Posté par kantien .
En réponse au journal /o\.
Évalué à 10.
Oui je réclame ma liberté d’expression, celle de dire et de faire entendre mon opinion politique ! Celle qu’on me vole, par mille petits poignards, doublement tranchants parce qu’ils viennent du peuple même, ce peuple inconscient, sans repères et perdu. Je préférerai une épée identifiable et prévisible ; mais, signe des temps, le progrès a fait son office sur les techniques de dominations : elles sont devenues plus perfides. Alors je dis à tous ceux du peuple, qui ne peuvent pas voir, qui ne veulent pas? je leur dis, à ces bien pensants qui me mettent sur le dos des millions et des millions de morts, à ceux qui veulent m’accabler de toutes les atrocités de l’histoire, à ceux qui veulent m’enterrer avec les pires horreurs de mes aïeux, à ceux qui veulent me réduire à silence en usant, toujours et encore plus, de la calomnie, de l’insulte, de l’invective, de la diffamation...
Je leur dis : je vous emmerde espèce de petites teignes despotiques. Je veux exprimer mon opinion politique. Oui je porte Rousseau en grande estime, car je le lis, je n’ai pas reproduit des schémas de domination, je n’ai pas dit que c’était un idéologue dangereux. Non. Je le lis. Et envers tous ces crétins qui préfèrent abuser de leur petite parcelle de pouvoir en me faisant taire, je leur dis : allez vous faire foutre, moi j’ai lu et j’ai appris. Je ne veux pas qu’un autre pense pour moi, je ne veux pas qu’un autre me dise ce que Rousseau écrivait. Non. Je le lis et je me fais mon propre avis, ma propre interprétation, qui vaut toutes celles de ces jean-foutres.
Mais qui donc te vole, par mille petits poignards doublement tranchants, ta sacro-sainte liberté d'expression ? Sont-ce ceux qui ne peuvent pas voir, qui ne veulent pas ? Dois-je entendre, sous ces expressions : ceux qui ne partagent pas tes opinions ? Mais alors dans ce cas, ta liberté d'exprimer tes opinions politiques n'équivaut-elle pas au droit de l'imposer ? autrement dit, le devoir pour tout ceux qui te lisent d'abonder dans ton sens ? La notion d'opinion laisse pourtant à entendre la valeur subjective des pensées qu'elle exprime, et donc le droit pour autrui, en principe, d'avoir des opinions contraires. Quand bien même, elles exprimeraient la vérité — et auraient donc une valeur objective — l'erreur étant humaine, tes lecteurs peuvent se tromper. Méritent-ils alors ton arrogance, ton mépris, tes insultes et, in fine, de subir les assauts de ta suprême suffisance ? Mais si, enfin, ils ne se rangent pas à tes opinions n'étant pas convaincu par tes argumentaires, doivent-ils tout de même les faire leur selon un décret unilatéral de ta volonté ? Dans ce cas, ne serait-ce pas désirer reproduire des schémas de domination ? Ton rejet des crétins qui préfèrent abuser de leur petite parcelle de pouvoir serait non point un rejet par principe d'une telle pratique, mais la simple expression du sentiment envieux de ne pouvoir faire de même ?
Ceci étant dit, tout comme toi, je ne veux pas que que quelqu'un d'autre pense pour moi — c'est même là le sens de ma signature —, je lis et je me fais mon propre avis. Mon interprétation vaut tout autant que celle des jean-foutres dans ton genre. Selon ma lecture, l'expression « Rousseau démocrate » a autant de sens que celle de « carré rond » — à savoir aucun. J'ai du mal à me représenter la Sparte antique comme le modèle idéale d'une société démocratique. De même, la façon dont Robespierre et les Jacobins ont exprimé leur amour de la liberté d'expression des opinions politiques à coup de guillotine fait que j'ai du mal à le prendre comme exemple et référant.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
# Qui te prive de ta liberté d'expression ?
Posté par kantien . En réponse au journal /o\. Évalué à 10.
Mais qui donc te vole, par mille petits poignards doublement tranchants, ta sacro-sainte liberté d'expression ? Sont-ce ceux qui ne peuvent pas voir, qui ne veulent pas ? Dois-je entendre, sous ces expressions : ceux qui ne partagent pas tes opinions ? Mais alors dans ce cas, ta liberté d'exprimer tes opinions politiques n'équivaut-elle pas au droit de l'imposer ? autrement dit, le devoir pour tout ceux qui te lisent d'abonder dans ton sens ? La notion d'opinion laisse pourtant à entendre la valeur subjective des pensées qu'elle exprime, et donc le droit pour autrui, en principe, d'avoir des opinions contraires. Quand bien même, elles exprimeraient la vérité — et auraient donc une valeur objective — l'erreur étant humaine, tes lecteurs peuvent se tromper. Méritent-ils alors ton arrogance, ton mépris, tes insultes et, in fine, de subir les assauts de ta suprême suffisance ? Mais si, enfin, ils ne se rangent pas à tes opinions n'étant pas convaincu par tes argumentaires, doivent-ils tout de même les faire leur selon un décret unilatéral de ta volonté ? Dans ce cas, ne serait-ce pas désirer reproduire des schémas de domination ? Ton rejet des crétins qui préfèrent abuser de leur petite parcelle de pouvoir serait non point un rejet par principe d'une telle pratique, mais la simple expression du sentiment envieux de ne pouvoir faire de même ?
Ceci étant dit, tout comme toi, je ne veux pas que que quelqu'un d'autre pense pour moi — c'est même là le sens de ma signature —, je lis et je me fais mon propre avis. Mon interprétation vaut tout autant que celle des jean-foutres dans ton genre. Selon ma lecture, l'expression « Rousseau démocrate » a autant de sens que celle de « carré rond » — à savoir aucun. J'ai du mal à me représenter la Sparte antique comme le modèle idéale d'une société démocratique. De même, la façon dont Robespierre et les Jacobins ont exprimé leur amour de la liberté d'expression des opinions politiques à coup de guillotine fait que j'ai du mal à le prendre comme exemple et référant.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.