L'idée que développe Annie Le Brun dans ce chapitre, et qui explique ce qu'elle entend par "affaiblissement" est que à l'époque de Simone de Beauvoir un petit groupe de personne s'est accaparé la parole féministe et transformé la révolte féminine, auparavant diverse et audacieuse, en mouvement politique fortement idéologique, organisé, et très peu "révolte". Pour le dire en quelques mots "dès lors que le féminisme s'est organisé en combat il a cessé d'être une révolte".
C’est peut-être vrai pour le féminisme mainstream, de la même façon que l’antiracisme mainstream type DILCRA et SOS Racisme c’est un peu de la grosse merde.
Mais il y a de nombreux mouvements féministes, divers et variés. Du féminisme blanc bourgeois («mainstream») à l’afroféminisme, du féminisme radical qui rejettent les personnes trans «TERF» au féminisme queer, qui sont pas d’accord sur le travail du sexe, la non-binarité de genre ou le voile, etc. Et beaucoup de mes camarades féministes sont aussi anticapitalistes et souvent révolutionnaire du coup.
Avoir une langue genrée nous oblige à connaitre le genre d’une personne pour en parler
Tu peux utiliser le genre non marqué,
Je réfute cette appellation en vertu des liens que j’ai présenté plus haut, il me semble plus juste d’appeler cela «masculin universel».
comme dans "le médecin" par exemple. C'est ta perception et ta compréhension de la langue qui te fait croire que tu dois connaître le genre d'une personne pour en parler. Mon médecin généraliste et mon pharmacien sont des femmes mais je leur dit toujours "mon médecin m'a dit que" ou "mon pharmacien m'a dit que" lorsque je parle à l'un ou l'autre puisque le fait que le médecin ou le pharmacien soit un homme ou une femme ne change rien à la qualité de ses jugements – et du reste ne regarde que moi dans cette communication.
Ça dépend à qui tu parles. Ma mère, si je lui dis que je vais voir un ami, elle pense que c’est un mec. Et en fait c’est le cas de beaucoup de gens de voir les gens de cette façon (même si on utilise encore souvent les formes masculines pour les fonctions les plus prestigieuses, par exemple: «madame le ministre»).
Et comme je le disais, de nombreuses études ont montré que le masculin utilisé pour désigner les deux genres introduit des biais genrés qu’il me semble sain d’éliminer. J’ai choisi de prendre en compte ce problème et d’en proposer une solution: libre à toi de ne pas faire de même.
D’ailleurs un des premiers trucs que j’ai fait dans ce fil, c’était d’affirmer que tous les hommes n’étaient pas XY et toutes les femmes n’étaient pas XX
Faire référence à des catégories aux contours flous n'est pas le privilège des mots "femme" et "homme" mais le lot de pratiquement tous les mots du lexique.
Hé pourtant pour beaucoup de gens, homme = XY = testostérone = pénis et femme = XX = estrogène = vulve. En tant que meuf transgenre, je souffre beaucoup de ces définitions étroites implantés dans la tête des gens alors que ça n’a pas de sens (il n’y a ni binarité du sexe — même la définition de sexe est extrêmement complexe —, ni binarité du genre).
Détruire ces idées fausses sont utiles pour cesser de considérer homme et femme comme deux idéaux opposés et complémentaires, mettre en lumière les violences exercées sur les personnes intersexes et combattre les rhétoriques transphobes qui nous pourrissent la vie. Les catégories hommes et femmes actuelles sont très rigides et écrasent bon nombre de personnes qui en sont à la périphérie ou qui essaient d’évoluer à travers.
[^] # Re: Tiptop le sexisme
Posté par ariasuni . En réponse à la dépêche Ouverture du site Libre Games Initiatives. Évalué à -3.
C’est peut-être vrai pour le féminisme mainstream, de la même façon que l’antiracisme mainstream type DILCRA et SOS Racisme c’est un peu de la grosse merde.
Mais il y a de nombreux mouvements féministes, divers et variés. Du féminisme blanc bourgeois («mainstream») à l’afroféminisme, du féminisme radical qui rejettent les personnes trans «TERF» au féminisme queer, qui sont pas d’accord sur le travail du sexe, la non-binarité de genre ou le voile, etc. Et beaucoup de mes camarades féministes sont aussi anticapitalistes et souvent révolutionnaire du coup.
Je réfute cette appellation en vertu des liens que j’ai présenté plus haut, il me semble plus juste d’appeler cela «masculin universel».
Ça dépend à qui tu parles. Ma mère, si je lui dis que je vais voir un ami, elle pense que c’est un mec. Et en fait c’est le cas de beaucoup de gens de voir les gens de cette façon (même si on utilise encore souvent les formes masculines pour les fonctions les plus prestigieuses, par exemple: «madame le ministre»).
Et comme je le disais, de nombreuses études ont montré que le masculin utilisé pour désigner les deux genres introduit des biais genrés qu’il me semble sain d’éliminer. J’ai choisi de prendre en compte ce problème et d’en proposer une solution: libre à toi de ne pas faire de même.
Hé pourtant pour beaucoup de gens, homme = XY = testostérone = pénis et femme = XX = estrogène = vulve. En tant que meuf transgenre, je souffre beaucoup de ces définitions étroites implantés dans la tête des gens alors que ça n’a pas de sens (il n’y a ni binarité du sexe — même la définition de sexe est extrêmement complexe —, ni binarité du genre).
Détruire ces idées fausses sont utiles pour cesser de considérer homme et femme comme deux idéaux opposés et complémentaires, mettre en lumière les violences exercées sur les personnes intersexes et combattre les rhétoriques transphobes qui nous pourrissent la vie. Les catégories hommes et femmes actuelles sont très rigides et écrasent bon nombre de personnes qui en sont à la périphérie ou qui essaient d’évoluer à travers.
Écrit en Bépo selon l’orthographe de 1990