• [^] # Re: oui, mais c'est quoi un MAM ?

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal L'homme orchestre, partie 1 : les casquettes. Évalué à 2.

    L'industrie de la production et de diffusion des médias, si on peut dire ça comme ça, est très vaste, parcellée de différents métiers, pratiques, cultures, de différents modèles de business, etc...

    On a commencé il y a bien longtemps par des silos en béton armés : le cinéma, la radio, le théâtre, la presse écrite.
    Puis est arrivée la télévision qui a commencé à mélanger les genres : mettre un tournage type cinéma dans un théatre, demander aux pros de la radio de prendre le son, et hop émettre un signal aux quelques riches qui pouvaient ce payer un poste de réception. Tout ceci était très expérimental : comment imaginer de faire de la télévision avant même l'invention du transistor...
    Et puis on a évolué, au rythme des lois, des idées, des normes, des technologies.
    Les métiers ont commencer à évoluer, les pratiques aussi. Depuis ça ne c'est jamais arrêté.

    Quand je suis né, la télévision était tout juste en couleur, produite et diffusé en analogique sur des tubes, le cinéma en pellicule, la radio tout juste en FM stéréo. Les transmissions satellites devenaient réalité pour la télé. La presse écrite était la référence pour l'information dans les radios et les télés.

    Quand j'ai eu ma formation pro, la télévision était produite et tout juste diffusée en numérique, on commençait à parler de HD. La radio travaillait depuis longtemps en numérique et on commençais à parler de sa diffusion en numérique. Le cinéma post-produisait de plus en plus en numérique. La presse écrite étudiait le modèle du gratuit payé par la pub.

    Aujourd'hui, on parle 4K, on grignote des fréquences TV pour de la téléphonie 4G, le cinéma est quasiment totalement en numérique, la radio installe des caméras pour faire des vidéo sur Youtube, la presse écrite à une "unité vidéo" dans chaque rédaction, on va au cinéma pour regarder de l'opéra...

    Et aujourd'hui on a tous l'équivalent d'une chaine de production et de diffusion de télé/cinéma/radio/presse écrite. dans sa poche.

    Alors oui, il y a de la casse. Comment imaginer que tout cela puisse ce produire, et aussi vite ? Un exemple : Sony. Ils ont fabriqué la télévision (1"C, Beta SP, Digital Betacam, et nombre de leurs moniteurs). Aujourd'hui, ils ont quasiment disparus. Merde ! J'ai été formé sur des équipements Sony, puis j'ai bossé après sur ces mêmes équipements. Et cette année j'ai du gérer deux grosses refontes dans une chaine de TV : Sony à totalement disparu. Il y a 10 ans, il aurai été omniprésent.

    Autre exemple : les formations. En 10 ans on est passé d'un profil électronique à un profil informatique réseau. Dans les métiers technique de la télévision il est aujourd'hui plus utile de savoir faire un ping qu'une soudure (surtout quand on cherche du boulot).

    Et d'un point de vue finances : si je dit Netflix ou Youtube, qui aurait plus penser qu'ils auraient existé sérieusement dans le paysage audiovisuel. Il y a 10 ans, l'un louait des DVD par correspondance et l'autre montrait des vidéos du singe qui se renifles les fesses. Et maintenant ? L'un produit de plus en plus de contenus "originaux" de qualité, et l'autre c'est imposé comme un acteur très sérieux et alternatif aux silos d'origine.

    Bref, on pourrait donner plein d'exemples, mais en conclusion, je dirais que l'évolution que l'on vit depuis les débuts de cette industrie n'est pas prêt de ralentir, et tout ceux qui ne s'y adaptent pas vont souffrir. Les exemples ne manque pas.