• [^] # Re: Travail admirable

    Posté par . En réponse à la dépêche Joyce Reynolds est morte :-(. Évalué à -1.

    J'ai traité ce cas ...

    Je ne comprends ce que tu veux dire.
    Ce que je dis, c'est que, si je dis "une victime de viol", je vais parfois me tromper, mais si je dis "un victime de viol", je ne vais JAMAIS me tromper, car je ne peux utiliser "un victime" QUE quand la victime est de sexe masculin.
    Voilà pourquoi l'usage de la féminisation est utile: il permet de rendre visible la vrai proportion.

    Sauf qu'un préjugé ne se combat pas avec la grammaire mais avec la diffusion de la vérité.

    Justement, dire "une victime" est ambigu: on ne peut pas reprocher à quelqu'un de croire que c'est une femme, vu que si c'était une femme, on aurait dit "une victime". Donc, on se retrouve avec quelqu'un qui retient l'information: la victime est une femme, alors que ce n'est pas la vérité.
    Si j'utilise "un victime", alors, tout le monde va comprendre la vérité.

    Si 2) est exact, 1) est faux ou en tout cas non-suffisant.

    La médecine est un cas assez intéressant. L'a priori sur les métiers féminins, ce sont les métiers "de soin", où l'individu est compassionné, au service de l'autre, ... Sur base de cet a priori, la médecine devrait être à 90% féminins (et c'est par exemple le cas des infirmières).
    Par contre, le métier de docteur est également un métier a haute valeur sociale (c'est un notable). Du coup, les femmes ont longtemps été explicitement écartées de ce secteur.
    Au final, si on a aujourd'hui 50/50, c'est peut-être que le préjugé "valeur social" est moins puissant aujourd'hui que ne l'est le préjugé "soin = femme".

    Qu'on se représente intuitivement un homme pour tel ou tel métier ne peut donc en aucun cas se traduire automatiquement par « je pense inconsciemment que les femmes n'ont pas leur place dans cette profession », c'est plus complexe.

    Je pense que les effets inconscients provoquent aujourd'hui plus souvent de conséquences injustes.
    À l'heure actuelle, le métier que tu effectues est le résultat de la façon dont les profs ont jugés ton travail, la façon dont ton employeur t'a perçu lors de ton entretien d'embauche, la façon dont ton employeur et tes clients ont jugé la performance de ton travail.
    À tout ces moments, on peut avoir des effets.
    Au final, un type qui dit: "je ne pense pas qu'une femme peut être docteur", ça n'a pas un effet très important, vu que la grande majorité des gens ne pense pas ça.
    Par contre, le fait qu'une femme qui aurait bien été docteur ne le devienne pas parce qu'elle s'est dit qu'elle serait plus à l'aise en infirmerie, ou parce que le prof, qui n'était pas du tout surpris de la voir en classe, a considéré que le travail du type qui ressemble à l'image du parfait docteur était a priori un tout petit peu meilleure que le sien (j'avais lu une étude israélienne qui disait que c'était le cas en math), ou ...
    Je pense que le sexisme "non systémique" a un effet cumulatif au final plus important que le sexisme "de beauf", qui, lui, fait au final plus de tort à celui qui le fait (si tu dis "une femme ne peut pas être docteur" en public, tu vas passer pour un con).