Ton commentaire et celui de Christophe B. me font remarquer que je ne m'étais jamais demandé ce qu'était un professionnel en fait. Je suis loin des trente années d'expérience et à vrai dire j'avais plutôt le sentiment que le terme « professionnel » était un peu galvaudé aujourd'hui. Il me semble, mais mon regard est peut-être déformé, qu'on trouve assez facilement des gens avec ce libellé qui s'avèrent finalement être surtout de beaux parleurs dont les actes ne sont pas au niveau de leurs promesses ou bien dont le comportement est douteux.
Dans ma courte expérience je n'ai pas eu le sentiment que ces comportements que nous décrivons étaient attendus ou encouragés. Je les ai observés mais j'ai toujours eu l'impression que c'était plus le résultat d'une motivation individuelle que d'un désir commun ; comme s'ils étaient implicites. Cela me semble bizarre en particulier vis-à-vis des juniors qui entrent dans le métiers et qui se retrouvent à devoir deviner par eux-même quels sont les comportements qui agissent pour le bien commun et lesquels sont parasites. Pour prendre une analogie, c'est comme si on entrait dans le métier aux côtés de Linus Torvalds, Ulrich Drepper, Jeff Atwood et Robert C. Martin et qu'on nous disait « choisis ton modèle ». Quelle proportion de débutants comprendraient qu'on peut être d'un haut niveau technique tout en ayant des rapports humains intéressants ? J'ai personnellement le sentiment que l'on a tendance à négliger les retours positifs, ne serait-ce que « nous avons fait du bon boulot » ou « je trouve que l'équipe a bien fonctionné ».
Concernant ta remarque sur les paroles et les écrits, que Christophe B. et blabla ont l'air de rejoindre, je trouve, peut-être naïvement, que cela fait un peu vieille informatique. Peut-être est-ce un problème d'échelle de boîte car dans celles où j'ai travaillé, où les équipes sont de taille humaine et le patron est à n+1 et derrière une porte (toujours ouverte) dans la pièce d'à côté, je n'ai jamais vu quelqu'un chercher un coupable pour quoi que ce soit. Quand tout va bien c'est parce que nous avons tous assuré, quand tout va mal c'est parce que nous avons tous raté. Il y a évidemment parfois des désaccords, qui sont simplement évoqués dans les rétrospectives de sprint, puis tout le monde s'arrange pour trouver un compromis et s'y tient. Bien sûr ce n'est pas sans accrocs, il y a aussi des disputes, des démissions ou des licenciements, mais globalement j'ai le sentiment que tout le monde fait simplement de son mieux pour que ça se passe bien. C'est très différent du comportement défensif que blabla et toi décrivez. À nouveau, peut-être est-ce lié à l'échelle de la boîte ?
[^] # Re: pas faux
Posté par Julien Jorge (site web personnel) . En réponse au journal Comment être un développeur désirable. Évalué à 10.
Ton commentaire et celui de Christophe B. me font remarquer que je ne m'étais jamais demandé ce qu'était un professionnel en fait. Je suis loin des trente années d'expérience et à vrai dire j'avais plutôt le sentiment que le terme « professionnel » était un peu galvaudé aujourd'hui. Il me semble, mais mon regard est peut-être déformé, qu'on trouve assez facilement des gens avec ce libellé qui s'avèrent finalement être surtout de beaux parleurs dont les actes ne sont pas au niveau de leurs promesses ou bien dont le comportement est douteux.
Dans ma courte expérience je n'ai pas eu le sentiment que ces comportements que nous décrivons étaient attendus ou encouragés. Je les ai observés mais j'ai toujours eu l'impression que c'était plus le résultat d'une motivation individuelle que d'un désir commun ; comme s'ils étaient implicites. Cela me semble bizarre en particulier vis-à-vis des juniors qui entrent dans le métiers et qui se retrouvent à devoir deviner par eux-même quels sont les comportements qui agissent pour le bien commun et lesquels sont parasites. Pour prendre une analogie, c'est comme si on entrait dans le métier aux côtés de Linus Torvalds, Ulrich Drepper, Jeff Atwood et Robert C. Martin et qu'on nous disait « choisis ton modèle ». Quelle proportion de débutants comprendraient qu'on peut être d'un haut niveau technique tout en ayant des rapports humains intéressants ? J'ai personnellement le sentiment que l'on a tendance à négliger les retours positifs, ne serait-ce que « nous avons fait du bon boulot » ou « je trouve que l'équipe a bien fonctionné ».
Concernant ta remarque sur les paroles et les écrits, que Christophe B. et blabla ont l'air de rejoindre, je trouve, peut-être naïvement, que cela fait un peu vieille informatique. Peut-être est-ce un problème d'échelle de boîte car dans celles où j'ai travaillé, où les équipes sont de taille humaine et le patron est à n+1 et derrière une porte (toujours ouverte) dans la pièce d'à côté, je n'ai jamais vu quelqu'un chercher un coupable pour quoi que ce soit. Quand tout va bien c'est parce que nous avons tous assuré, quand tout va mal c'est parce que nous avons tous raté. Il y a évidemment parfois des désaccords, qui sont simplement évoqués dans les rétrospectives de sprint, puis tout le monde s'arrange pour trouver un compromis et s'y tient. Bien sûr ce n'est pas sans accrocs, il y a aussi des disputes, des démissions ou des licenciements, mais globalement j'ai le sentiment que tout le monde fait simplement de son mieux pour que ça se passe bien. C'est très différent du comportement défensif que blabla et toi décrivez. À nouveau, peut-être est-ce lié à l'échelle de la boîte ?