• [^] # Re: Ce qui n'a d'ailleurs pas plu à tout le monde

    Posté par . En réponse au journal Pepper et Carrot. Évalué à 4.

    Bon, si des nazis créent leur propre version de superman, qui aura envie de la lire à part les nazis ?

    Je donne évidemment une exagération, mais on pourrait parler de n'importe quel truc raciste, sexiste, xénophobe, etc. Ça peut être très très insidieux. Globalement, pour rester sur le perso de Superman lui-même, il y aurait beaucoup à redire sur son caractère (il y a même des gens qui s'amusent à recenser toutes les fois où il agit comme un "bully"/gros con/brute/etc., ce qui est souvent le cas dans les années 70), mais globalement il incarne une certaine idée de la tolérance, de plus en plus ouverte, à mesure que les barrières racistes, homophobes, etc., tombent. Mais sans tomber dans la dérive nazie, il est très très facile d'imaginer que des groupes aux intérêts politiques divers (pas forcement idéologiques "purs") se mettent à utiliser une icone type Superman pour avancer leurs intérêts1 .

    Pourquoi y a-t-il à ce point besoin d'une lignée "officielle", une version contrôlée par DC et aucune autre version ? Pourquoi une vente/location de droits de main en main entre des personnes qui n'ont pas plus de légitimité que n'importe quel quidam (surtout si les auteurs originaux ne sont plus de ce monde) ? En quoi des créateurs d'aujourd'hui "approuvés par DC" auraient plus le droit que d'autres ?

    Je me suis mal exprimé. Ce que je voulais dire, c'est qu'il y aura sans doute "naturellement" une série d'histoires (éditées/publiées par DC ou de parfaits inconnus, c'est pas le problème) qui sera "majoritaire" si tu veux. Le coté mainstream quoi.

    Le problème vient quand un groupe suffisamment puissant (grâce à l'argent, au nombre, à la capacité de diffusion, etc.) parvient à mettre la main sur une oeuvre et en dénaturer le sens (d'ou mon exemple exagéré sur le Superman nazi). L'auteur de Pepper & Carrot a bien fait remarquer que si quelqu'un s'aventurait à vouloir faire une version porno de son oeuvre (et je suppose si la dérivation en question devient réellement populaire) le droit moral lui permettra de mettre le holà dessus. Je pense qu'une fois mort, il s'en fichera, mais en attendant, son nom est associé à la dérivation porno, et non, demander à retirer son nom (genre ce que fait Alan Moore pour les adaptation cinéma de ses BD, avec des personnages qui de toute manière ne lui appartiennent pas) n'aidera pas.

    Si tu veux c'est comme les fan-fictions : tant que les fans ne tentent pas de gagner de l'argent sur le dos de ceux qui ont la propriété d'une histoire/de personnages, même si la fanfic devient populaire, généralement on laisse faire. La, avec CC-BY, on autorise légalement les dérivations, et MÊME leur potentielle monétisation, mais ça ne veut pas dire qu'on veut laisser les gens faire complètement n'importe quoi avec, parce que (1) L'auteur(e) est cité(e) comme "source" d'inspiration, et (2) Même si l'auteur demandait à être retiré des crédits, si les personnages sont suffisamment connus, ils lui restent associés2 .

    Note que je suis sans doute plus "restrictif" que, par exemple, RMS. Lui propose de laisser des droits restreints aux auteurs pendant ~10 ans (car les études montrent que pour la musique ou même les romans, dans 90% des cas, l'auteur gagne la majorité des royalties sur les 3 premières années, alors on triple pour avoir une marge de sûreté) mais ensuite tout s’élève dans le domaine public.


    1. Je sens qu'il faut que j'ajoute que, puisque Superman a été créé dans les années 30, de mon point de vue ça fait longtemps que le personnage aurait du s’élever dans le domaine public. Mon exemple est bancal parce que quelque part, comme Superman a 75 ans d'existence, il faudrait vraiment piloner le public pour lui faire avaler une version "moralement différente".

    2. Cependant, il y a des cas relativement "célèbres" de parodie de personnages pas libres du tout, genre "Tintin & Piloux", "Tintin a la Gaule", etc., que les ayant droit ont tenté de faire interdire, mais sans succès : puisqu'il s'agissait clairement d'une parodie, le juge a décidé qu'il n'y avait pas de risque de confusion avec l'auteur original.