• [^] # Re: Financement de la presse et subventions

    Posté par . En réponse au journal « Merci Patron ! » au cinéma. Évalué à 10.

    Je comprends bien le fonds de ta remarque, et je suis d'accord avec toi.

    Là où nos points de vue divergent, c'est dans le sens où l'État nous ponctionne déjà beaucoup pour reverser des sommes considérables à la presse écrite chaque année. L'air de rien, plus de 2,5 milliards d'€ en 5 ans, 500 millions d'euros par an !

    Cette aide est d'autant plus néfaste qu'elle fausse la concurrence (ceux qui n'y ont pas droit sont nettement désavantagés, à la tête du client), qu'elle introduit un important lien de subordination de la presse à l'égard de l'État, et qu'elle permet à l'État d'avoir une influence considérable sur l'information diffusée, tout en faisant disparaître celle qui ne l'arrange pas, avec notamment des subventions arbitrairement distribuées, voire retirées, véritable condamnation à mort.

    Je suis totalement opposé à ce fonctionnement, qui employé avec de mauvaises intentions pourrait fortement participer à la mise en place d'un totalitarisme.

    Et pour en revenir à ce que tu réclames, je n'ai pas l'impression que le pouvoir d'achat soit à ce point élevé en France pour que la majorité des gens puissent se permettre de payer encore une fois de leur poche ce que l'État a déjà financé sur leur dos, tout ça pour obtenir des informations « validées par le Système ». Aucun intérêt. Ce n'est pas pour rien qu'il y a un tel désintérêt depuis des années.

    Par contre, tu as raison, il faudrait que les médias soient totalement indépendants (et juridiquement blindés contre le Système / la finance), et cela passe exclusivement par un financement citoyen. Alors je propose que l'État rende aux gens ces sommes qu'il ponctionne et distribue gracieusement à leur place, et uniquement afin de servir ses intérêts ou ceux des puissants de qui il est à la botte, et que les gens décident d'eux-mêmes de les investir ou non dans tel ou tel média.

    Et comme l'indépendance des médias ne pourrait se faire avec des annonceurs ou des financiers, je propose d'interdire la publicité dans leurs pages, ainsi que toute participation au capital de groupes financiers ou autres (un capital à 100% détenu par les employés, quelque chose du genre), et en contrepartie, que l'État offre un crédit (de sorte que même les ménages à faibles revenus en profitent) d'impôts plafonné pour tout abonnement à des titres de presse de notre choix.

    Ainsi, ce serait le peuple qui déciderait de manière juste et équitable la manière dont les « subventions » seraient attribuées, à une presse indépendante, non soumise aux intérêts financiers ou politiques, et ce serait le peuple qui déciderait de quelles idées sont les idées majoritaires, et quelles sont celles qui ne l'intéressent absolument pas.

    Là oui, je serais heureux de m'abonner à une telle presse, et je me délecterais de ses pages.