Je souhaite préciser une chose : je m'attaquais à la contrefaçon (celle que tout le monde connaît, à base de GoT.mkv) de manière ciblée, car c'est un phénomène de société et que c'est l'un des grands chevaux de bataille pour vouloir imposer le flicage généralisé. Flicage légal, encouragé par nos représentants (avec notre argent) et via une police privée sur le net depuis (au moins) TMG. Dans le principe, partager son savoir ce n'est pas un mal, si ? Plusieurs millions de personnes semblent penser comme moi en tout cas, et ça commence à être une partie assez représentative de nos citoyens à ce niveau... Donc nous payons une police privée qui sert des intérêts privés et qui nous traque. Je ne trouve pas ça normal.
Et en plus, techniquement, il nous est possible de ne plus du tout être traçable. Donc autant dire que tout cet acharnement autour de la traque de citoyens est tellement coûteuse, peu éthique et vaine, qu'à quoi bon ? Il y a de nombreuses vertus à s'en séparer, la répression c'est un peu la prise de position facile qui ne fait plaisir ni aux lobbies (car trop doux dans les faits) ni aux citoyens.
Tu parles de traçabilité != libre. Oui, je n'ai jamais affirmé le contraire. Tu as mal interprété mes propos, et en aucun cas je ne dis que nous ne sommes pas libres en France. Je dis que si on est libre de communiquer sans surveillance généralisée (comme nous devrions l'être), ou mieux que nous protégeons notre vie intime via les bons outils, alors il n'est pas possible de savoir ce que nous faisons. Et jusqu'à preuve du contraire, nous en sommes encore libre, je ne remet pas ce point en cause.
C'est un paragraphe un peu fourre-tout. Déjà, traçabilité et liberté, on zappe, on a déjà dit que c'était deux notions différentes. Personne n'a dit qu'il ne fallait pas donner des moyens à des agents de police pour trouver des coupables, je parlais d'un problème précis, pas de tous les problèmes en général. Ensuite, l'anarchie n'est pas si simple que ça, et de toutes façons ce n'est pas le sujet ici.
Les modèles présentés n'ont pas lieu d'être. Nous avons des outils permettant de passer inaperçu, donc même avec un Internet contrôlé, nous pourrions contourner les censures. Donc le premier modèle n'existe pas. Ensuite, le second modèle est un peu plus réaliste, mais seulement pour des attaques ciblées et avec d'autres éléments à charge que des infractions commises via le net, puisque concrètement si nous pouvons être in-traçable, il faut bien d'autres éléments (sans parler qu'il n'est pas vraiment éthique de condamner une personne sur un élément aussi facilement peu fiable, il faut que ça entre en compte dans une vraie enquête de fond). Après, là on parle un peu dans le vide, sans exemple c'est difficile de discuter (car on ne parle sans doute pas de la même chose).
Et là on entre vraiment dans ce que je cherche à montrer concernant la contrefaçon. Il nous faudrait des moyens énormes, bien au delà de e qui est réaliste, pour au final traquer la population. Des moyens à mettre en œuvre pour faire ça, ça passe par la surveillance des réseaux, le recensement et fichage de la population, et même avec des sommes absurdes dépensées pour le flicage nous pourrions passer à des outils qui empêchent purement et simplement de retrouver les gens. Donc pour moi le flicage des réseaux est inutile, va à l'encontre de l'éthique la plus élémentaire, et est extrêmement coûteux. Il est donc plus urgent de réformer notre droit d'auteur, qu'il cadre un peu plus avec nos mœurs actuelles.