Désolé, mais j'ai du mal à voir autre chose que de la mauvaise foi dans ce genre de commentaire. Que tu t'opposes à la féminisation des substantifs et de leurs épithètes et attributs, c'est une chose. Exagérer une prétendue impossibilité ("je n'ai pas pu lire jusqu'au bout") à lire un texte féminisé en est une autre.
À moins que l'on ait d'importants problèmes de lecture (ce qui n'est bien entendu aucunement infamant), il est difficile, me semble-t-il, de mettre en avant ce type d'argument en toute bonne foi. Il y a certes une petite habitude à prendre sans laquelle la lecture est probablement un peu ralentie au début. Celle-ci n'en est pas pour autant "impossible", sans une bonne grosse dose de mauvaise volonté (elle-même bien entendu défendable, mais alors il faut l'assumer comme telle). C'est peut-être légèrement gênant au début (ce qui, à certains égards, n'est peut-être pas nécessairement une mauvaise chose - la critique et le questionnement des rapports de pouvoir étant toujours gênants), rien de plus. Il se trouve qu'étant partisan de la féminisation des textes et lisant de temps en temps des textes féminisés, je ne remarque même plus la différence.
Quant au caractère "agressif" d'un tel procédé... C'est fou comme les dominant-e-s (dont je fais partie) peuvent se sentir "agressés" lorsqu'on pointe du doigt l'existence d'un de leurs privilèges qui, dans le cours normal des choses, est aussi universel qu'invisible. Franchement, c'est pas le goulag auquel on a affaire là, hein, c'est juste une petite lettre que l'on rajoute à certains mots pour ne pas exclure la moitié de l'humanité. Si tu te sens "agressé" par ça, il faut peut-être s'interroger sur les enjeux et dynamiques engagés.
On peut (et c'est probablement un des objectifs politiques de la féminisation) bien entendu discuter (d') un tel choix. Mais je pense qu'il faut alors le discuter depuis le plan sur lequel il se déploie, c'est-à-dire le politique. Le réduire à des contingences techniques (réelles, ou fantasmées, d'ailleurs), c'est le dépolitiser, et ce n'est, à mon sens, pas une façon adéquate de mener une controverse. À ce titre-là, on pourrait tout à fait exclure les non-blancs d'un espace au motif qu'ils ou elles "gênent la vue", sont "inesthétiques", ou que les blancs se sentent "agressés" par leur présence (à noter que mon analogie ne vaut pas pour le fond, mais pour la façon de problématiser et de discuter une question politique).
Quant au côté "militant"... Tout langage est "militant". Certains, en revanche, ne se posent pas comme tels. Le langage, en tant qu'il structure la vie psychique et sociale, a toujours des effets de pouvoir (lesquels ne sont pas nécessairement à remettre en cause !). Quand l'on ne féminise pas un texte, on ne fait pas simplement et naïvement l'emploi d'un outil neutre, universel, anhistorique et dépolitisé qui sert à véhiculer des signes. Non, on "milite" pour l'universalisme masculin, sans le savoir (au moins certain-e-s ont-ils ou elles le mérite de l'assumer). Le langage produit en décrivant.
Enfin, tu déplores le fait que la féminisation d'un texte provoque trop de réactions. D'une part, est-ce nécessairement une mauvaise chose ? D'autre part, si tu considères que ça l'est, pourquoi y contribues-tu ? Personne ne t'a forcé à le faire ! On pourrait aussi bannir tous les membres de DLFP qui font des fautes d'orthographe au motif que les articles en contenant provoquent trop de réactions ! Le problème ici n'est pas la féminisation du texte (dont on peut discuter, évidemment), ce sont les gens qui sont obsédés par ça (le plus souvent uniquement pour se plaindre sans argumenter, au motif qu'ils auraient droit de jure à un texte non féminisé). Pour un certain nombre d'opposants à la féminisation, tout texte féminisé est d'emblée "illisible" et ne mérite pas qu'on en discute sur le fond. J'ai quand même du mal à croire que tu aies si peu compris le texte que tu t'en retrouves incapable d'en discuter !
