• [^] # Re: Bof

    Posté par . En réponse au journal L'increvable. Évalué à 9. Dernière modification le 24 mars 2016 à 00:23.

    Ce n'est en rien une question de prix, et ceux qui n'argumentent que sur le prix sont totalement à côté de la plaque, sinon cela reviendrait à accepter que le même appareil, vendu 3 fois plus cher par un commerçant qui marge davantage, aurait une qualité plus élevée qu'un même autre, vendu 3 fois moins cher par un autre commerçant qui marge moins.

    Ce qui importe, et je l'ai personnellement vécu en travaillant à la chaîne en usine pendant un temps, c'est :
    - la qualité des pièces utilisées pour fabriquer l'appareil ;
    - le nombre de travailleurs affectés à sa fabrication ;
    - le nombre de contrôleurs de qualité affectés à sa fabrication et le nombre de contrôles effectués ;
    - le cahier des charges et ses contraintes ;
    - la cadence de fabrication à laquelle tournent les chaînes.

    Typiquement, un vélo Carrefour/Auchan/etc. à ~150 ,ドル c'était :
    - des pièces de qualité moyenne (meilleure qu'un import tout fabriqué de Chine) ;
    - une dizaine d'ouvriers (sans dévoileur) ;
    - aucun contrôle qualité en direct, un échantillon éventuellement contrôlé au hasard ;
    - un « réparateur » en bout de chaîne qui réparait à grands coups de maillets (sans déconner) les cadres tordus, aucun vélo écarté de la production, pas même ceux dont la roue voilée frottait le cadre ;
    - 400 à 450 vélos à la journée travaillée ;

    Un vélo Décathlon/gamme supérieure Go Sport/etc. à 300~450 ,ドル c'était :
    - des pièces de bonne qualité à très bonne qualité ;
    - une vingtaine d'ouvriers ;
    - un « dévoileur/équilibreur » ;
    - un contrôle qualité permanent ou presque ;
    - 2 réparateurs en bout de chaîne, qui reprenaient ce qui pouvait l'être, ou qui écartaient de la production ce qui ne le pouvait ou ne correspondait pas au cahier des charges ;
    - 200 à 250 vélos à la journée travaillée, avec une cadence moyenne à 230.

    Entre les deux, tu avais les Jeep, certains modèles « rétro », etc.

    Et sinon, tu avais aussi de la production très haut de gamme, voire du sur mesure avec des tarifs à plusieurs dizaines de milliers d'euros:
    - des pièces de très bonne qualité, voire exceptionnelle (cadre carbone, etc.) ;
    - jusqu'à 3 ouvriers experts par vélo, production hors chaîne, un vélo après l'autre ;
    - une supervisation par des ingénieurs « cycles » (voire des utilisateurs compétition) ;
    - un contrôle qualité systématique à tous les étapes de la production ;
    - une cadence qui allait d'une dizaine de vélos à la journée travaillée, avec parfois un seul vélo en plusieurs jours.

    Petit note en passant, entre un vélo à 150 € et un autre à 300~450 € (je parles des gammes que j'ai évoqué, non pas d'une vérité générale pour tout vélo vendu à ce prix), tu as un coût de main d'œuvre qui varie de 2 €/vélo pour le premier, à 4€/vélo pour le second.

    Le fait est que d'un point de vue qualité des pièces, qualité de l'assemblage, qualité des réglages, contrôle qualité, cahier des charges, etc. les vélos à 300~450 € sont sacrément meilleur marché que ceux à 150 €. C'est une évidence, et je peux te dire que n'importe quel ouvrier était en mesure de te dire si telle ou telle gamme était bonne/mauvaise, d'un bon rapport qualité/prix, et si tel ou tel modèle au sein de la même gamme allait avoir assurément des emmerdes ou non.

    Ce n'est pas parce qu'un commerçant va te vendre à 600 € un vélo de la gamme à 150 € que ce vélo sera meilleur pour autant que ceux à 300~450 ,ドル ou même que ceux à 150 €. Par contre, le commerçant pourra te faire croire à mieux en te doublant la durée de la garantie, ce qui même en cas de casse restera une excellente affaire pour lui.

    Par contre, cela ne retire rien au fait que pour avoir de la qualité, il faut que le produit soit de qualité, qu'il ait été pensé pour être de qualité, que des composants de qualité aient été utilisés, qu'un cahier des charges stricts ait été établi, et qu'une fabrication de qualité ait été mise en œuvre. En d'autres termes, il est évident qu'il faut y mettre le prix.

    Le problème étant que dans nos sociétés de consommation, le prix n'a plus aucune valeur indicative, il ne reflète rien d'autre que ce que le client est prêt à y mettre, multiplié par l'influence de la publicité et la marque de la société, puissance l'effet de mode.

    Et c'est là qu'il est important que des tests indépendants soient effectués, que les consommateurs puissent échanger et partager leurs expériences relatives, pour qu'ainsi, on puisse faire le tri entre le bon grain et l'ivraie.

    Maintenant, pour en revenir à tes propos, je ne connais pas le prix moi-même, puisqu'il a été donné à mes parents. Son cycle le plus long était de 3h, le cycle de mon Brandt était de 2h, et le Whirlpool (il me semble) qui a remplacé ce dernier a lui aussi un cycle de 3h, ce qui semble donc finalement indiquer que le Miele n'était pas si lent (en tout cas très loin de ton affirmation « qui sèche 3 fois plus lentement », en plus d'avoir un meilleur séchage (vêtements moins rêches, moins de peluches générés donc vêtement moins usés, etc.). Et à aucun moment je n'ai parlé d'un quelconque complot. C'est quand même fou que lorsque l'on cherche à en avoir pour son argent, et donc à acheter au bon rapport qualité/prix en fonction de son budget, on soit assimilé à des théoriciens du complot qui refusent d'admettre que la merde qu'on leur vend très cher est aussi bien pour eux (ou pour d'autres) que la qualité qu'on leur vend à un prix bien plus juste...

    Ce que je sais par contre, c'est que le réparateur qui était venu réparer le Miele avait dit à mes parents que ce genre d'appareil, ça pouvait se garder à vie, que ça ne tombait pas souvent en panne, que ça se réparait facilement, avec des pièces disponibles tout au long de la vie du produit, et relativement peu onéreuses. Et ce que je sais aussi, c'est que l'appareil moins cher qui a duré bien moins longtemps, ben il n'y avait déjà plus de pièces pour le réparer, qu'il fallait commander un truc, essayer de l'adapter, et que l'onéreux devis présenté avoisinait le prix d'un modèle neuf.