J'ai l'impression que les gens qui ont des difficultés en orthographe défendent bec et ongles cette réforme. On peut les comprendre, l'orthographe est un marqueur social puissant, et un défaut de maîtrise est fortement préjudiciable. Mais est-il bien réaliste de vouloir réformer la langue par l'intermédiaire du journal officiel ? Cela complique à mon sens le travail de l'instituteur, qui devra désormais apprendre et connaître plusieurs écritures pour de multiples mots, à un âge où ses connaissances sont fossilisées, au risque d'induire en erreur ses élèves. Élèves qui n'aiment guère le flottement : à l'école primaire, une vérité unique est plus que suffisante. Si on veut réformer la langue en profondeur par ce biais, les instituteurs seront noyés. Si on ne veut changer que quelques mots, on ne simplifiera pas grand chose au final. Quel intérêt ?
Bien avant le législateur, l'évolution des langues obéit a un simple commandement : "l'usage fait la règle". C'est ainsi que des fautes de français (après que + subjonctif, par exemple), de guère lasse, finissent par entrer dans le dictionnaire et reléguer les usages précédents aux oubliettes, sous les cris d'orfraie des puristes, parfois même au détriment de la logique ; et c'est ainsi que la langue évolue. N'est-ce pas là une revanche suffisante pour les cancres de la dictée ?
# Est-ce bien réaliste ?
Posté par Lapinot (site web personnel) . En réponse au journal Non aux réformes de l’orthographe !. Évalué à 2.
J'ai l'impression que les gens qui ont des difficultés en orthographe défendent bec et ongles cette réforme. On peut les comprendre, l'orthographe est un marqueur social puissant, et un défaut de maîtrise est fortement préjudiciable. Mais est-il bien réaliste de vouloir réformer la langue par l'intermédiaire du journal officiel ? Cela complique à mon sens le travail de l'instituteur, qui devra désormais apprendre et connaître plusieurs écritures pour de multiples mots, à un âge où ses connaissances sont fossilisées, au risque d'induire en erreur ses élèves. Élèves qui n'aiment guère le flottement : à l'école primaire, une vérité unique est plus que suffisante. Si on veut réformer la langue en profondeur par ce biais, les instituteurs seront noyés. Si on ne veut changer que quelques mots, on ne simplifiera pas grand chose au final. Quel intérêt ?
Bien avant le législateur, l'évolution des langues obéit a un simple commandement : "l'usage fait la règle". C'est ainsi que des fautes de français (après que + subjonctif, par exemple), de guère lasse, finissent par entrer dans le dictionnaire et reléguer les usages précédents aux oubliettes, sous les cris d'orfraie des puristes, parfois même au détriment de la logique ; et c'est ainsi que la langue évolue. N'est-ce pas là une revanche suffisante pour les cancres de la dictée ?