• [^] # Re: les élites

    Posté par . En réponse au journal Pour un renouveau démocratique. Évalué à 2.

    La création d'outils est certainement une bonne chose, et je suis évidemment d'accord avec cette initiative (dans le pire des cas, on crée des outils qui, selon moi, sont inutiles, mais cela n'est pas un mal).
    Mais il faut aussi définir à quoi vont servir et comment vont être utilisé ces outils.

    Par exemple, je préférerais des outils qui facilitent la surveillance et l'interaction avec les représentants et la communication aux citoyens à des outils qui sont conçus dans l'idée que le système doit être une démocratie plus directe, avec un rôle de représentant qui perd de sa valeur vu que le nombre de représentants devient grand. (d'ailleurs, de tels outils existent déjà en partie)
    (car je trouve qu'il y a des éléments qui font qu'un système représentatif a des avantages)
    Certaines propositions du journal ci-dessus vont dans ce sens, d'autres moins, et du coup, c'est difficile de savoir la direction globale du projet.

    Un élément qui revient parfois lorsqu'on parle des responsabilités des citoyens, c'est l'excuse que jouer correctement son rôle de citoyen est difficile, et cela expliquerait que le citoyen se désintéresse de la politique.
    Mais il y a deux remarques que je veux faire là-dessus:

    1) quand on regarde les faits, ce n'est pas vrai que c'est uniquement la difficulté du système qui explique le désintérêt du citoyen. Par exemple, en Belgique, les universités organisent des assemblées d'étudiants qui sont impliqués dans les décisions concrètes. C'est très transparent, direct, si un étudiant veut interagir avec les membres de cette assemblée, c'est très facile pour lui, et cette assemblée a un réel pouvoir de décision sur des actions qui ont des conséquences concrètes sur les étudiants. Pourtant, le taux de participation à ces élections est très faible.

    2) en plus de la complexité naturelle à gérer des règles très précises pour des cas très particuliers en tenant compte de tout les aspects, le fonctionnement du système implique que la tâche soit ingrate. En démocratie, on se retrouve rapidement avec des gens prônant des solutions différentes, ce qui implique qu'il y aura toujours quelqu'un pour ne pas être d'accord et qu'il y aura toujours des décisions qui seront prises à l'encontre de nos efforts. En d'autres termes: si le système fonctionne bien, les efforts d'un citoyen impliqué seront en majorité au final des échecs.

    conclusion du point 1: il ne faut pas négliger que certains citoyens ne font pas leur travail citoyen non pas parce qu'il n'y a pas d'outil ou parce qu'il a l'impression qu'il n'a pas d'accès au pouvoir, mais simplement parce qu'il n'est pas intéressé.

    conclusion du point 2: même si on crée des outils, la tâche ne sera jamais simple. Peut-être que la situation actuelle est déjà très simple et que la barrière n'est pas la complexité de participation, mais c'est le fait que participer est en soi très frustrant.

    C'est 2 éléments ne peuvent pas être réglé avec des outils.