• [^] # Re: Sage dicton

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal salut@toto — salutation, règle éditoriale et nom sur Internet. Évalué à 4.

    Avis strictement perso : si London était prononcé à peu près pareil partout, et écrit pareil,

    Il suffit de regarder autour de soi l'état des langues parlées pour se rendre compte que ce "si" n'a aucune chance d'être réalisé.

    À l'intérieur d'une même langue, il y a plein de variations de prononciation pour un même mot (en général c'est l'accent ou le dialecte qui le détermine). Ensuite pour ce qui est de l'écriture phonétique d'une langue, l'anglais et le français sont à peu près ce qui peut se faire de plus éloigné en la matière. Pour simplifier, on peut pratiquement dire que, en tout cas pour les noms propres, il n'y a pratiquement pas de règle de prononciation. (Gloucestershire, Louis de Broglie, Camille Saint Saëns, Metz, Port Leucat, etc. Mayence).

    L'allemand a presque une orthographe phonétique, mais certaines voyelles ont plusieurs nuances qui ne sont pas retranscrites à l'écrit et ici aussi, c'est aussi une affaire d'accents et de dialectes.

    Ensuite, certaines langues ignorent certaines voyelles, par exemple l'anglais ne connaît pas le u, ou toutes nos semi-voyelles (ain, in, un, on, en, an, etc.), ce qui constitue un obstacle inamovible pour une prononciation universelle des noms propres ou même une retranscription phonétique des mots. Donc même si on imagine une seconde que l'anglais ait des règles de prononciation vaguement cohérentes on n'aurait aucune chance d'y retranscrire Saint-Jean-de-Luz, Saint-Jean-de-Cuculles ou l'une quelconque des milliers de communes françaises nommées Saint-Jean de quelque chose.

    Enfin, si on choisissait de renoncer à la retranscription phonétique du mot pour conserver la graphie originale, il faudrait connaître les règles (ou leur inexistance) de prononciation pour toutes les langues dont on veut mentionner les lieux, c'est aussi inconcevable d'un point de vue pratique.

    mais il faut vraiment se forcer pour persister à nommer une ville (ou une personne : Jules CESAR, au lieu de Julius) de manière différente de « la réalité ».

    Pour commencer "la réalité" à laquelle tu te réfères n'existe pas vraiment, puisque Genève s'appelle aussi Genf ou Ginevra. (Si un Suisse traîne par ici, pourrait-il nous dire si la ville a un nom officiel?) Ensuite il ne faut apparemment pas trop se forcer, puisque c'est l'état actuel, et qu'il n'y a pas de haut commissariat au contrôle de l'usage des noms propres qui se chargerait de vérifier l'exactitude de l'emploi des noms propres.

    Détail amusant de l'histoire, certains auteurs français (comme Sand et Musset je crois) aimaient donner à Shakespear le nom de Shakspeare, et faisaient de cette orthographe et de cette prononciation une sorte d'étendard!