• [^] # Re: Pour quelcoût?

    Posté par . En réponse au journal L'increvable. Évalué à -10.

    Les commentaires imbéciles se distinguent par leur incapacité à penser les choses de manière non binaires.

    Mais il y a des commentaires d’une toute autre facture, qui incarnent l’idée même du mongolisme le plus avancé, ce sont les commentaires qui répondent à une critique en la catégorisant elle-même dans un manichéisme particulièrement puéril que seul un enfant en bas-âge ou une personne n’ayant pas eu un développement mental normal pourrait produire.

    Cette incapacité de penser les choses autrement que binaire, lorsqu’elle est prétée à l’autre, SURTOUT lorsqu’elle est prétée à l’autre, en dit plus sur le commentaire qui émet un tel énoncé qu’à celui auquel il prétend répondre.

    On pourrait longuement s’interroger, alors que la modernité produit tout ce qu’il y a de plus raffiné et de plus développé en terme de culture, de pensée, comment de tels écrits attardés, peuvent-ils encore être produits.

    Ce qui relève psychologiquement parlant d’un manque de maturité certain, je l’appelle le néo-barbarisme. Une certaine personne a parlé de banalité du mal.

    Car il y a ce refus propre, de penser l’altérité, mais aussi et surtout l’altérité chez l’autre : c’est toute la délicatesse du procédé qui participe à l’intolérance propre au néo-barbarisme. Toute critique à l’encontre de ses égéries, perçue comme signal négatif envoyé par l’autre, est systématiquement vécue comme une attaque malveillante qui ne se supporte pas. Je veux dire « ne se supporte pas » dans le sens que l’on n’attend pas : on perçoit immédiatement chez l’autre une binarité de pensé, perception qui n’est qu’une projection "empathique" de sa propre personnalité.

    Par projection empathique, je n’entends pas l’empathie propre à celle d’un adulte émotionnellement construit, mais celle d’un enfant qui ramène tout à lui, et imagine que les sentiments, les modes de pensée, les comportements de l’autre sont semblables, sinon identiques, à ce qu’il peut vivre lui-même. En ce sens il y a négation de l’altérité, donc par extension de l’indivudualité, ce qui se traduit politiquement par le totalitarisme, cf. banalité du mal : nous voilà bien aise de retomber sur les empreintes de nos pas.

    Pour aller plus loin, quoique le commentaire auquel je réponds n’atteigne pas ce stade (mais d’autre y parviennent aisément), une critique, forcément perçue négativement donc comme une attaque, se doit d’être méprisée et combattue avec toute la vigueur de circonstance, par anathèmes symétriquement opposés aux égéries alors remises en causes : c’est-à-dire par des catégories dont on devine assez aisément le caractère infamant, pour ne pas dire diffamant, à travers les écrits qui en font état, mais tout aussi vide de sens car employées sans plus d’à-propos, voir en contre-sens le plus élémentaire.

    Il faut vraiment prendre conscience de la symbiose, si je puis m’exprimer ainsi, qui existe entre la négation de l’altérité, la différence si vous préférez, et le manichéisme boulimique. La confrontation à l’autre n’est alors plus source d’enrichissement personnel (d’individuation dirait un certain philosophe, bien que son concept soit beaucoup plus large), comme moyen de se situer et donc de se vivre en tant qu’individu. Non ! Cela devient une frustration permanente où la radicalisation construit des catégories que tout oppose et où c’est l’autre (suprême anathème! qui fait l’objet du commentaire ci-devant) qui est accusé de ce grand mal de notre siècle qu’est le manichéisme, pour mieux s’en dédouanner soi-même.

    "L’adversaire", puisqu’il faut bien le nommer ainsi, devient responsable de notre propre refus à vouloir le comprendre. Par comprendre, je veux dire en premier lieu d’accepter à priori (et ce à priori est très important) qu’il puisse penser différemment, et ce sans le vivre comme un mal : c’est-à-dire sans immédiatement, et comme un réflexe pavlovien, en déduire que la vérité de l’un entraîne nécessairement la défaite de l’autre. Là où le principe d’individuation supposerait de se nourrir de la vérité de l’un, non pas pour se renier, mais au contraire se construire, se dépasser (ce qui suppose un effort et un capital intellectuel conséquent il faut bien l’avouer). Par «Se dépasser» j’entends au sens figuré, mais aussi et surtout au propre : seul l’autre permet d’établir une vision pleine et entière d’une société, c’est-à-dire non pas une masse uniformément conformiste (totalitarisme nous revoilà...) qui se vit à grand coups de mythes sociaux, préjugés et vulgaire projection de soi sur l’autre (projection immédiatement frustré, et conséquemment suivie d’un mépris de l’autre), mais une groupement d’individus lucides sur ce qu’ils sont en tant que personne et en tant que groupe, capables d’un regards rétrospectifs sur eux-mêmes tout à la fois dans ce qui les rend spécifiques et en tant que collectif.

    Toi aussi ami, fasciste, réactionnaire, néo-nazi, antisémite, défenseur du patronat persécuté, viens rencontrer tes amis sur Linuxfr pour combattre cette engeance gauchiste islamophile qui viole ta femme, mange ton bébé et pratique la sodomie.