• [^] # Re: Financement de la presse et subventions

    Posté par . En réponse au journal « Merci Patron ! » au cinéma. Évalué à 5.

    Cette aide est d'autant plus néfaste qu'elle fausse la concurrence (ceux qui n'y ont pas droit sont nettement désavantagés, à la tête du client), qu'elle introduit un important lien de subordination de la presse à l'égard de l'État, et qu'elle permet à l'État d'avoir une influence considérable sur l'information diffusée, tout en faisant disparaître celle qui ne l'arrange pas, avec notamment des subventions arbitrairement distribuées, voire retirées, véritable condamnation à mort.

    Tout à fait. Le Diplo en a d'ailleurs fait les frais : il n'est pas sur la « liste » depuis deux ans, je crois. Tandis que Closer et Télé 7 Jours le sont...

    Et pour en revenir à ce que tu réclames, je n'ai pas l'impression que le pouvoir d'achat soit à ce point élevé en France pour que la majorité des gens puissent se permettre de payer encore une fois de leur poche ce que l'État a déjà financé sur leur dos, tout ça pour obtenir des informations « validées par le Système ». Aucun intérêt. Ce n'est pas pour rien qu'il y a un tel désintérêt depuis des années.

    Là par contre je pense que tu te trompes. Certes la situation n'est pas rose pour plein de gens, mais je pense qu'il y a énormément de possibilités de rééquilibrage des dépenses pour financer une presse libre, au dépend de plein d'autres choses merdiques qui ne sont pas essentielles à une démocratie. C'est juste que la manipulation de la publicité fait que les gens dépensent « mal » le peu qu'ils ont.

    Par contre, tu as raison, il faudrait que les médias soient totalement indépendants (et juridiquement blindés contre le Système / la finance), et cela passe exclusivement par un financement citoyen. Alors je propose que l'État rende aux gens ces sommes qu'il ponctionne et distribue gracieusement à leur place, et uniquement afin de servir ses intérêts ou ceux des puissants de qui il est à la botte, et que les gens décident d'eux-mêmes de les investir ou non dans tel ou tel média.

    Alors une manière de diriger tes impôts vers le média que tu choisis, c'est de faire des dons à travers « Presse et pluralisme », qui permet de déduire 66% des dons de tes impôts : https://www.donspep.caissedesdepots.fr/. C'est géré par la CDC. Certes ça n'est pas la panacée et c'est réservé à ceux qui payent l'impôt, donc pas les plus pauvres, mais bon, c'est mieux que rien.

    Et comme l'indépendance des médias ne pourrait se faire avec des annonceurs ou des financiers, je propose d'interdire la publicité dans leurs pages, ainsi que toute participation au capital de groupes financiers ou autres (un capital à 100% détenu par les employés, quelque chose du genre), et en contrepartie, que l'État offre un crédit (de sorte que même les ménages à faibles revenus en profitent) d'impôts plafonné pour tout abonnement à des titres de presse de notre choix.

    Ça par contre, le 100% sans pub, je serais à fond pour dans l'idéal, mais j'ai tellement abaissé mes objectifs que je ne l'imagine pas de manière réaliste. C'est trop dur comme combat. Le crédit d'impôt, c'est un peu ce que je décrivais ci-dessus : le mécanisme existe déjà en partie.

    Ainsi, ce serait le peuple qui déciderait de manière juste et équitable la manière dont les « subventions » seraient attribuées, à une presse indépendante, non soumise aux intérêts financiers ou politiques, et ce serait le peuple qui déciderait de quelles idées sont les idées majoritaires, et quelles sont celles qui ne l'intéressent absolument pas.

    Là oui, je serais heureux de m'abonner à une telle presse, et je me délecterais de ses pages.

    Oui, ça serait beau. Mais en attendant, il faut faire avec ce qu'on a... même si je n'ai toujours pas trouvé de titre de presse quotidienne qui vaille vraiment le coup.