Je trouve que dans ce genre de discussion le terme naïf revient souvent.
Qu'on ne soit pas d'accord, c'est une chose, mais mon point de vue est élaboré et loin d'être naïf et je vais te le montrer encore. Peut être que c'est toi finalement le naïf dans l'histoire, en fait.
Clairement je n'ai pas de solution, mais croire que tu prend ta carte dans un parti et que tu as une chance (même minime) de changer quelque chose, c'est plutôt naïf.
Ce qui est naïf peut être justement de rejeter la moindre faute sur le politique et les médias. Comprendre qu'on est soi même partie prenante du problème est quelque chose qui est en soi plus difficile à admettre que ce que tu défends, donc je ne dirais pas que mon point de vue est naïf ou simpliste, c'est peut être ton cas qui l'est. Mais bref.
Il n'y a pas que le fait d'appartenir à un parti qui compte, il faut être nombreux pour que cela fonctionne aussi. Ou alors fonder le sien.
La démocratie c'est un système communautaire. Chacun apporte ce qu'il peut ou veut faire. C'est assez proche du Logiciel Libre si tu y penses bien, Logiciel Libre qui par ailleurs a aussi une dimension politique et ce n'est pas selon moi étranger à tout ceci.
La base de la démocratie repose sur le concept des partis et du compromis, ignorer cet aspect c'est aller droit dans le mur. Le parti permet d'agréger des gens autours de valeurs et autres principes. Cela permet de définir des lignes directrices et des compromis à son échelle.
Un parti n'est pas très différent d'une association, c'est même souvent une association en fait. Et ici je pense que nous sommes nombreux à connaître des associations non politiques.
Le parti est important car en faisant les premiers compromis, il permet d'avoir une base électorale plus forte qu'une personne singulière qui a conçu son programme dans son coin. Le parti aussi a une visibilité médiatique et financière. Comme son nom est fixe et ses lignes à priori assez rigides, cela permet de faciliter le choix : si tu sais que tu veux plus de surveillance tu connais les partis qui y sont ultra favorables par exemple sans considérer le candidat. Cette continuité est intéressante d'un point de vue marketing, elle évite de devoir faire connaître systématiquement ses lignes directrices.
L'autre importance du parti est l'argent, avec tes adhérents qui cotisent, cela permet à priori à n'importe qui de candidater sans devoir avancer de l'argent à titre personnel dans cet exercice. Cet argent étant évidemment nécessaire pour la communication.
Et comme tu le vois dans la vie associative, comme pour la vie politique, si tu ne t'y investis pas, l'association va se construire et faire ce que les membres investis veulent faire et font. Et comme partout, dans les partis tu as des coups bas, des manipulations internes et autres. Mais c'est pareil pour l'association du coin ou une famille, tout groupement de personnes peut y conduire, c'est propre à l'homme et non à la politique.
Mais dans le Logiciels Libres, comme la vie associative, si le projet ne va pas dans le sens que tu souhaites, que son dirigeant est pourri, que tout est noyauté, bah tu fondes ton machin. Tu forkes. Oui, et c'est ça la force.
Il suffit de voir, après les décisions d'Oracle sur OpenOffice.org, une bonne partie des développeurs communautaires ont forké, et malgré l'absence d'argent et de visibilité à première vue, ils ont gagné, LibreOffice a supplanté son original.
On peut faire pareil avec un parti politique, si les gens ne sont pas satisfaits des actuels (et il y en a des insatisfaits) car noyautés ou autres, faut fonder sa structure alternative, se faire connaître et militer. Si cela fonctionne pour les associations traditionnels ou les LL, il n'y a pas de raisons que les partis y échappent. Mais bien entendu, forker n'est pas garanti de succès, faut encore que les gens accordent leur confiance à cette nouvelle entité et que les gens approuvent ce qu'elle défend (or en France, si les absentéismes sont le "premier vote de France", ils ne sont pas capables de fonder une structure une entité unique pour représenter toutes leurs idées). C'est ça le plus dur en démocratie aussi, il faut être prêt à faire du compromis et accepter qu'on n'a pas tous la même opinion.
Il faut quand même se rendre compte à un moment qu'on est 60 millions, disons 40 millions de votants potentiels. Les partis représentent au bas mots quelques dizaines de milliers de personnes. Tu crois vraiment que les 40 millions s'ils voulaient s'organiser ou réformer un parti ils n'y arriveraient pas face à ceux en place ? Sincèrement ? C'est la force du nombre, encore faut-il en avoir conscience et vouloir l'exploiter autrement qu'en allant dans la rue pour manifester uniquement (ce qui est bien, mais pas suffisant).
