Je travaille depuis 1999 sur un logiciel ERP privé nommé Agresso. Le produit est bon, il a des qualités vraiment utiles et des défauts acceptables.
J'ai essayé de basculer sur un ERP libre en 2008. J'ai évalué à l'époque OpenERP et ERP5. J'ai fait venir un formateur ERP5 à notre bureau pour avoir un point de départ.
On a abandonné suite à la formation.
Pas assez de documentation, société trop petite pour réussir à percer chez les clients.
Et toutes les fonctionnalités nécessaires n'étaient pas disponibles.
Sur mes implantations, on est à plus de 90% de standard, on paramètre les choix fonctionnels et la majorité du travail repose sur la conduite du changement, les migrations de données et la mise en place des workflows. Du coup chaque année on progresse non pas sur le développement mais sur la compétence fonctionnelle et d'organisation.
Il y a pour moi plusieurs éléments qui entravent la montée du libre sur ce segment. L'absence de volonté d'investissement de la part du public. Il serait plus pertinent de faire des appels d'offres pour améliorer un ERP libre et mettre en concurrence les entreprises locale pour cela que de faire des appels d'offre pour avoir des produits. J'ai vu qu'il y a un précédent sur libreoffice à Nantes justement sur ce sujet.
Mais surtout une force connue commerciale habituelle. Une force qui pourrait rendre le besoin d'aide du gouvernement un bonus au lieu d'une nécessité.
Il serait nécessaire d'avoir un poids financier important. Je ne sais pas si il existe par exemple des association économiques autour des ERP libres. Mais si il y avait un GIE autour d'un ERP il pourrait remplir la fonction de répondre aux appels d'offres, assurer un pool de consultants, témoigner d'un chiffre d'affaire consolidé suffisant et gérer les certifications et les formations. Il pourrait donc attaquer les mêmes marchés que les boites privées avec les mêmes armes sans attendre un coup de pouce de l'état.
Il serait aussi moteur des futures évolutions du produit et définirait la roadmap qui rend le produit commercialisable au mieux.
Il pourrait faire du lobbing auprès de l'administration pour par exemple permettre aux PME d'avoir un avantage fiscal sur la mise en place du produit qualifié "écologique".
J'ai donné des conférences sur le libre au Maroc, j'avais souvent un mec super sympa en face de moi, "évangelisateur Microsoft". Qui venait parler de la liberté offerte par Microsoft dans les journées linux des universités. Il était comme le gars qui défend le cloppe dans le film "Thank you for smoking".
Le GIE devrait aussi avoir un gars comme ça qui va prêcher la bonne parole.
C'était très dur de passer derrière lui parce qu'il avait un discours d'embrouille très bien rôdé, qu'il ne respectait pas la durée et saturait le public.
Dans ces conditions, les défauts de l'outil ne seraient plus un problème, on ferait comme MS, on parlerait d'autre chose, on parlerait du client par exemple.
# comparaison libre/privé
Posté par Samuel Ballé . En réponse au journal CEGID racheté. Évalué à 10.
Je travaille depuis 1999 sur un logiciel ERP privé nommé Agresso. Le produit est bon, il a des qualités vraiment utiles et des défauts acceptables.
J'ai essayé de basculer sur un ERP libre en 2008. J'ai évalué à l'époque OpenERP et ERP5. J'ai fait venir un formateur ERP5 à notre bureau pour avoir un point de départ.
On a abandonné suite à la formation.
Pas assez de documentation, société trop petite pour réussir à percer chez les clients.
Et toutes les fonctionnalités nécessaires n'étaient pas disponibles.
Sur mes implantations, on est à plus de 90% de standard, on paramètre les choix fonctionnels et la majorité du travail repose sur la conduite du changement, les migrations de données et la mise en place des workflows. Du coup chaque année on progresse non pas sur le développement mais sur la compétence fonctionnelle et d'organisation.
Il y a pour moi plusieurs éléments qui entravent la montée du libre sur ce segment. L'absence de volonté d'investissement de la part du public. Il serait plus pertinent de faire des appels d'offres pour améliorer un ERP libre et mettre en concurrence les entreprises locale pour cela que de faire des appels d'offre pour avoir des produits. J'ai vu qu'il y a un précédent sur libreoffice à Nantes justement sur ce sujet.
Mais surtout une force connue commerciale habituelle. Une force qui pourrait rendre le besoin d'aide du gouvernement un bonus au lieu d'une nécessité.
Il serait nécessaire d'avoir un poids financier important. Je ne sais pas si il existe par exemple des association économiques autour des ERP libres. Mais si il y avait un GIE autour d'un ERP il pourrait remplir la fonction de répondre aux appels d'offres, assurer un pool de consultants, témoigner d'un chiffre d'affaire consolidé suffisant et gérer les certifications et les formations. Il pourrait donc attaquer les mêmes marchés que les boites privées avec les mêmes armes sans attendre un coup de pouce de l'état.
Il serait aussi moteur des futures évolutions du produit et définirait la roadmap qui rend le produit commercialisable au mieux.
Il pourrait faire du lobbing auprès de l'administration pour par exemple permettre aux PME d'avoir un avantage fiscal sur la mise en place du produit qualifié "écologique".
J'ai donné des conférences sur le libre au Maroc, j'avais souvent un mec super sympa en face de moi, "évangelisateur Microsoft". Qui venait parler de la liberté offerte par Microsoft dans les journées linux des universités. Il était comme le gars qui défend le cloppe dans le film "Thank you for smoking".
Le GIE devrait aussi avoir un gars comme ça qui va prêcher la bonne parole.
C'était très dur de passer derrière lui parce qu'il avait un discours d'embrouille très bien rôdé, qu'il ne respectait pas la durée et saturait le public.
Dans ces conditions, les défauts de l'outil ne seraient plus un problème, on ferait comme MS, on parlerait d'autre chose, on parlerait du client par exemple.