Je constate en effet que la règle de proximité, au même titre que [...] les construction syntaxiques qui alourdissent le langage ont fini par disparaitre du Français.
Ça n’alourdit pas la phrase, c’est juste une règle d’accord différente.
Je comprends peut-être mal la phrase, mais j'ai l'impression que la pratique s'est démocratisée, et que seulement par la suite les gens ont voulu l'institutionnaliser et ont trouvé des justifications plus ou moins douteuses (la noblesse du genre etc). Vu que tu as plus de connaissances que moi sur ce sujet, pourrais-tu éclaircir le passage entre les deux règles ?
La phrase est effectivement ambigüe. L’Abbé Bouhours énonce la fameuse phrase «Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte.» en 1675, mais Maurice Grevisse affirme que «Les auteurs du XVIIe et même ceux du XVIIIe suivaient encore assez souvent l'ancien usage.» Et dans le livre d’Éliane Viennot, il me semble que l’explication concernant ce changement après tant d’années de résistance est que cette règle a en particulier été inculquée aux enfants à l’école, beau lieu de formatage de la jeunesse.
Par contre, passer du temps pour forcer une association dont l'intention est louable à changer son point de vue parce que tu imagines que cela impose une vision sexiste qui discrimine les femmes du jeu vidéo, je trouve que c'est une perte de temps, et cela cause plus de mal que de bien : c'est parfois fait de manière agressive (voir le premier commentaire du fil), non constructive, et du coup cela ternit l'image du combat que tu voudrais mener.
En fait j’ai un peu autre chose à faire que les emmerder, je suis féministe c’est pas pour ça que je suis d’accord avec tous les commentaires qui parlent de sexisme ni avec tous les gens qui se disent féministes.
En l’occurrence je pense que présenter un CD de jeux vidéo pour filles participe à renforcer les stéréotypes de genre. Dans l’absolu je suis contre toute forme de marketing genré, mais je suis bien consciente que ça se fera pas en deux jours.
Par exemple proposer de réformer une langue vivante qui malgré les formalisations continue d'évoluer, c'est à mon avis une perte de temps.
On ne peut de toute façon par réformer vu qu’on a pas d’autorité sur la langue. Simplement c’est une règle qui marche et qu’on peut adopter, et si suffisamment de personnes le font ça deviendra l’usage, etc. On essaie d’introduire un changement exactement comme tous les autres ont été introduits auparavant!
Je suis conscient que le langage tel qu'il est actuellement peut introduire et introduit certainement des biais, et des manières de pensées. Seulement je pense qu'il est plus intéressant de faire évoluer les mentalités plutôt que les outils qui les expriment.
On peut combattre les structures qui forment les stéréotypes et les stéréotypes déjà en place. D’ailleurs c’est ce que j’essaie de faire. C’est un système global et s’attaquer à plusieurs rouages en même temps me parait plutôt logique — ça serait plutôt ne s’attaquer absolument qu’à un seul point particulier qui me semblerait inefficace.
De plus, quand une personne utilise le masculin, je suis persuadé que 99% du temps il ne veut pas par là assoir la domination du monde par les hommes dont le sexe serait plus noble ou je-ne-sais-quoi. J'irais même jusqu'à dire que le cerveau finit par faire abstraction de ce bruit et que seul le message qu'on veut faire passer importe, ensuite l'inconscient, les réflexes acquis durant l'apprentissage de la langue construisent naturellement des phrases valides (enfin, souvent).
C’est évident que la plupart des gens ne pensent pas à mal en parlant comme ils ont toujours parlé (et c’est ça le pouvoir du statu quo: avoir l’impression d’être neutre alors que... non). Je doute que le cerveau puisse faire abstraction de la langue vu la quantité d’études qui montre que la langue influence fortement notre pensée dans certains domaines.
Les mecs qui ont voulu imposé la règle du masculin universel ne sont pas idiots: ils avaient bien compris que la langue était un outil qui leur permettait de se distinguer de la plèbe, ils ont voulu l’utiliser comme arme contre le pouvoir des femmes en effaçant en partie le genre féminin et les noms de métiers féminins les plus prestigieux.
Évidemment, comme toute partie de la culture elle porte les traces de l’histoire et influence le présent.
Note: je vois pas comment te contacter mais si tu veux en parler, tu peux m’envoyer un courriel à perso@[domaine de ma page perso].
[^] # Re: Tiptop le sexisme
Posté par ariasuni . En réponse à la dépêche Ouverture du site Libre Games Initiatives. Évalué à 1.
Ça n’alourdit pas la phrase, c’est juste une règle d’accord différente.
La phrase est effectivement ambigüe. L’Abbé Bouhours énonce la fameuse phrase «Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte.» en 1675, mais Maurice Grevisse affirme que «Les auteurs du XVIIe et même ceux du XVIIIe suivaient encore assez souvent l'ancien usage.» Et dans le livre d’Éliane Viennot, il me semble que l’explication concernant ce changement après tant d’années de résistance est que cette règle a en particulier été inculquée aux enfants à l’école, beau lieu de formatage de la jeunesse.
En fait j’ai un peu autre chose à faire que les emmerder, je suis féministe c’est pas pour ça que je suis d’accord avec tous les commentaires qui parlent de sexisme ni avec tous les gens qui se disent féministes.
En l’occurrence je pense que présenter un CD de jeux vidéo pour filles participe à renforcer les stéréotypes de genre. Dans l’absolu je suis contre toute forme de marketing genré, mais je suis bien consciente que ça se fera pas en deux jours.
On ne peut de toute façon par réformer vu qu’on a pas d’autorité sur la langue. Simplement c’est une règle qui marche et qu’on peut adopter, et si suffisamment de personnes le font ça deviendra l’usage, etc. On essaie d’introduire un changement exactement comme tous les autres ont été introduits auparavant!
On peut combattre les structures qui forment les stéréotypes et les stéréotypes déjà en place. D’ailleurs c’est ce que j’essaie de faire. C’est un système global et s’attaquer à plusieurs rouages en même temps me parait plutôt logique — ça serait plutôt ne s’attaquer absolument qu’à un seul point particulier qui me semblerait inefficace.
C’est évident que la plupart des gens ne pensent pas à mal en parlant comme ils ont toujours parlé (et c’est ça le pouvoir du statu quo: avoir l’impression d’être neutre alors que... non). Je doute que le cerveau puisse faire abstraction de la langue vu la quantité d’études qui montre que la langue influence fortement notre pensée dans certains domaines.
Les mecs qui ont voulu imposé la règle du masculin universel ne sont pas idiots: ils avaient bien compris que la langue était un outil qui leur permettait de se distinguer de la plèbe, ils ont voulu l’utiliser comme arme contre le pouvoir des femmes en effaçant en partie le genre féminin et les noms de métiers féminins les plus prestigieux.
Évidemment, comme toute partie de la culture elle porte les traces de l’histoire et influence le présent.
Note: je vois pas comment te contacter mais si tu veux en parler, tu peux m’envoyer un courriel à perso@[domaine de ma page perso].
Écrit en Bépo selon l’orthographe de 1990