Chacun son analyse, je respecte la tienne mais me permets quand même t'asséner (trop longuement) la mienne (heureusement que personne n'est obligé de lire ! :-)
À mon avis, le plus gros problème dans l'équation (et pas le seul), c'est l'industrialisation.
L'industrialisation de la vente (supermarché), l'industrialisation de la production, et (éléphant dans la pièce, mais pas le sujet du jour), l'industrialisation de la gestion des déchets.
L'industrialisation agit comme un paravent sur les méthodes réellement pratiquées,
elle nous permet d'ignorer, si ça nous arrange, jusqu'à l'existence même de certaines étapes (abattage, incinération, épandages, marges arrières),
d'ignorer l'existence des bas morceaux (puisqu'on parle de viande), d'accepter de ne pas comprendre la composition de ce qu'on consomme,
elle standardise les produits et les attentes (et apporte un petit plus qualité et sanitaire, compensé au point suivant),
elle met tout à disposition en dépit des saisons ou disponibilité, seule compte la rotation sur les étals,
elle ment de façon inhérente, parce que les processus sont cachés et que les transformations du produit sont trop importantes pour que ça soit détectable c'est trop tentant.
Si le fait de vivre en ville et de faire ses courses empêche de prendre conscience de son empreinte réelle, alors il faut réformer la ville et le système de commercialisation. Les Parisiens savent-ils ce qu'implique le fait d'ouvrir un robinet ou de marcher à sec en hiver ? Une grande partie des paysages de l'Aube, de la Haute-Marne ou encore de la Nièvre, du Loiret ou de l'Yonne ont été façonnés pour garantir leur approvisionnement en eau et leur éviter des crues. Les consommateurs d'autoroute ou de TGV de ville à ville ont-ils conscience que leur moyen de déplacement coupe des chemins et des routes et se dresse tantôt comme un mur, tantôt comme un fossé entre des villages précédemment voisins, ou divisant et assourdissant des écosystèmes ?
Tout ça pour répéter, ce que disait Ivan Illich -que les innovations nécessaires à l'industrie, à l'accroissement de la productivité de quelques uns, si elles sont mal employées, s'imposent à tous, au détriment de beaucoup. Nous pouvons utiliser nos marges de manœuvre individuelles pour préférer la convivialité.
[^] # Re: Herbassier
Posté par feth . En réponse au journal #WeMakeSeitan. Évalué à 10.
Chacun son analyse, je respecte la tienne mais me permets quand même t'asséner (trop longuement) la mienne (heureusement que personne n'est obligé de lire ! :-)
À mon avis, le plus gros problème dans l'équation (et pas le seul), c'est l'industrialisation.
L'industrialisation de la vente (supermarché), l'industrialisation de la production, et (éléphant dans la pièce, mais pas le sujet du jour), l'industrialisation de la gestion des déchets.
L'industrialisation agit comme un paravent sur les méthodes réellement pratiquées,
Si le fait de vivre en ville et de faire ses courses empêche de prendre conscience de son empreinte réelle, alors il faut réformer la ville et le système de commercialisation. Les Parisiens savent-ils ce qu'implique le fait d'ouvrir un robinet ou de marcher à sec en hiver ? Une grande partie des paysages de l'Aube, de la Haute-Marne ou encore de la Nièvre, du Loiret ou de l'Yonne ont été façonnés pour garantir leur approvisionnement en eau et leur éviter des crues. Les consommateurs d'autoroute ou de TGV de ville à ville ont-ils conscience que leur moyen de déplacement coupe des chemins et des routes et se dresse tantôt comme un mur, tantôt comme un fossé entre des villages précédemment voisins, ou divisant et assourdissant des écosystèmes ?
Tout ça pour répéter, ce que disait Ivan Illich -que les innovations nécessaires à l'industrie, à l'accroissement de la productivité de quelques uns, si elles sont mal employées, s'imposent à tous, au détriment de beaucoup. Nous pouvons utiliser nos marges de manœuvre individuelles pour préférer la convivialité.
PS : le coût du développement par Illich