J'ai utilisé ça pendant quelques années sur une structure (publique) de cinquante utilisateurs. Par contre, je n'ai jamais migré sur la version 3, donc ce qui va suivre ne concerne que les versions 2.x.
Contexte
Tout cela démarre à la fin des années 2000. Une cinquantaine de postes, tout le monde déjà sous Thunderbird, pas mal de difficultés à trouver une solution contacts+calendrier qui s'y intègre bien. À cette époque-là, on tournait avec quelques calendriers sur un simple WebDAV, et c'était parfois un peu wild : si TB n'arrivait pas à choper un .ics entier, ça foirait sec. Et les calendriers allaient en grossissant, et les performances ne suivaient pas. Bref, ça ne passait pas à l'échelle. C'est à ce moment-là que j'ai entendu parler de SOGo, un peu beaucoup parce que je suivais le monde GNUstep de près.
Installation
Le guide d'installation est très clair, et - en tous cas avec un rien de background GNUstep, ça passe tout seul. Il existe depuis une version "tout intégré" (Zero Effort Groupware), mais leurs choix messagerie ne collaient pas à mon existant - ils utilisaient Cyrus de mémoire, là où je misais sur Dovecot. En tous cas, à part quelques détails GNUstepiens (emplacement/syntaxe du fichier de conf'), c'est à la portée de quiconque sait ajouter un dépôt Debian.
Côté client (Thunderbird), ça demande trois extensions :
* un lightning à jour (à l'époque, il fallait un "fork" amical de Lightning maintenu par les gens d'Inverse, mais ça n'est plus le cas depuis quelques années).
* l'extension "SOGo-Connector", qui fournit l'équivalent de Lightning pour le CardDAV (i.e. les contacts).
* l'extension "SOGo-Integrator", qui fournit la magie : les deux extensions précédentes configurées automatiquement avec les identifiants du premier compte courriel déclaré sur le TB. Très pratique, mais ça demande une modification directe du .XPI pour changer l'adresse du server SOGo dedans. Une autodétection (par exemple via DNS, genre avec le domaine du premier compte courriel justement) ne serait pas du luxe. A minima un paramétrage dans le profil, mais pour l'instant il n'y a rien.
Ma précédente installation (des fichiers ICS via WebDAV avec juste Apache) fonctionnait avec une authentification Kerberos/GSSAPI directement dans Thunderbird. Du coup, comme c'était très chiant à re-mettre en marche, j'ai simplement proxifié SOGo derrière, et ça a marché : une fois les modules installés dans TB, ça roule.
Webmail
Les utilisateurs ont tout d'abord bien apprécié la similitude avec l'interface des Thunderbirds d'alors - en sachant que la version 3 de SOGo a complètement abandonné cet héritage. Techniquement, ça marchait très très bien. Par contre, il manquait un aspect crucial pour nous : la gestion des identités. Chaque utilisateur a ici au moins deux adresses, souvent près d'une dizaine. Du coup, devant l'impossibilité de les utiliser dans le webmail, ce dernier n'a aujourd'hui qu'un rôle de solution de repli pour quand TB ne marche pas. Et en accès extérieur ponctuel (i.e. vacances).
Maintenance
Côté serveur, les mises à jour sont simples et sans douleur : un apt-get et c'est parti. Jamais eu de souci à "migrer" la config d'une version à l'autre, parfois un reboot a pu être nécessaire, mais c'était loin d'être systématique.
Côté client, c'est un peu moins funky. Les modules TB sont en partie personnalisés, et donc il faut re-construire le SOGo-Integrator à chaque mise à jour. C'est assez simple, et ça s'automatise pas mal, mais ça demande un peu d'énergie. D'ailleurs, le-dit module propose un système de mise à jour intégré (avec un script PHP fourni côté serveur), mais d'expérience ça ajoute plus de problèmes que ça n'en résout : le script lui-même doit être mis à jour, il n'est pas fourni dans les dépôts APT de SOGo (sauf si j'ai raté un truc) et demande une récupération de l'archive source à chaque fois. Et ça marche quand ça veut bien.
La bonne idée, en revanche, c'est d'avoir calé les sorties de SOGo avec les LTS de Thunderbird. Donc ça rend le truc plus prévisible, et nous a permis de fournir un TB re-packagé (avec modules SOGo pré-configurés dedans) à chaque LTS, en tablant sur le fait que le reste se ferait uniquement côté serveur. Ça a tourné pendant quelques années - jusqu'à la version 3 où l'on a lâché l'affaire, en fait.
Conclusion (parce que c'est finalement plus long que prévu)
En gros, côté admin on a bien aimé travailler avec SOGo : pas de mauvaises surprises. Côté utilisateurs, ça pas mal plu en client lourd (TB), par contre le Webmail collait moins à nos usages et est resté un peu confidentiel.
