• [^] # Re: Souveraineté numérique ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Un système d’exploitation français pour la souveraineté numérique. Évalué à 5.

    Bien sûr qu'il y a des choses communes, mais pas suffisamment !

    Je précise, j'ai n'ai lu l'article de ton lien qu'en diagonale. Il est relativement long, intéressant, mais assez peu historique finalement, puisqu'il s'agit plus d'une synthèse à mon avis. D'autant qu'il se base principalement sur l'époque moderne (et insiste beaucoup sur le marché comme vecteur de communication trans-national à échelle européenne), c'est un peu court de vue à mon sens.

    Du coup je me base principalement sur que je sais déjà à priori.
    Ce que je vois de commun est principalement l'influence de Rome (la loi, le droit, la notion d'état), la Grèce Athénienne (le dèmos, la philosophie, l'algèbre, etc...), dont l'Europe tire son nom et la chrétienté.

    Premièrement Rome, beaucoup de choses à dire, mais il suffit de voir une carte de Rome a son apogée et l'on voit qu'il s'agissait d'un empire Méditerranéen et non pas Européen.
    Rome, après son effondrement a disparu du Maghreb avec l'apparition de l'Islam, est resté présent en Orient jusqu'à la chute de Constantinople, tandis qu'il a gardé une grande influence en Occident puisque les principaux monarques du haut moyen âge se voulaient les continuateurs de Rome (principalement Clovis et bien sûr Charlemagne).
    Hors après la division de l'empire, il y a déjà une rivalité Franco/Germanique qui se fait jour rapidement, pour savoir qui allait diriger re-créer l'empire.
    Jusqu'à la bataille de Bouvines de 1214 qui (a mon avis) met un terme définitif aux prétentions germaniques de régner sur la France.

    Si Philippe Auguste avait perdu la bataille, peut être que l'occident aurait été aujourd'hui uni, puisque les règles d'héritages saliques qui ont conduits à la division de l'empire avaient disparues.
    Hors l'histoire en a décidé autrement. Et contre toute attente d'ailleurs parce que le roi de France avait numériquement une armée largement plus faible qu'en face, et qu'il a survécu à la bataille in-extrémis...

    Pour finir sur Rome, il faut quand même insister que son influence a été forte sur l'Ouest du contient, mais beaucoup plus faible à l'Est, hors l'UE cherche à s'étendre sur des territoires dans lequel cette influence a été quasi nulle.

    Concernant la Grèce antique, c'est plus délicat, car l'influence a été persistante (avec même un retour en force avec l'humanisme de la renaissance mais surtout le mouvement des lumières au 18e siècle.
    Mais elle n'est pas unificatrice, dans le sens où philosopher et faire de la science ne relie pas les gens comme peut par exemple le faire une religion ou éventuellement un état.

    On en vient à la chrétienté, qui, comme je l'a dit dans le premier message est plutôt mal en point.
    Une large partie de la population est athée ou a minima agnostique (moi notamment) et divisée (entre orthodoxie, catholicisme, protestantisme/calvinisme, et autres mouvements plus ou moins sectaires apparus au XIX/XXe siècle, témoins de Jéhovah, scientologie, etc...)
    D'autant que l'UE, à l'image de nos chers gouvernements ont une sainte horreur de la chrétienté (en 2011 la commission avait publié un calendrier dans lequel ne figurait aucune fête chrétienne, mais avec des dates musulmanes, juives et même hindoues !), et en particulier du catholicisme, qui fut pendant longtemps le principal rempart au libéralisme économique.
    Mais même aujourd'hui, si le catholicisme (par je ne sais quel miracle) remontait la pente, ça remettrait en cause bon nombre de doctrines modernes et en particulier le libéralisme, bref tout ce sur quoi se base l'UE.

    Le problème, c'est que l'Europe est à l'image de la répartition des langues, elle est morcelée, et même si à droite ou a gauche on retrouve des choses communes, par exemple des mots communs ou proches entre le français et l'italien, ça ne veut pas dire qu'ont peut mélanger les deux langues.
    On peut conceptuellement l'imaginer, mais ça m'étonnerait que le le résultat soit harmonieux.

    Ben l'UE c'est pareil, sauf qu'en l’occurrence il y a 28 pays (dont certains sont eux même des composites et c'est déjà source de problèmes, genre la Belgique) !
    D'autant que ce qu'on peut trouver de commun à l'ouest n'est généralement pas la même chose à l'est.

    Bref une vrai quadrature du cercle.