• [^] # Re: Tiptop le sexisme

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Ouverture du site Libre Games Initiatives. Évalué à 5. Dernière modification le 04 septembre 2016 à 22:48.

    Et comme je le disais, de nombreuses études ont montré que le masculin utilisé pour désigner les deux genres introduit des biais genrés qu’il me semble sain d’éliminer.

    Encore et toujours, elles ne démontrent pas, elles semblent indiquer. Par exemple dans l'article de Gastil on peut lire ceci (p. 632):

    The experimenters presented the results of six experiments that attempt- ed to avoid these three pitfalls. In five of these experiments, students read job descriptions from which they visualized a hypothetical person. The stu- dents then completed a 25-item Sex Stereotype Scale (SSS), rating the femi- ninity/masculinityof the hypothesized people. The first experiment validated the SSS; students rated a "flight attendant" as very feminine and a "chemi- cal engineer" as very masculine. Using the pronoun (either he, he~she, or they) as the independent variable and the SSS as the dependent measure, their second and third experiments found no significant correlation between pronoun condition and SSS score. This proved true regardless of whether the job description alluded to stereotypical or neutral occupations. The results of their fourth experiment suggested that Kidd's study (1971) was biased due to her generic use of man in conjunction with he. The fifth replicated Moul- ton et al.'s (1975) findings, then repeated their experiment using the SSS and found no significant pronoun effect. Their sixth experiment rebutted Creech and Wilson (1979), whose findings had implied that occupation type was de- termining SSS score attenuating any possible pronoun effect.

    Il existe aussi des expériences qui semblent indiquer que l'usage du pronom n'*introduit *pas de biais de genre, mias Gastil continue en pensant que ces expériences induisent un biais d'observation et prétend que la sienne n'introduit pas de biais d'observation. Or pourtant, cela semble être une des difficultés majeures qu'introduit l'utilisation des statistiques dans les sciences-sociales: il faut construire un énoncé qui est susceptible d'être invalidé par une mesure puis construire une expérience qui permet de réaliser la mesure, or il n'y pas de choix univoque de la quantité à mesurer et pour chaque mesure que l'on peut se représenter, on peut imaginer 1000 expériences, qui auront toutes leurs défauts et leurs avantages. Et encore une fois, une seule mesure est insuffisante à prouver quoique ce soit, en l'absence de reproductibilité on est obligé de penser que les résultats de l'expérience sont essentiellement aléatoires.

    Détruire ces idées fausses sont utiles pour cesser de considérer homme et femme comme deux idéaux opposés et complémentaires, mettre en lumière les violences exercées sur les personnes intersexes et combattre les rhétoriques transphobes qui nous pourrissent la vie.

    Justement le passage du "Malentendu du Deuxième sexe" que cite Annie Le Brun est

    "Seule la thèse qui émancipe le Féminin de la femme pour en étendre partiellement la sollicitation à l'autre sexe est compatible avec le maniement correct du concept d'altérité."

    Autrement dit – et semble-t-il contrairement à ce qu'écrirait Beauvoir dans le "Deuxième sexe" – il n'y a pas de "spécificité féminine" qui soit irrévocablement associée à la femme, mais au contraire féminin et masculin sont des adjectifs – et peut-être les idéaux opposés et complémentaire dont tu parles – et comme adjectifs ils sont des idées distinctes des noms homme et femme et peuvent indifféremment qualifier l'un ou l'autre.