• [^] # Re: Tiptop le sexisme

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Ouverture du site Libre Games Initiatives. Évalué à 2.

    Si c’est bien ce texte, c’est juste une merde anti-féministe quasiment incompréhensible et basée sur aucun argument concret.

    C'est bien ce livre, qui n'est ni une merde, ni un livre anti-féministe, qui est très compréhensible, et qui se base sur des arguments concrets. Ce qu'illustre entièrement le paragraphe suivant – au goût de merde que tu lui prêtes prés, que je ne partage pas sans pour autant chercher à le contester:

    De ce point de vue, le Deuxieme Sexe marque une date incontestable dans l'histoire du feminisme. Ne represente-t-il pas la somme de tout ce qui est venu alourdir, freiner, parasiter l'elan premier de la revolte feminine ? Il suffit de considerer physiquement, d'autres diraient textuellement, cet ouvrage : ce n'est ni un gros, ni un grand livre. Ce n'est meme pas un livre replet ou grassouillet. C'est un livre bouffi dont les diverses enflures ne sauraient faire oublier les flottements repetitifs du propos. Certes, le bavardage intellectuel y va bon train, de la fausse erudition aux approximations les plus contestables, mais c'est pour distraire des incertitudes du parcours, quand la sensibilite toute « feminine » de certaines evocations ne suffit pas a adoucir de ses inutiles volutes la raideur du corset existentialiste servant a contenir les incoherences du projet. En fin de compte, cet embonpoint de consistance vaguement scientifique, grace auquel le Deuxieme Sexe a reussi a s'imposer et a en imposer, ne serait-il pas symptomatique de l'avachissement de la revolte feministe en recrimination ininterrompue ? Alors, je m'expliquerais le silence fait sur le remarquable travail critique de Suzanne Lilar puisque la hauteur de son point de vue ne peut avoir pour effet que de retirer a Simone de Beauvoir et a ses innombrables suiveuses leur bouillie militante de la bouche. De quelle femellitude se prevaloir, en effet, devant cette remarque de principe : « Seule la these qui emancipe le Feminin de la femme pour en a l'autre sexe est compatible avec le maniement correct du concept d’alterite" » (Le Malentendu du Deuxieme Sexe, p.104?)

    Y a des langues qui s’en passent très bien.

    Et alors, qu'est-ce qui t'empêche des les utiliser?

    Déjà balancer Simone de Beauvoir aux orties alors que toutes les études de genre se basent sur le principe qu’elle a énoncé, ça me parait un peu ridicule (notons qu’elle fut la 1re à l’énoncer si clairement et brièvement, mais pas la 1re à y réfléchir).

    Tu sembles dire que "tant de personnes ne peuvent pas se tromper simultanément." Pourtant elles peuvent!

    Soyons clairs, mon féminisme a pour but de mettre fin aux inégalités salariales, à la taxe rose, au harcèlement de rue, au harcèlement sexuel, au marketing genré, aux violences conjugales, aux stéréotypes de genre, aux normes de beauté, aux viols.

    Le mien aussi, mais tout ce que tu nous montres ici des moyens que tu te donnes pour y arriver, ce sont ces querelles sur le genre grammatical. Et franchement, rattacher une question aussi frivole à celle si grave du viol, c'est, au mieux, maladroit.

    Des trucs très concrets, pas comme les âneries racontées dans le texte.

    Que je ne peux que t'inviter à relire pour t'en faire une opinion neuve. Annie Le Brun y dénonce la prise de contrôle dans les années 60 de la lutte féministe par un groupe qui développe une pensée totalitaire, fondamentalement irrationnelle, et utilise des méthodes de police politique pour promouvoir cette pensée. C'est assez concret je trouve.