Ah la mathésis universalis ou la caractéristique universelle de Leibniz ! Elle en a fait couler de l'encre :
Deux mots seulement sur l’art de combiner les signes ; ce que je vais en dire, sans être d’une bien grande importance, n’est pas précisément à dédaigner. Les termes dont je me sers pour expliquer ces principes présentent, par leur extrême simplicité, une analogie frappante avec les signes. Leibniz vantait fort une caractéristique dont il était l’inventeur ; tous les savants ont regretté qu’elle fût ensevelie avec ce grand homme. Ce regret m’est une occasion de dire mon sentiment sur l’art combinatoire. J’avoue que dans ces paroles du grand philosophe, je crois apercevoir le testament du père de famille dont parle Esope : étant sur le point d’expirer, il déclara en secret à ses enfants qu’il avait un trésor caché quelque part dans son champ, mais, surpris par la mort, il ne put leur indiquer l’endroit où il l’avait enfoui ; ce fut pour les enfants l’occasion de fouiller leur champ avec la plus grande ardeur, de le creuser et de le retourner en tous sens ; tant et si bien que, quoi que trompés dans leurs espérances, ils finirent par se trouver plus riches de la plus grande fécondité de leur champ. Nul doute que ce ne soit là le seul fruit à retirer de la recherche de ce mécanisme inventé par Leibniz, si l’on doit s’en occuper encore.
Elle fût effectivement remise au goût du jour par Frege et son idéographie, suivi par Russell. Néanmoins, je considère que les résultats d'incomplétude de Gödel (ou son équivalent informatique : le problème de l'arrêt) ont mis un terme définitif à la quête d'une telle langue. Comme le disait Wittgenstein : « ce que le langage signifie, cela ne se dit pas, cela se montre ». Mais, les enfants et héritiers qui ont creusé et retourné dans tous les sens ce sont effectivement retrouvés plus riches de la fécondité de leur champ : ce n'est point ici que l'on soutiendra le contraire. ;-)
Et puis ces recherches ont grandement inspiré le \lambda-calcul, et donc tous les langages avec paradigme fonctionnel : Lisp, Scheme, Clojure, Haskell, OCaml... et quoi que de mieux que ce paradigme pour incarner la théorie kantienne du schématisme (cf. Critique de la Raison Pure) et comprendre ce qu'un kantien entend derrière le concept de schème. \o/
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Traduction faite
Posté par kantien . En réponse au journal Comment devenir programmeur. Évalué à 2. Dernière modification le 25 mars 2016 à 01:11.
Ah la mathésis universalis ou la caractéristique universelle de Leibniz ! Elle en a fait couler de l'encre :
Elle fût effectivement remise au goût du jour par Frege et son idéographie, suivi par Russell. Néanmoins, je considère que les résultats d'incomplétude de Gödel (ou son équivalent informatique : le problème de l'arrêt) ont mis un terme définitif à la quête d'une telle langue. Comme le disait Wittgenstein : « ce que le langage signifie, cela ne se dit pas, cela se montre ». Mais, les enfants et héritiers qui ont creusé et retourné dans tous les sens ce sont effectivement retrouvés plus riches de la fécondité de leur champ : ce n'est point ici que l'on soutiendra le contraire. ;-)
Et puis ces recherches ont grandement inspiré le \lambda-calcul, et donc tous les langages avec paradigme fonctionnel : Lisp, Scheme, Clojure, Haskell, OCaml... et quoi que de mieux que ce paradigme pour incarner la théorie kantienne du schématisme (cf. Critique de la Raison Pure) et comprendre ce qu'un kantien entend derrière le concept de schème. \o/
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.