[^] # Re: Chouette
Posté par Larry Cow . En réponse à la dépêche Inverse annonce la sortie de la version 3.1 de SOGo. Évalué à 6.
J'ai utilisé ça pendant quelques années sur une structure (publique) de cinquante utilisateurs. Par contre, je n'ai jamais migré sur la version 3, donc ce qui va suivre ne concerne que les versions 2.x.
Contexte
Tout cela démarre à la fin des années 2000. Une cinquantaine de postes, tout le monde déjà sous Thunderbird, pas mal de difficultés à trouver une solution contacts+calendrier qui s'y intègre bien. À cette époque-là, on tournait avec quelques calendriers sur un simple WebDAV, et c'était parfois un peu wild : si TB n'arrivait pas à choper un .ics entier, ça foirait sec. Et les calendriers allaient en grossissant, et les performances ne suivaient pas. Bref, ça ne passait pas à l'échelle. C'est à ce moment-là que j'ai entendu parler de SOGo, un peu beaucoup parce que je suivais le monde GNUstep de près.
Installation
Le guide d'installation est très clair, et - en tous cas avec un rien de background GNUstep, ça passe tout seul. Il existe depuis une version "tout intégré" (Zero Effort Groupware), mais leurs choix messagerie ne collaient pas à mon existant - ils utilisaient Cyrus de mémoire, là où je misais sur Dovecot. En tous cas, à part quelques détails GNUstepiens (emplacement/syntaxe du fichier de conf'), c'est à la portée de quiconque sait ajouter un dépôt Debian.
Côté client (Thunderbird), ça demande trois extensions :
* un lightning à jour (à l'époque, il fallait un "fork" amical de Lightning maintenu par les gens d'Inverse, mais ça n'est plus le cas depuis quelques années).
* l'extension "SOGo-Connector", qui fournit l'équivalent de Lightning pour le CardDAV (i.e. les contacts).
* l'extension "SOGo-Integrator", qui fournit la magie : les deux extensions précédentes configurées automatiquement avec les identifiants du premier compte courriel déclaré sur le TB. Très pratique, mais ça demande une modification directe du .XPI pour changer l'adresse du server SOGo dedans. Une autodétection (par exemple via DNS, genre avec le domaine du premier compte courriel justement) ne serait pas du luxe. A minima un paramétrage dans le profil, mais pour l'instant il n'y a rien.
Ma précédente installation (des fichiers ICS via WebDAV avec juste Apache) fonctionnait avec une authentification Kerberos/GSSAPI directement dans Thunderbird. Du coup, comme c'était très chiant à re-mettre en marche, j'ai simplement proxifié SOGo derrière, et ça a marché : une fois les modules installés dans TB, ça roule.
Webmail
Les utilisateurs ont tout d'abord bien apprécié la similitude avec l'interface des Thunderbirds d'alors - en sachant que la version 3 de SOGo a complètement abandonné cet héritage. Techniquement, ça marchait très très bien. Par contre, il manquait un aspect crucial pour nous : la gestion des identités. Chaque utilisateur a ici au moins deux adresses, souvent près d'une dizaine. Du coup, devant l'impossibilité de les utiliser dans le webmail, ce dernier n'a aujourd'hui qu'un rôle de solution de repli pour quand TB ne marche pas. Et en accès extérieur ponctuel (i.e. vacances).
Maintenance
Côté serveur, les mises à jour sont simples et sans douleur : un apt-get et c'est parti. Jamais eu de souci à "migrer" la config d'une version à l'autre, parfois un reboot a pu être nécessaire, mais c'était loin d'être systématique.
Côté client, c'est un peu moins funky. Les modules TB sont en partie personnalisés, et donc il faut re-construire le SOGo-Integrator à chaque mise à jour. C'est assez simple, et ça s'automatise pas mal, mais ça demande un peu d'énergie. D'ailleurs, le-dit module propose un système de mise à jour intégré (avec un script PHP fourni côté serveur), mais d'expérience ça ajoute plus de problèmes que ça n'en résout : le script lui-même doit être mis à jour, il n'est pas fourni dans les dépôts APT de SOGo (sauf si j'ai raté un truc) et demande une récupération de l'archive source à chaque fois. Et ça marche quand ça veut bien.
La bonne idée, en revanche, c'est d'avoir calé les sorties de SOGo avec les LTS de Thunderbird. Donc ça rend le truc plus prévisible, et nous a permis de fournir un TB re-packagé (avec modules SOGo pré-configurés dedans) à chaque LTS, en tablant sur le fait que le reste se ferait uniquement côté serveur. Ça a tourné pendant quelques années - jusqu'à la version 3 où l'on a lâché l'affaire, en fait.
Conclusion (parce que c'est finalement plus long que prévu)
En gros, côté admin on a bien aimé travailler avec SOGo : pas de mauvaises surprises. Côté utilisateurs, ça pas mal plu en client lourd (TB), par contre le Webmail collait moins à nos usages et est resté un peu confidentiel.