• [^] # Re: rest in peace

    Posté par . En réponse à la dépêche In memoriam : Ian Murdock (1973-2015). Évalué à 6.

    Cf http://perens.com/blog/2015/12/31/ian-murdock-dead/
    « To those of you who blame the police he encountered twice before his suicide: not this time. Ian died a victim of mental illness.

    L'auteur de ce blog était brouillé avec Ian Murdock et l'avait licencié. Même s'il lui cire les pompes (funèbres), il n'a aucune crédibilité lorsqu'il conclut qu'il est mort d'une maladie mentale. Personne d'autre ne semble avoir écrit à propos de cette maladie avant et Bruce Perens ne précise d'ailleurs pas laquelle. Dans un autre de ses articles, il affirme que beaucoup de programmeurs sont des autistes, surtout dans l'open-source. Ça passe mieux en disant qu'il s'était offusqué de cette affirmation mais que c'est les programmeurs eux-mêmes qui lui ont confirmé qu'ils étaient autistes.

    Ses derniers tweets ne sont ni bizarres, ni incohérents. J'y lis de la colère, de l'impuissance et de l'incompréhension, des propos caractéristiques d'un trouble de stress post-traumatique, une maladie mentale ou plutôt une blessure psychologique causé par un évènement traumatisant. Cet excellent article de Daniel Pocock donne une bien meilleure analyse du discours de la police et de ce qui a pu se passer. Extraits choisis traduits :

    Le rapport [de la police] parle de quelqu'un (sans suggérer qu'il s'agissait de Ian) "qui essayait d'entrer par effraction dans une résidence". Traduisons ce jargon de relations publiques en anglais : on est à la saison des fêtes stupides, ou les gens boivent quelques bières et font des choses stupides comme perdre leur clefs. "une residence", ou juste leur propre maison peut-être ? Peut-être quelque hôte AirBNB arrivé tard, irritant des voisins ronchons ? Est-ce que les choix des mots rend le mobile tellement criminel ? Personne ne sait l'histoire complète et personne ne sait si c'était Ian, donc des bribes d'informations comme celle-ci sont inapropriées, particulièrement lorsque quelqu'un est décédé.

    Est-ce qu'ils ont vraiment essayé de laisser l'impression aux gens qu'un des plus grands visionnaires du monde Linux était aussi un cambrioleur ? [...]

    Le rapport dit que les officiers n'ont en fait pas trouvé Ian d'entrer par effraction, ils l'ont recontré au coin d'une rue adjacente. S'il avait eu des armes ou de la drogue ou qu'il avait été connu des services de police, cela aurait sans aucun doute souligné. Est-il juste de se précipiter et de priver quelqu'un de sa liberté sans lui donner d'abord l'opportunité de donner son identité et de possiblement confirmer qu'il a une raison d'être là ?

    Le rapport continue, "il était bagareur", "il est devenu violent", "se frappant la tête" de lui-même. Voyez-vous souvent des gens riches et intelligents comme Ian Murdock s'automutiler spontanément de la sorte ? [...]

    Comme l'écrivent Ian Murdock et Daniel Pocock, ça peut arriver à n'importe qui, même en étant un homme blanc et éduqué. Il y a 5 ans, dans un pays européen très bien classé pour son respect des droits de l'Homme, je me suis fait arrêté car (削除) je (削除ここまで) ma nationalité dérangeait la banque où je voulais déposer du liquide sur mon compte avec la carte d'identité spécifié sur le contrat. Comme je ne comprenais pas, j'ai appelé le service client qui m'a donné le numéro de téléphone d'un directeur régional. Les agents de sécurité m'ont alors saisi (j'étais assis), sorti de la banque (la banque décline donc toute responsabilité), plaqué au sol, menotté et enfermé dans une petite pièce pendant plus d'une heure. Mon journal d'appel a été effacé et mon téléphone bloqué. J'ai ensuite été conduit à la police où j'ai eu une amende. L'officier de police a refusé d'écrire ma version des faits et je n'ai pas eu le droit de signer le procès-verbal bien que j'en ai fait la demande.

    L'équivalent de la Halde a conclu a une discrimination directe avec une atteinte grave à la dignité humaine. En revanche, la police, le procureur et le tribunal de première instance ont essayé d'empêcher l'affaire d'être jugée (déjà deux jugements de la cour d'appel).

    J'ai eu la chance de ne pas m'auto-mutiler en me frappant la tête contre un radiateur mais j'ai quand même eu besoin d'un suivi psychologique, d'anxiolytiques et d'anti-dépresseurs pendant plusieurs années et j'ai encore peur quand je vais acheter mon pain.

    Comme il vaut mieux prévenir que guérir :

    1. Toujours avoir les coordonnées (削除) d'un (削除ここまで) de plusieurs avocats sur soi (Dans mon cas, le consulat m'a dit ne pas connaître d'avocats, Français on est pas aidés)
    2. Rester très très calme (ça, j'ai réussi)
    3. Savoir comment gérer une garde à vue
    4. Si vous avez des troubles de stress post-traumatique (il y a pleins de tests sur internet et ça s'applique à n'importe quel évènement traumatisant), allez voir un psychiatre/psychologue EMDR. C'est super efficace mais il faut le faire le plus rapidement possible après l'évènement. En pratique, un proche devrait prendre le rdv et vous y conduire (une personne traumatisée ne sait pas ce qu'elle doit faire et la peur de repenser à l'évènement peut empêcher d'y aller) et venir vous chercher (impossible de conduire pendant une heure après la séance).

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