Ce que tu dis est super intéressant. Toutefois, c'est une réponse au résumé que tu fais de mon journal, et visiblement je n'ai pas été assez clair pour être compris.
Je ne parle pas du web, mais des pratiques numériques au sens large. C'est clairement en dehors du périmètre historique de Mozilla. J'ai l'impression que le succès initial de Mozilla, c'est d'avoir répondu aux problématiques de son époque: il y a 15 ans, l'enjeu était au niveau du navigateur web. Aujourd'hui, j'ai l'impression que les problèmes se sont déplacés vers les pratiques numériques. Par conséquent, il me semble que c'est en proposant des solutions dans ce domaine qu'il est/sera possible d'avoir un succès aujourd'hui. Dans ce contexte, la refonte plus efficace/rapide/whatever d'un navigateur m’apparaît certes importante, mais pas essentielle. C'est pour ça que je regrette que Mozilla reste focalisée sur son périmètre historique: il me semble improbable de renouveler les succès historique en choisissant d'avoir un impact en décalage avec les besoins actuels les plus essentiels.
Je comprends que l'expertise historique et l'image de marque de Mozilla soit très fortement associées à Firefox. C'est d'ailleurs paradoxal car Mozilla se diversifie, mais peut-être trop justement pour envoyer un message clair comme Firefox l'était en son temps. Une diversification est essentielle, elle permet de sentir les enjeux, mais ensuite il faut identifier l'axe prioritaire sur lequel se concentrer. Ça suppose non seulement une vision de ce qui est possible (idéalisme), mais également une vision de ce qui ne l'est pas (réalisme), une pédagogie pour communiquer tout ça, et une stratégie collective pour construire un pont du présent/réel à demain/idéal.
Je n'ai pas de solution à proposer. Je crois qu'un nouveau problème implique de nouvelles solutions. Les nouvelles solutions me semblent rarement émerger ex-nihilo, mais plutôt du ré-assemblage innovant de briques existantes. Le libre, de par sa diversité parfois un peu brouillonne, son ébullition de talents, et ses licences permissives, est justement très fort sur ce point-là. S'inscrivant dans une dynamique organique, protéiforme, diverse, je crois que le libre est aussi bien plus résilient et ouvre davantage de possible qu'une approche "corporate", par nature plus rigide puisqu'elle est attachée à elle-même.
Je regrette donc que Mozilla ne semble pas à même de capitaliser davantage sur cette dynamique du libre, qui est aussi sa singularité par rapport à d'autres acteurs. Et je le regrette d'autant plus que je suis un utilisateur inconditionnel de Firefox, Thunberbird, et que je suis avec attention beaucoup d'autres projets, y compris de la MoFo. Je n'ai pas envie de voir tout ça se diluer et/ou disparaître: tout au contraire, je souhaite sincèrement que Mozilla puisse continuer à apporter des solutions pertinentes.
[^] # Re: Homme de paille
Posté par aurel (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Mozilla: l'enjeu de 2017 est-il au niveau du navigateur web ?. Évalué à 4.
Ce que tu dis est super intéressant. Toutefois, c'est une réponse au résumé que tu fais de mon journal, et visiblement je n'ai pas été assez clair pour être compris.
Je ne parle pas du web, mais des pratiques numériques au sens large. C'est clairement en dehors du périmètre historique de Mozilla. J'ai l'impression que le succès initial de Mozilla, c'est d'avoir répondu aux problématiques de son époque: il y a 15 ans, l'enjeu était au niveau du navigateur web. Aujourd'hui, j'ai l'impression que les problèmes se sont déplacés vers les pratiques numériques. Par conséquent, il me semble que c'est en proposant des solutions dans ce domaine qu'il est/sera possible d'avoir un succès aujourd'hui. Dans ce contexte, la refonte plus efficace/rapide/whatever d'un navigateur m’apparaît certes importante, mais pas essentielle. C'est pour ça que je regrette que Mozilla reste focalisée sur son périmètre historique: il me semble improbable de renouveler les succès historique en choisissant d'avoir un impact en décalage avec les besoins actuels les plus essentiels.
Je comprends que l'expertise historique et l'image de marque de Mozilla soit très fortement associées à Firefox. C'est d'ailleurs paradoxal car Mozilla se diversifie, mais peut-être trop justement pour envoyer un message clair comme Firefox l'était en son temps. Une diversification est essentielle, elle permet de sentir les enjeux, mais ensuite il faut identifier l'axe prioritaire sur lequel se concentrer. Ça suppose non seulement une vision de ce qui est possible (idéalisme), mais également une vision de ce qui ne l'est pas (réalisme), une pédagogie pour communiquer tout ça, et une stratégie collective pour construire un pont du présent/réel à demain/idéal.
Je n'ai pas de solution à proposer. Je crois qu'un nouveau problème implique de nouvelles solutions. Les nouvelles solutions me semblent rarement émerger ex-nihilo, mais plutôt du ré-assemblage innovant de briques existantes. Le libre, de par sa diversité parfois un peu brouillonne, son ébullition de talents, et ses licences permissives, est justement très fort sur ce point-là. S'inscrivant dans une dynamique organique, protéiforme, diverse, je crois que le libre est aussi bien plus résilient et ouvre davantage de possible qu'une approche "corporate", par nature plus rigide puisqu'elle est attachée à elle-même.
Je regrette donc que Mozilla ne semble pas à même de capitaliser davantage sur cette dynamique du libre, qui est aussi sa singularité par rapport à d'autres acteurs. Et je le regrette d'autant plus que je suis un utilisateur inconditionnel de Firefox, Thunberbird, et que je suis avec attention beaucoup d'autres projets, y compris de la MoFo. Je n'ai pas envie de voir tout ça se diluer et/ou disparaître: tout au contraire, je souhaite sincèrement que Mozilla puisse continuer à apporter des solutions pertinentes.
A.