Je ne sais pas, que fallait-il prouver ? Mon message était autant une réponse au tien qu'à celui de ketchupenz.
Ce dernier prétend que le néo-libéralisme provoquera violence et misère (il aurait pu aussi parler de l'ultra-turbo-néo-libéralisme, ça en jette plus), pour ensuite critiquer des comportements qu'il reconnaît ne pas être du libéralisme (effectivement c'est du capitalisme de connivence, ce qui n'est pas libéral), et enfin conclure que le libéralisme est de la fumisterie. J'ai du mal à suivre la cohérence du propos.
Ensuite, pour ta part, tu soutiens que le libéralisme a toujours pour effet de renforcer le pouvoir des puissants. Jouant sur ton « autant que je me souvienne », je contre-argumente sur un discours de 1849 (au passage, son amendement a été rejeté) pour montrer qu'un libéral ne cherche pas à renforcer le pouvoir des puissants. Je dirais même plus : si une mesure vise à renforcer le pouvoir d'une partie de la population sur une autre, alors on peut en conclure sans hésitation que cette mesure n'est pas libérale. Les libéraux recherchent en tout point l'égalité des droits et de devoirs de tous devant la loi, et font l'apologie du modèle du bazar sur celui de la cathédrale. ;-)
Le problème est qu'en France, comme l'a dit lelama, ce terme est assimilé à capitalisme de connivence, ploutocratie, népotisme, loi de la jungle... Si tu penses que le MEDEF est une association de libéraux, alors tu te trompes sur le contenu de la doctrine libérale. Ainsi dans l'introduction de son ouvrage pulp libéralisme, la tradition libérale pour les débutants, Daniel Tourre écrit :
Être libéral en France, c'est un peu comme être un robot mutant avec des tentacules métalliques. C'est mal vu dans les soirées entre amis ou dans les dîners entre gens bien.
C'est assez injuste.
Les robots mutants n'ont pas eu une influence déterminante dans la rédaction des Droits de l'Homme de 1789.
Les robots mutants n'ont pas contribué aux théories économiques qui ont permis un recul de la misère sans précédent dans l'histoire de l'humanité.
Les robots mutants ne s'appuient pas sur un droit permettant d'échanger avec nos semblables en respectant leur autonomie.
Les robots mutants n'ont pas été les adversaires les plus résolus des deux grands totalitarismes du XXe siècle.
La lecture de ces 36 poncifs antilibéraux vous permettra de discuter avec un libéral à la prochaine soirée sans lui parler de son vaisseau spatial ou de pinces hydrauliques.
La DDHC de 1789 fait partie du préambule de notre constitution, et les libéraux ne transigent pas sur les deux premiers articles qui sont :
Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.
Pour conclure, et revenir sur les progrès sociaux et le libéralisme, je citerai cet article :
Il est nécessaire de préciser que ce sont les libéraux qui sont à l’origine des progrès sociaux dans notre pays. Passons brièvement en revue deux cent ans d’apports du libéralisme au social : rémunération par un salaire, protection sociale, caisses d’épargne, droit de grève, liberté du travail, liberté d’association, droit de coalition, interdiction du travail des enfants , lois sur la durée du travail, loi et assurance sur les accidents de travail, instruction des ouvriers, etc.
Pour nous recentrer sur les syndicats, ce sont bien les libéraux qui sont à l’origine du droit de coalition. Ils s’en prirent très tôt à la loi Le Chapelier. Ainsi le 17 novembre 1849 Frédéric Bastiat intervint à l’assemblée dans son Discours sur la répression des coalitions industrielles. Quinze ans plus tard Emile Ollivier fut le rapporteur de la loi du 25 mars 1864 qui abolit le délit de coalition. En 1867 la loi reconnut la liberté des réunions publiques à condition qu’on n’y traitât ni politique ni religion mais économie et social. Dès 1876 Edouard Lockroy déposait une première proposition de loi concernant la liberté syndicale « visant à reconnaître aux syndicats professionnels le droit de se constituer librement et d’obtenir la personnalité civile sans autre formalité que le dépôt de leurs statuts auprès d’une administration publique » . Il fallut huit ans pour que cette proposition devienne la loi du 21 mars 1884 grâce à un autre libéral, Waldeck-Rousseau, alors ministre de l’intérieur. En ce qui concerne les conventions collectives on les retrouve dans la proposition de Lockroy de 1876. Cela ne fut pas repris dans la loi de 1884 mais fit l’objet d’un important projet de loi en 1906 par Gaston Doumergue, libéral lui aussi. Ce n’est toutefois que le 25 mars 1919 que les conventions collectives reçurent une définition légale.
Je ne vois toujours pas, dans ces combats, où se trouvent la volonté de « renforcer le pouvoir des puissants ».
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Incitation au troll
Posté par kantien . En réponse au journal Projet de loi français El Khomri. Évalué à 2. Dernière modification le 23 février 2016 à 17:10.
Je ne sais pas, que fallait-il prouver ? Mon message était autant une réponse au tien qu'à celui de ketchupenz.
Ce dernier prétend que le néo-libéralisme provoquera violence et misère (il aurait pu aussi parler de l'ultra-turbo-néo-libéralisme, ça en jette plus), pour ensuite critiquer des comportements qu'il reconnaît ne pas être du libéralisme (effectivement c'est du capitalisme de connivence, ce qui n'est pas libéral), et enfin conclure que le libéralisme est de la fumisterie. J'ai du mal à suivre la cohérence du propos.
Ensuite, pour ta part, tu soutiens que le libéralisme a toujours pour effet de renforcer le pouvoir des puissants. Jouant sur ton « autant que je me souvienne », je contre-argumente sur un discours de 1849 (au passage, son amendement a été rejeté) pour montrer qu'un libéral ne cherche pas à renforcer le pouvoir des puissants. Je dirais même plus : si une mesure vise à renforcer le pouvoir d'une partie de la population sur une autre, alors on peut en conclure sans hésitation que cette mesure n'est pas libérale. Les libéraux recherchent en tout point l'égalité des droits et de devoirs de tous devant la loi, et font l'apologie du modèle du bazar sur celui de la cathédrale. ;-)
Le problème est qu'en France, comme l'a dit lelama, ce terme est assimilé à capitalisme de connivence, ploutocratie, népotisme, loi de la jungle... Si tu penses que le MEDEF est une association de libéraux, alors tu te trompes sur le contenu de la doctrine libérale. Ainsi dans l'introduction de son ouvrage pulp libéralisme, la tradition libérale pour les débutants, Daniel Tourre écrit :
La DDHC de 1789 fait partie du préambule de notre constitution, et les libéraux ne transigent pas sur les deux premiers articles qui sont :
Pour conclure, et revenir sur les progrès sociaux et le libéralisme, je citerai cet article :
Je ne vois toujours pas, dans ces combats, où se trouvent la volonté de « renforcer le pouvoir des puissants ».
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.