Si je résume l'argumentaire présenté dans le journal : il y a sur le web d'autres problèmes que l'accès à un navigateur décent, donc Mozilla fait forcément fausse route en continuant à développer et améliorer son navigateur (et c'est parce qu'ils ne pensent qu'à la tune maintenant).
Mozilla n'a jamais été impliqué de manière importante dans le cloud computing. Ce que ce journal fait, c'est un peu comme reprocher à une Médecins sans frontières de faire fausse route parce que "en 2017, l'enjeu c'est l'accès à Internet pour tous". Même si la seconde proposition peut être vraie jusqu'à un certain point, en quoi cela remet-il en question le travail de MSF?
C'est la même chose avec Mozilla. Bien sûr qu'ils pourraient se diversifier (quoique ils se feraient alors critiquer sous prétexte qu'ils "s'éparpillent" et qu'ils devraient se "concentrer" sur leur mission première, comme ce fut le cas lors de la sortie de FirefoxOS), mais le fait qu'ils ne le fassent pas n'est pas une preuve de leur insignifiance.
Par ailleurs, les navigateurs web sont littéralement la colonne vertébrale du cloud. "Un moteur de rendu efficace et un moteur JS tout aussi efficace", c'est très loin d'être simple de nos jours. On demande aux interpréteurs javascript d'être quasiment aussi rapides que du code natif et aux moteurs de rendu de supporter un nombre sans cesse croissant de standards changeant très rapidement, sans pour autant exposer l'utilisateur à des failles de sécurité ou vider la batterie d'un dispositif mobile en cinq minutes. Qupzilla et consort ne peuvent exister que parce qu'ils utilisent justement des moteurs déjà développés par d'autres, et même Opera a renoncé à son moteur maison, historiquement à la fine pointe, pourtant.
Les gens de Mozilla ont proposé une myriade de projets au fil des ans : asm.js, Rust, Let's Encrypt, Persona, encodeur JPEG plus efficace, pdf.js, Hello, et j'en passe. C'est vrai, la plupart de ces projets ne touchent pas directement l'internaute, mais ont néanmoins eu un impact plus qu'appréciable sur la protection de la vie privée, la sécurité ou l'efficacité de nos navigateurs. Mettre tout ça de côté et minimiser l'importance capitale d'un navigateur libre et ouvert en prétextant à répétition que "Mozilla ne pense plus qu'à l'argent" en guise d'argument, c'est quelque peu spécieux...
# Homme de paille
Posté par Kalenx . En réponse au journal Mozilla: l'enjeu de 2017 est-il au niveau du navigateur web ?. Évalué à 10.
Si je résume l'argumentaire présenté dans le journal : il y a sur le web d'autres problèmes que l'accès à un navigateur décent, donc Mozilla fait forcément fausse route en continuant à développer et améliorer son navigateur (et c'est parce qu'ils ne pensent qu'à la tune maintenant).
Mozilla n'a jamais été impliqué de manière importante dans le cloud computing. Ce que ce journal fait, c'est un peu comme reprocher à une Médecins sans frontières de faire fausse route parce que "en 2017, l'enjeu c'est l'accès à Internet pour tous". Même si la seconde proposition peut être vraie jusqu'à un certain point, en quoi cela remet-il en question le travail de MSF?
C'est la même chose avec Mozilla. Bien sûr qu'ils pourraient se diversifier (quoique ils se feraient alors critiquer sous prétexte qu'ils "s'éparpillent" et qu'ils devraient se "concentrer" sur leur mission première, comme ce fut le cas lors de la sortie de FirefoxOS), mais le fait qu'ils ne le fassent pas n'est pas une preuve de leur insignifiance.
Par ailleurs, les navigateurs web sont littéralement la colonne vertébrale du cloud. "Un moteur de rendu efficace et un moteur JS tout aussi efficace", c'est très loin d'être simple de nos jours. On demande aux interpréteurs javascript d'être quasiment aussi rapides que du code natif et aux moteurs de rendu de supporter un nombre sans cesse croissant de standards changeant très rapidement, sans pour autant exposer l'utilisateur à des failles de sécurité ou vider la batterie d'un dispositif mobile en cinq minutes. Qupzilla et consort ne peuvent exister que parce qu'ils utilisent justement des moteurs déjà développés par d'autres, et même Opera a renoncé à son moteur maison, historiquement à la fine pointe, pourtant.
Les gens de Mozilla ont proposé une myriade de projets au fil des ans : asm.js, Rust, Let's Encrypt, Persona, encodeur JPEG plus efficace, pdf.js, Hello, et j'en passe. C'est vrai, la plupart de ces projets ne touchent pas directement l'internaute, mais ont néanmoins eu un impact plus qu'appréciable sur la protection de la vie privée, la sécurité ou l'efficacité de nos navigateurs. Mettre tout ça de côté et minimiser l'importance capitale d'un navigateur libre et ouvert en prétextant à répétition que "Mozilla ne pense plus qu'à l'argent" en guise d'argument, c'est quelque peu spécieux...