• # PKIX et édition scientifique, même combat

    Posté par . En réponse au journal SSL EV, étendue oui, validation euh.... Évalué à 10.

    ça n'a pas l'air pire que les revues scientifiques

    Marrant que tu dises ça, j’ai toujours pensé que le monde de l’édition scientifique était pourri et n’offrait pas ce qu’on attendait de lui, et maintenant que j’y pense, je me demande si ce n’est pas pour les mêmes raisons qui font que le système PKIX est pourri et n’offre pas ce qu’on attend de lui...

    • Les autorités de certification prétendent se livrer à des vérifications sérieuses avant de délivrer un certificat. De même, certains éditeurs prétendent faire de la « revue par les pairs » (peer review) alors qu’il est évident à voir certains papiers qu’ils n’ont jamais été relu par quiconque, encore moins un « pair » spécialiste du sujet — sinon comment expliquer qu’on puisse publier des articles ouvertement bidons générés par un pipotron ?

    • Il n’est pas dans l’intérêt des CA de refuser un certificat à un client. De même, il n’est pas dans l’intérêt des éditeurs de rejeter un papier. Je veux croire que ce n’est pas le cas des éditeurs « sérieux », mais c’est clairement le cas de la tripotée d’éditeurs douteux qui ont vu le jour ces dernières années, qui en surfant sur la vague de l’Open Access acceptent en pratique tout ce qu’on leur soumet (predatory publishers).

    • Même les plus grosses CAs (Comodo, Verisign, etc.) ne sont pas irréprochables. Même les éditeurs historiques prestigieux n’hésitent pas à fouler le principe de la relecture par les pairs, comme lorsque Nature Publishing a publié l’histoire des « STAP stem cells » contre l’avis des relecteurs pour qui les données expérimentales étaient insuffisantes pour soutenir les conclusions.

    • Le business des CA ne souffre manifestement pas des différentes révélations montrant qu’elles ne sont pas dignes de confiance. De même, les éditeurs historiques conservent tout leur prestige (demandez à n’importe quel chercheur s’il ne voudrait pas voir son prochain papier publié dans Nature ou Science...), sans être affectés par les cas révélant les faiblesses du système.

    • Les mécanismes de révocation (CRLs, OCSP) sont largement inopérants. De même, les rétractions d’articles scientifiques passent largement inaperçues, et les papiers rétractés sont encore cités comme si de rien n’était. (Le meilleur exemple — ou le pire, question de point de vue — est probablement celui du papier qui prétendait démontrer un lien entre autisme et vaccination, que les anti-vaccinations continuent de brandir longtemps après que personne n’a pu répliquer les résultats et même après que le caractère frauduleux du papier a été établi.)