• # Le score SMOG

    Posté par . En réponse au journal Choisir une licence : facile à comprendre ?. Évalué à 10.

    Le score SMOG a quand même quelques inconvénients. En gros, c'est une formule qui compte le nombre de mots de plus de deux syllabes par phrase et ne tient pas compte de la longueur du texte, ledit texte pouvant être très retors, comme le montre cette phrase, qui a un très bon score SMOG, quand bien même elle ne contient que deux mot de trois syllabes ou plus (cinq mots si l'on compte trois syllabes dans ce même mot), et qui est pourtant dure à lire et donc à comprendre, tant elle fait de nœuds au cerveau.

    Blague à part, le score est validé en anglais pour des anglophones, c'est un bon début, mais ça ne fait pas tout. Les mots anglais ont tendance à être plus courts que les mots français, donc comparer des textes de langue différentes avec ce score est clairement abusif. Il faudrait sans doute, en français, considérer un mot comme polysyllabique à partir de 4 syllabes. Ensuite, il mesure une seule chose : le nombre de mots de plus de 3 syllabes par phrase. Or un teste peut être complexe pour d'autres raisons. Les textes juridiques ont tendance à comporter de multiples renvois à différentes parties du texte, ce qui conduit à une licence spaghetti tout comme on a du code spaghetti, avec les mêmes inconvénients. Ceci est assez spécifique des textes juridiques et n'est pas pris en compte dans le score SMOG, qui se veut généraliste.

    La longueur du texte joue aussi. La simple lecture, à voix haute, des conditions d'utilisation d'un service n'est pas nécessairement ultra-longue, mais leur compréhension diminue au fur et à mesure de la longueur, ce que ne mesure pas le score SMOG (la longueur du texte n'intervient pas dans le calcul puisqu'on parle d'une proportion, qui est par définition indépendante de la longueur du texte).

    Enfin, il faut admettre qu'on ne peut être expert en tout (même si on aimerait bien). Le droit et le code sont deux domaines différents, et la seule lecture d'une licence ne saurait nous informer sur toutes les problématiques sous-jacentes, les cas de figure qui peuvent se présenter, et auxquels d'autres ont été confrontés. En ce domaine comme dans d'autres, il vaut sans doute mieux s'en remettre à des experts, qui ne font que ça, et en qui on a confiance, tout en conservant son esprit critique. Autrement dit : lire le texte de la licence dans les grandes lignes, aller sur le site de la FSF pour voir ce qu'ils disent de la licence, comparer ce qu'ils disent à ce qu'on voit soi-même et enfin faire son choix.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.