• [^] # Re: Les fotes restantes

    Posté par (Mastodon) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à 10.

    Moi aussi, j'ai laissé tomber la lecture, alors que le sujet m'intéresse sincèrement. Je me suis senti agressé (c'est un comble !) par cette façon d'écrire.

    Petit rappel :

    Voici un extrait du « réquisitoire » (émission « Tribunal des flagrants délires » du 16/11/1982, France Inter) de Pierre Desproges :

    « Savez-vous, tas d'infirmes culturels sous-enseignés, savez-vous que le fait de prononcer les mots « Françaises, Français » constitue une totale hérésie grammaticale ?
    Ben oui, bande de flapis cérébraux, c'est une énorme connerie pléonasmique, de dire « Françaises, Français ». C'est comme si je disais « Belges, Belges », j'aurais l'air d'un con !
    Grammaticalement, connards, quand je dis « les Français», je sous-entends à l'évidence « les Français mâles et les Françaises femelles », et n'allez pas me taxer de misogynie, sinon j'envoie ma femme vous casser la gueule, c'est simple ! Parce que ça, c'est le genre d'attaque qui me rend dingue.
    Ça me fait penser à ces pétasses bitophobes du MLF de Kensington City, en Californie, qui avaient exigé qu'on changeât la devise de leur collège, « Tu seras un homme, mon fils », en « Tu seras un homme, ma fille ». C'est authentique.
    Comment alors expliquer que tous les hommes politiques de ce pays, et quand je dis les hommes je pense aussi « les femmes », C.Q.F.D., comment expliquer que tous, de l'extrême droite à l'extrême gauche, tous commencent leur discours, à vous destinés, par une énorme faute de français (et de française). Comment est-ce possible de la part de gens sérieux et souvent cultivés dont la plupart — je ne parle pas de Marchais dont au sujet duquel que c'est pas sa faute si que rapport au niveau du plan de son inculture y serait pas été aux écoles —, comment est-il possible que de Chirac à Mitterrand tous ces notables s'adressent à vous à longueur d'antenne en perpétuant et perpétrant cette affreuse erreur de langage ?

    J'ai beau me creuser l'entendement, mesdames et messieurs, je ne trouve qu'une seule explication plausible : chez ces bonnes gens qui nous gouvernent, ou qui nous ont, ou qui vont ou qui re-re-vont nous gouverner, l'expression « Françaises, Français » signifie : « Bonjour les veaux, et bonjour à vous aussi les génisses, eh, oh, les gonzesses, vous aussi, oubliez pas de voter pour moi. Eh, les filles, vous avez vu : j'ai pas seulement dit "Français", j'ai dit aussi "Françaises", eh, oh, ma petite dame, ne m'oublie pas dans l'urne, ne me quitte pas, ne me quitte pas, laisse-moi m'aplatir plus bas que l'ombre de ton chien mais je t'en supplie vote pour moi. »

    Voilà ce que veut dire « Françaises, Français ». La seule chose que j'espère, c'est qu'en ce moment même un de ces pourris, n'importe lequel, extrême droite, gauche ou centre, j'espère qu'il y en a un, au moins un, ou une, qui m'écoute, là, maintenant, tout de suite, et que ce soir ou demain, il va causer dans le poste. Alors celui-là, c'est sûr, ne pourra pas commencer son discours de pute par ces mots « Françaises, Français », sans se dire que ce matin même, au tribunal des rigolos, on lui aura mis le nez dedans. »