Finalement à te lire dans ce message, je ne suis pas convaincu qu'il y ait nécessairement des désaccords politiques fondamentaux entre nous. Tout au moins, je ne vois pas comment tu as pu arriver à cette conclusion. Ce que je reprochais, pour ma part, à ton commentaire initial est que si l'on en transcrit la méthode dans le domaine politico-juridique, la forme de ton message s'apparente grandement à un procès d'intention, une présomption de culpabilité, une instruction uniquement à charge avec pour sentence la mise à mort (même si, cela s'entend, elle se situe sur un plan symbolique et non physique).
Je me suis alors permis de signaler que Daniel Stenberg, alors qu'il est lui même partie prenante dans l'affaire, avait pourtant lui-même signaler des éléments à la décharge de Microsoft en les introduisant par un To be honest. C'était là un signe de probité intellectuelle de sa part qui n'apparaissait pas dans les extraits que tu as choisis; et je suis désolé de te le dire, mais cette probité te faisait défaut dans les propos que tu as tenus en ton nom. Tu trouveras peut être que je m'attache trop à la forme, mais c'est lié à mon champ d'étude : je suis un formaliste pur jus, et le choix de mon pseudonyme n'est pas étranger à cela.
Pour l'autre point, je ne suis toujours pas convaincu de la pertinence de cette écriture dite inclusive. Pour prendre, par exemple, le billet sur cafaitgenre.org. L'article est, je le reconnais, fort intéressant et bien argumenté mais l'auteure renvoie vers des recommandations de l'office québecois de la langue française dans son paragraphe sur les noms et adjectifs épicènes et la féminisation des déterminants. Mal lui en a pris, si je puis dire. Outre le fait que le lien ne renvoie pas à ce qu'elle indiquait, il m'a même mené jusqu'à des recommandations qui plaident contre vous deux : les graphies tronquées
Les formes tronquées, c’est-à-dire modifiées par l’emploi de différentes marques graphiques (parenthèses, trait d’union, barre oblique, point, virgule) ou encore par le recours à la majuscule, sont fortement déconseillées.
La façon d’écrire les noms féminins et les noms masculins est très importante puisqu’elle contribue à rendre la lecture facile ou difficile. Toute irrégularité, tout écart par rapport à la graphie habituelle d’un mot gêne la lecture et nuit à la compréhension. Il faut donc écrire en entier les formes masculine et féminine des mots.
S'en suit une série d'exemples de graphies à éviter. Je t'accorde qu'il n'aborde pas le cas du point médian, mais il souffre du même défaut que les autres : il gêne la lecture et nuit à la compréhension.
N'ayant pas le temps de développer plus mon propos, je conclurais, moi aussi, par un entretien d'un linguiste français sur le site de l'Express : Imposer sa langue, c'est imposer sa pensée. J'en retirerais cette réponse qu'il fait au journaliste quand ce dernier est étonné du reproche d'imprecision fait à la langue anglaise :
Voyez la diplomatie, avec la version anglaise de la fameuse résolution 242 de l'ONU de 1967, qui recommande le "withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict". Les pays arabes estiment qu'Israël doit se retirer "des" territoires occupés - sous-entendu : de tous. Tandis qu'Israël considère qu'il lui suffit de se retirer "de" territoires occupés, c'est-à-dire d'une partie d'entre eux seulement.
L'exemple ne sera pas sans te rappeler le « we got bug reports from confused users » de l'article de Daniel Stenberg. Vois tu, il n'y a pas que des problèmes d'ambiguïté sur les genres, ceux sur les nombres peuvent être lourds de conséquence. Et là, cette guerre tue réellement des hommes, des femmes et des enfants.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Powershell et cURL - mauvaise volonté
Posté par kantien . En réponse au journal PowerShell sur Linux. Évalué à 9.
Oui et non.
Finalement à te lire dans ce message, je ne suis pas convaincu qu'il y ait nécessairement des désaccords politiques fondamentaux entre nous. Tout au moins, je ne vois pas comment tu as pu arriver à cette conclusion. Ce que je reprochais, pour ma part, à ton commentaire initial est que si l'on en transcrit la méthode dans le domaine politico-juridique, la forme de ton message s'apparente grandement à un procès d'intention, une présomption de culpabilité, une instruction uniquement à charge avec pour sentence la mise à mort (même si, cela s'entend, elle se situe sur un plan symbolique et non physique).
Je me suis alors permis de signaler que Daniel Stenberg, alors qu'il est lui même partie prenante dans l'affaire, avait pourtant lui-même signaler des éléments à la décharge de Microsoft en les introduisant par un To be honest. C'était là un signe de probité intellectuelle de sa part qui n'apparaissait pas dans les extraits que tu as choisis; et je suis désolé de te le dire, mais cette probité te faisait défaut dans les propos que tu as tenus en ton nom. Tu trouveras peut être que je m'attache trop à la forme, mais c'est lié à mon champ d'étude : je suis un formaliste pur jus, et le choix de mon pseudonyme n'est pas étranger à cela.
Pour l'autre point, je ne suis toujours pas convaincu de la pertinence de cette écriture dite inclusive. Pour prendre, par exemple, le billet sur cafaitgenre.org. L'article est, je le reconnais, fort intéressant et bien argumenté mais l'auteure renvoie vers des recommandations de l'office québecois de la langue française dans son paragraphe sur les noms et adjectifs épicènes et la féminisation des déterminants. Mal lui en a pris, si je puis dire. Outre le fait que le lien ne renvoie pas à ce qu'elle indiquait, il m'a même mené jusqu'à des recommandations qui plaident contre vous deux : les graphies tronquées
S'en suit une série d'exemples de graphies à éviter. Je t'accorde qu'il n'aborde pas le cas du point médian, mais il souffre du même défaut que les autres : il gêne la lecture et nuit à la compréhension.
N'ayant pas le temps de développer plus mon propos, je conclurais, moi aussi, par un entretien d'un linguiste français sur le site de l'Express : Imposer sa langue, c'est imposer sa pensée. J'en retirerais cette réponse qu'il fait au journaliste quand ce dernier est étonné du reproche d'imprecision fait à la langue anglaise :
L'exemple ne sera pas sans te rappeler le « we got bug reports from confused users » de l'article de Daniel Stenberg. Vois tu, il n'y a pas que des problèmes d'ambiguïté sur les genres, ceux sur les nombres peuvent être lourds de conséquence. Et là, cette guerre tue réellement des hommes, des femmes et des enfants.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.