• # Le point de vue d'un traducteur

    Posté par . En réponse au journal Traduction des logiciels libres. Évalué à 3.

    Je me vois mal proposer de contribuer à la traduction de LibreOffice comme exercice d’apprentissage de la langue anglaise.
    Dans LibreOffice nous avons plusieurs domaines où interviennent des traducteurs :
    – l’interface graphique du logiciel ;
    – l’aide en ligne ;
    – la documentation.

    La traduction de l’interface graphique et celle de l’aide sont faites en utilisant Pootle. La traduction de l’interface ne ressemble pas à la traduction d’un texte, il y a en fait très peu de vrai texte dans une interface graphique. En pratique on ne traduit que des mots et des fragments de phrases dont il faut retrouver le contexte quand le sens n’est pas immédiat.
    L’aide contient de vrais petits textes mais pas seulement, par exemple aussi du code de mise en forme ou d’indexation. En revanche les textes en question, dans l’état actuel de la traduction (qui ne porte que sur ce qui ajouté dans la nouvelle version, le reste étant déjà traduit), portent surtout sur des questions très techniques qui sont largement au-delà des compétences d’un collégien ou d’un lycéen. Par exemple l’aide sur les fonctions statistiques ajoutées dans la version 5.

    La documentation se compose essentiellement du wiki et des guides qui sont des documents au format ODF. Les guides sont les seuls documents dont la traduction s’apparente à de la traduction « littéraire ». Mais franchement ce ne sont pas des textes dont les qualités littéraires et romanesques vont donner le goût de la langue anglaise à des collégiens ou lycéens. Pour cela il me paraîtrait bien plus efficace de faire trouver et traduire par les élèves les passages d’Harry Potter censurés par l’éditeur français. Harry Potter n’est qu’un exemple « personnel » : le constat d’avoir été flouées par le traducteur français a donné à plusieurs de mes filles le goût de relire la saga en anglais pour en retrouver toute la saveur, apparemment vraiment affadie par la traduction française. Il est probable que ce n’est pas le seul exemple de littérature jeunesse où la traduction trahit parfois le texte original.