Socrate ne s'était jamais abaissé à insulter ses interlocuteurs.
Pour affirmer une telle absurdité il faut n’avoir rien lu de Platon, ou n’être pas en capacité d’en tirer quoi que ce soit d’intelligible. Car j’ai bien en tête deux ou trois petites saillies bien senties dans ce que l’on sait du procès (tout du moins de la défense...) ou Socrate se fout le plus ouvertement du monde de ceux-là même qui le jugent (avec une arrogance qui vaut bien la mienne) : ça n’étaient effectivement pas un garçon très sage.
Il lui arrivait bien de railler et de moquer ses interlocuteurs, et pas seulement dans sa défense et l'Apologie, mais avec une finesse d'esprit qui est à des années lumières de la tienne.
Un grand homme ce Nietzsche.
Au moins comprends-je maintenant le ton de ta prose et ta position sur le couple Socrate-Platon. Bien que la lecture de celle de Nietzsche soit plus intéressante et enrichissante, philosophie que j'exécre pourtant au plus haut point (on peut difficilement attendre une autre position de la part d'un kantien).
Pour le reste, cela se passe de commentaire. Et pour compléter l'information à destination des lecteurs qui n'aurait pas lu l'Apologie de Socrate (ou tout autre dialogue platonicien), celui-ci n'était pas accusé d'être un sophiste, mais les chefs accusations étaient :
ne pas reconnaître les Dieux de la Cité ;
inventer de nouveaux Dieux pour les remplacer ;
corrompre la jeunesse.
Et Socrate ne reprochait pas aux sophistes de mentir (tenir pour vrai ce que l'on sait être faux) mais de prétendre savoir ce qu'en réalité ils ignoraient. Autrement dit, il leur reprochait de ne pas s'interroger suffisamment sur le fondement de leurs affirmations, et de faire passer, entre autre, le vraisemblable pour de la certitude; de préférer dire : « je sais, telle est la vérité ! » plutôt que d'affirmer : « je ne sais pas, mais je cherche ! ». Comme par exemple, affirmer :
Et encore! Quelques références que ce soit, on en attendra plus que de maigres citations sorties de leur contextes, archies connues tant elles ont été répétés jusqu’à plus soif. L’on peut à ce propos être certain qu’un texte qui en fait usage est tout au plus la production d’un cuistre qui se chargera le plus sûrement du monde de se mettre en contre-sens le plus total avec la pensée originelle de l’auteur.
Alors que je n'ai fait que synthétiser certains passages de l'Apologie de Socrate. Crois-tu que je m'amuses à faire référence à des écrits que je n'ai pas lu ? Et pour illustrer, sur un exemple, l'attitude de Socrate dans son procès lorsqu'il s'adresse aux athéniens présents pour le juger :
Ma seule affaire est d'aller et de venir pour vous persuader, jeunes et vieux, de n'avoir point pour votre corps et pour votre fortune de souci supérieur ou égal à celui que vous devez avoir concernant la façon de rendre votre âme la meilleure possible, et de vous dire : « Ce n'est pas des richesses que vient la vertu, mais de la vertu que viennent les richesses et tous les autres biens, pour les particuliers comme pour l'État. » Si donc c'est en tenant ce discours que je corromps les jeunes gens, il faut bien admettre que ce discours est nuisible. Mais prétendre que je tiens un autre discours que celui-là, c'est ne dire rien qui vaille. Au regard de cela, si je puis me permettre, Athéniens, suivez ou non l'avis d'Anytos, acquittez-moi ou non, mais tenez pour certain que je ne me comporterai pas autrement, dussé-je subir mille morts.
N'allez pas m'interrompre en faisant du tapage Athéniens. Continuez plutôt à faire comme je vous l'ai demandé. Cessez de m'interrompre en faisant du tapage, et prêtez-moi l'oreille. J'ai tout lieu de croire que vous y trouverez profit. Sans doute ai-je encore à vous dire des choses qui vont vous inciter à m'interrompre, en faisant du tapage. De grâce, veulliez vous en abstenir.
On est tout de même assez loin du : « bandes de crétins dégénérés, allez-vous donc enfin reconnaître votre imbécillité, votre ignorance, ma supériorité et le fait que la vérité est de mon côté ! »
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Pour quel coût?
Posté par kantien . En réponse au journal L'increvable. Évalué à 1.
Il lui arrivait bien de railler et de moquer ses interlocuteurs, et pas seulement dans sa défense et l'Apologie, mais avec une finesse d'esprit qui est à des années lumières de la tienne.
Au moins comprends-je maintenant le ton de ta prose et ta position sur le couple Socrate-Platon. Bien que la lecture de celle de Nietzsche soit plus intéressante et enrichissante, philosophie que j'exécre pourtant au plus haut point (on peut difficilement attendre une autre position de la part d'un kantien).
Pour le reste, cela se passe de commentaire. Et pour compléter l'information à destination des lecteurs qui n'aurait pas lu l'Apologie de Socrate (ou tout autre dialogue platonicien), celui-ci n'était pas accusé d'être un sophiste, mais les chefs accusations étaient :
Et Socrate ne reprochait pas aux sophistes de mentir (tenir pour vrai ce que l'on sait être faux) mais de prétendre savoir ce qu'en réalité ils ignoraient. Autrement dit, il leur reprochait de ne pas s'interroger suffisamment sur le fondement de leurs affirmations, et de faire passer, entre autre, le vraisemblable pour de la certitude; de préférer dire : « je sais, telle est la vérité ! » plutôt que d'affirmer : « je ne sais pas, mais je cherche ! ». Comme par exemple, affirmer :
Alors que je n'ai fait que synthétiser certains passages de l'Apologie de Socrate. Crois-tu que je m'amuses à faire référence à des écrits que je n'ai pas lu ? Et pour illustrer, sur un exemple, l'attitude de Socrate dans son procès lorsqu'il s'adresse aux athéniens présents pour le juger :
On est tout de même assez loin du : « bandes de crétins dégénérés, allez-vous donc enfin reconnaître votre imbécillité, votre ignorance, ma supériorité et le fait que la vérité est de mon côté ! »
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.