[^] # Re: Les fotes restantes
Posté par ElVirolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Unixcorn, trois mois plus tard : évolutions, remises en questions et stabilisation. Évalué à -10.
Désolé, mais j'ai du mal à voir autre chose que de la mauvaise foi dans ce genre de commentaire. Que tu t'opposes à la féminisation des substantifs et de leurs épithètes et attributs, c'est une chose. Exagérer une prétendue impossibilité ("je n'ai pas pu lire jusqu'au bout") à lire un texte féminisé en est une autre.
À moins que l'on ait d'importants problèmes de lecture (ce qui n'est bien entendu aucunement infamant), il est difficile, me semble-t-il, de mettre en avant ce type d'argument en toute bonne foi. Il y a certes une petite habitude à prendre sans laquelle la lecture est probablement un peu ralentie au début. Celle-ci n'en est pas pour autant "impossible", sans une bonne grosse dose de mauvaise volonté (elle-même bien entendu défendable, mais alors il faut l'assumer comme telle). C'est peut-être légèrement gênant au début (ce qui, à certains égards, n'est peut-être pas nécessairement une mauvaise chose - la critique et le questionnement des rapports de pouvoir étant toujours gênants), rien de plus. Il se trouve qu'étant partisan de la féminisation des textes et lisant de temps en temps des textes féminisés, je ne remarque même plus la différence.
Quant au caractère "agressif" d'un tel procédé... C'est fou comme les dominant-e-s (dont je fais partie) peuvent se sentir "agressés" lorsqu'on pointe du doigt l'existence d'un de leurs privilèges qui, dans le cours normal des choses, est aussi universel qu'invisible. Franchement, c'est pas le goulag auquel on a affaire là, hein, c'est juste une petite lettre que l'on rajoute à certains mots pour ne pas exclure la moitié de l'humanité. Si tu te sens "agressé" par ça, il faut peut-être s'interroger sur les enjeux et dynamiques engagés.
On peut (et c'est probablement un des objectifs politiques de la féminisation) bien entendu discuter (d') un tel choix. Mais je pense qu'il faut alors le discuter depuis le plan sur lequel il se déploie, c'est-à-dire le politique. Le réduire à des contingences techniques (réelles, ou fantasmées, d'ailleurs), c'est le dépolitiser, et ce n'est, à mon sens, pas une façon adéquate de mener une controverse. À ce titre-là, on pourrait tout à fait exclure les non-blancs d'un espace au motif qu'ils ou elles "gênent la vue", sont "inesthétiques", ou que les blancs se sentent "agressés" par leur présence (à noter que mon analogie ne vaut pas pour le fond, mais pour la façon de problématiser et de discuter une question politique).
Quant au côté "militant"... Tout langage est "militant". Certains, en revanche, ne se posent pas comme tels. Le langage, en tant qu'il structure la vie psychique et sociale, a toujours des effets de pouvoir (lesquels ne sont pas nécessairement à remettre en cause !). Quand l'on ne féminise pas un texte, on ne fait pas simplement et naïvement l'emploi d'un outil neutre, universel, anhistorique et dépolitisé qui sert à véhiculer des signes. Non, on "milite" pour l'universalisme masculin, sans le savoir (au moins certain-e-s ont-ils ou elles le mérite de l'assumer). Le langage produit en décrivant.
Enfin, tu déplores le fait que la féminisation d'un texte provoque trop de réactions. D'une part, est-ce nécessairement une mauvaise chose ? D'autre part, si tu considères que ça l'est, pourquoi y contribues-tu ? Personne ne t'a forcé à le faire ! On pourrait aussi bannir tous les membres de DLFP qui font des fautes d'orthographe au motif que les articles en contenant provoquent trop de réactions ! Le problème ici n'est pas la féminisation du texte (dont on peut discuter, évidemment), ce sont les gens qui sont obsédés par ça (le plus souvent uniquement pour se plaindre sans argumenter, au motif qu'ils auraient droit de jure à un texte non féminisé). Pour un certain nombre d'opposants à la féminisation, tout texte féminisé est d'emblée "illisible" et ne mérite pas qu'on en discute sur le fond. J'ai quand même du mal à croire que tu aies si peu compris le texte que tu t'en retrouves incapable d'en discuter !