• [^] # Re: Intérêt douteux

    Posté par . En réponse au journal L'increvable. Évalué à 1.

    Le système européen a aussi beaucoup de mal à protéger ses intérêts économiques et certains pays industriels européens, comme la France, souffrent fortement d'une ouverture à la concurrence internationale à laquelle ils n'étaient pas correctement préparés.

    Tu sous-entends que c'est la "faute des autres", moi je tournerai la phrase comme ça : le monde change, et ces français imbus d'eux-même refusent toujours de le comprendre (faut voir les réactions en ce moment sur des propositions de loi assez légères quand on regarde de loin) et de faire ce qui aurait dû être fait il y a 10 ans, alors forcément ça coince.
    La différence entre les deux phrases (la tienne et la mienne) est que d'un côté celui qui parle sous-entend que l'autre est le méchant, et de l'autre celui qui parle regarde le problème qu'il a chez lui et qu'il peut lui résoudre.

    Le problème est plus ancien que cela et remonte, a minima, au colbertisme : sans doute une autre « exception française ». Il y a, au fond de tout cela, la funeste idée que l'économie des échanges marchands est un jeu à somme nulle : ce qu'un acteur gagne doit être perdu par un autre acteur. D'où les différentes variantes de politique protectionniste cherchant à réserver le marché intérieur à la production intérieure (« vive le made in France ! \o/ »).

    Pourtant les échanges marchands librement consentis reposent sur le principe : j'accepte de faire cela pour toi, à condition que tu fasses ci pour moi. Comment les deux parties en présence pourraient-elles accepter de contracter si l'une des deux était nécessairement le dindon de la farce, ou in fine se retrouverait gros-jean comme devant ? Je ne cherche pas à nier qu'il y a des échanges qui se passent ainsi, l'une des deux parties pouvant profiter de la faiblesse ou de l'ignorance de l'autre pour la tromper, mais une telle situation n'est pas inhérente au principe de l'échange.

    Comme pamphlet anti-protectionnisme, il y a la fameuse pétition des marchands de chandelles : quel concurrent plus sournois que le soleil peut-on imaginer face aux fournisseurs d'éclairage, lui qui refuse obstinément de se plier aux lois des hommes ?

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.