• [^] # Re: tiens l'IGN essaie de faire du libre ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Sortie de iTowns v1.0 : framework web pour la donnée géographique 3D. Évalué à 10.

    Salut,

    iTowns concerne la production de logiciels, pas de données. Le jeu de donnée fourni par l'IGN, effectivement non-libre, ne sert qu'à des fins de démonstration. Vu la taille de la zone en question, l'intérêt de le mettre en libre est proche de zéro.

    De plus, le jeu de données est issu du véhicule Stereopolis, qui est est la plateforme de recherche de l'IGN pour les acquisition type "Street View". Il s'agit donc de données de recherche, et pas de données de production. L'IGN ne fait pas (encore) de production pour ce type de données. Il n'y a donc pas vraiment d'enjeu à ce stade de discuter de licence sur la data.

    Ensuite, le débat sur les licences de données IGN, le lien avec OSM, le modèle économique de l'Institut, ça fait déjà un moment qu'il existe et il n'est pas simple. Il y a de multiples articles et prises de position à ce sujet sur le net, assez faciles à trouver. Et on notera tout de même que les choses ont avancé sur divers sujets, notamment la BANO.

    Pour ce qui est de "le logiciel sans contenu ne sert à rien", c'est tout simplement faux. Si on regarde les types de données supportées par iTowns, on se rend compte qu'on peut tout à fait produire ses propres données, par exemple :

    • Avec des photos et de la photogrammétrie ( -> images orientées, nuages de points), avec prise de vue manuelle, drone, avion...
    • Vectoriel 2D à partir de n'importe quelle source SIG, y compris des données OSM
    • Meshes 3D : avec n'importe quel logiciel produisant du 3DS, ou avec de la reconstruction automatique
    • Nuages de points : par photogrammétrie ou avec un capteur LIDAR ( terrestre ou aéroporté)
    • Panoramas : avec des appareils photos classique et des outils idoines, ou des capteurs type "Ladybug"

    La production de ces données n'est pas forcément simple, les workflows peuvent être complexes, mais ce n'est pas l'objet du logiciel en question, qui est par ailleurs orienté vers une mise en place par des personnes du métier ( photogrammétrie, LIDAR, SIG, 3D).

    Mais c'est bien l'intérêt du framework de pouvoir être utilisé avec d'autres données que celles de l'IGN. Il reste encore des efforts à faire en développement pour le rendre encore plus générique, mais c'est en cours.
    C'est donc tout à fait utilisable "dans OpenStreetMap" si tant est que cela veuille dire quelque chose.

    Concernant les logiciels libres de façon générale, l'IGN a bien une démarche en ce sens, utilisé et intègre des composants libres dans ses architectures, en production, en recherche et en enseignement ( PostGIS, QGIS, GeoServer...). L'institut finance donc directement et indirectement des projets. et produit un certain nombre d'outils en propre :

    On peut citer MicMac, Rok4, des contributions dans PostGIS...

    Alors oui, on peut être éternellement déçu, mais je pense qu'il faut savoir reconnaître les avancées et les initiative vers le libre quand elles sont avérée.