[^] # Re: Élections
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal #LaDictatureQuiVient Wi-Fi interdit, Tor bloqué, backdoors... les nouvelles idées au gouvernement. Évalué à 4.
Je trouve que dans ce genre de discussion le terme naïf revient souvent.
Qu'on ne soit pas d'accord, c'est une chose, mais mon point de vue est élaboré et loin d'être naïf et je vais te le montrer encore. Peut être que c'est toi finalement le naïf dans l'histoire, en fait.
Ce qui est naïf peut être justement de rejeter la moindre faute sur le politique et les médias. Comprendre qu'on est soi même partie prenante du problème est quelque chose qui est en soi plus difficile à admettre que ce que tu défends, donc je ne dirais pas que mon point de vue est naïf ou simpliste, c'est peut être ton cas qui l'est. Mais bref.
Il n'y a pas que le fait d'appartenir à un parti qui compte, il faut être nombreux pour que cela fonctionne aussi. Ou alors fonder le sien.
La démocratie c'est un système communautaire. Chacun apporte ce qu'il peut ou veut faire. C'est assez proche du Logiciel Libre si tu y penses bien, Logiciel Libre qui par ailleurs a aussi une dimension politique et ce n'est pas selon moi étranger à tout ceci.
La base de la démocratie repose sur le concept des partis et du compromis, ignorer cet aspect c'est aller droit dans le mur. Le parti permet d'agréger des gens autours de valeurs et autres principes. Cela permet de définir des lignes directrices et des compromis à son échelle.
Un parti n'est pas très différent d'une association, c'est même souvent une association en fait. Et ici je pense que nous sommes nombreux à connaître des associations non politiques.
Le parti est important car en faisant les premiers compromis, il permet d'avoir une base électorale plus forte qu'une personne singulière qui a conçu son programme dans son coin. Le parti aussi a une visibilité médiatique et financière. Comme son nom est fixe et ses lignes à priori assez rigides, cela permet de faciliter le choix : si tu sais que tu veux plus de surveillance tu connais les partis qui y sont ultra favorables par exemple sans considérer le candidat. Cette continuité est intéressante d'un point de vue marketing, elle évite de devoir faire connaître systématiquement ses lignes directrices.
L'autre importance du parti est l'argent, avec tes adhérents qui cotisent, cela permet à priori à n'importe qui de candidater sans devoir avancer de l'argent à titre personnel dans cet exercice. Cet argent étant évidemment nécessaire pour la communication.
Et comme tu le vois dans la vie associative, comme pour la vie politique, si tu ne t'y investis pas, l'association va se construire et faire ce que les membres investis veulent faire et font. Et comme partout, dans les partis tu as des coups bas, des manipulations internes et autres. Mais c'est pareil pour l'association du coin ou une famille, tout groupement de personnes peut y conduire, c'est propre à l'homme et non à la politique.
Mais dans le Logiciels Libres, comme la vie associative, si le projet ne va pas dans le sens que tu souhaites, que son dirigeant est pourri, que tout est noyauté, bah tu fondes ton machin. Tu forkes. Oui, et c'est ça la force.
Il suffit de voir, après les décisions d'Oracle sur OpenOffice.org, une bonne partie des développeurs communautaires ont forké, et malgré l'absence d'argent et de visibilité à première vue, ils ont gagné, LibreOffice a supplanté son original.
On peut faire pareil avec un parti politique, si les gens ne sont pas satisfaits des actuels (et il y en a des insatisfaits) car noyautés ou autres, faut fonder sa structure alternative, se faire connaître et militer. Si cela fonctionne pour les associations traditionnels ou les LL, il n'y a pas de raisons que les partis y échappent. Mais bien entendu, forker n'est pas garanti de succès, faut encore que les gens accordent leur confiance à cette nouvelle entité et que les gens approuvent ce qu'elle défend (or en France, si les absentéismes sont le "premier vote de France", ils ne sont pas capables de fonder une structure une entité unique pour représenter toutes leurs idées). C'est ça le plus dur en démocratie aussi, il faut être prêt à faire du compromis et accepter qu'on n'a pas tous la même opinion.
Il faut quand même se rendre compte à un moment qu'on est 60 millions, disons 40 millions de votants potentiels. Les partis représentent au bas mots quelques dizaines de milliers de personnes. Tu crois vraiment que les 40 millions s'ils voulaient s'organiser ou réformer un parti ils n'y arriveraient pas face à ceux en place ? Sincèrement ? C'est la force du nombre, encore faut-il en avoir conscience et vouloir l'exploiter autrement qu'en allant dans la rue pour manifester uniquement (ce qui est bien, mais pas suffisant).