Cliché ! La «population musulmane», elle défend forcément tous les pays du Moyen-Orient (alors que majoritairement, je pense ne pas me tromper en disant qu'elle est plutôt originaire du Maghreb), et quand on est pas musulman, on veut forcément aller taper au Moyen-Orient.
Dans l'islam, le monde est divisé en deux.
D'un côté il y a le Dar al-Islam (domaine de la soumission à Dieu), qui désigne le monde musulman, où s'applique la charia, ainsi que les pays à majorité musulmane ou gouvernés par des musulmans.
De l'autre, il y a le Dar al-Harb (domaine de la guerre), qui concerne le reste donc, où l'Islam reste à apporter par la guerre — qu'elle soit militaire ou religieuse —, la finalité théologique de l'islam étant d'être étendu au monde entier.
Les musulmans font partie de la Oumma, une communauté qui regroupe tous les musulmans du monde, sorte de nation islamique.
Ça c'était pour le contexte.
Maintenant, pour en revenir au sujet, oui des maghrébins (ou d'origine maghrégine) engagés dans l'armée française ont refusé d'aller combattre des musulmans. Certains se sont même livrés à des actes de mutinerie.
En juin 1999, le journal L’humanité se faisait l’écho d’une mutinerie à bord du porte avion Foch. Dans la Marine, les officiers n’oublieront pas de si tôt la mutinerie de 1999 à bord du porte-avions Foch. Une soixantaine d’engagés volontaires, tous de parents maghrébins, avaient pris en otage leur officier. Après s’être retranchés 2 jours dans la cafétéria du porte-avions, ils avaient dû être délogés par un commando de fusiliers-marins. Ces « beurs » réagissaient contre une punition collective infligée à la suite d’une rébellion survenue lors d’une mission au large de la Yougoslavie au cours de laquelle les Super-Etendards avaient effectué des frappes sur le Kossovo considéré par les recrues musulmanes comme un sanctuaire islamique.
Dans le Monde Diplomatique, en septembre 2001, on apprend sous la plume de Karim Bourtel qu'un rapport du Ministère de la Défense de janvier 2007 évoque « l’attitude intransigeante et revendicative tournant à la provocation » des JFOM (jeunes Français d’origine maghrébine) et de "la surdélinquance au sein même de leur régiment». (...) Les JFOM commettent 3,5 fois plus de désertions, 6 fois plus de refus d’obéissance, 6 fois plus d’outrages à supérieurs et 8 fois plus d’insoumission
En janvier 2009, sur France 2, Jean-Dominique Merchet, alors responsable des questions de défense à Libération, soulevait que des engagés volontaires de l’armée de terre (EVAT) ont exprimé, en 2008, le souhait de ne pas partir en opérations extérieures « pour des raisons confessionnelles », reconnait l’état-major interrogé par Secret-Défense. Il s’agit de jeunes musulmans qui ne voulaient pas aller combattre d’autres musulmans en Afghanistan.
En mars 2015, Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des questions islamiques, disait dans Le Monde des religions : "Sur le porte-avion Charles de Gaulle, par exemple, on compte trois cents musulmans sur un équipage de trois mille. C'est une proportion que l'on retrouve dans le reste de l'armée. Il suffit de compter le nombre d'aumôniers musulmans pour s'en rendre compte. Cependant, on assiste à l'essoufflement de l'islam traditionnel, « l’islam des grands-parents », perçu par les autorités françaises comme « l'islam des modérés » ".
S'y rajoute le retour précipité de l'opération Harmattan en Lybie du porte-avions Charles de Gaulle, officiellement pour une remise à niveau technique à Toulon, officieusement afin d'éviter une mutinerie, plusieurs actes de sabotages ayant été effectués par une part de l'équipage, « hostile à la politique et aux ordres de Nicolas Sarkozy ». Etc.
Je ne dis pas que tous les musulmans refuseront de faire une guerre justifiée à une autre pays musulmans, mais il est parfaitement légitime de se poser la question, d'autant plus qu'elle s'est imposée d'elle-même au regard d'événements ayant réellement eu lieu, et contredisant tes affirmations.
Pour des raisons évidentes, la défense nationale ne peut pas se permettre de tolérer la présence d'une « cinquième colonne ». Jusqu'à présent, la seule réponse apportée à ce problème a été l'engagement d'une procédure disciplinaire à l'encontre de militaires qui ont refusé de partir en opération, ce qui a éventuellement abouti à la rupture de leur contrat. C'est tout, et très loin d'être généralisé à ce que j'en sais.
Toujours est-il que si cela pose un problème de défense nationale, j'imagine que ça doit également poser un problème de souveraineté nationale d'un point de vue politique. Et un vrai casse-tête (en tout cas une discussion dans laquelle je ne souhaite pas m'engager) pour ne pas faire des citoyens musulmans de sous-citoyens.
[^] # Re: Le tirage au sort
Posté par Foutaises . En réponse au journal De la démocratie et des systèmes de vote. Évalué à -2. Dernière modification le 21 décembre 2015 à 01:13.
Dans l'islam, le monde est divisé en deux.
D'un côté il y a le Dar al-Islam (domaine de la soumission à Dieu), qui désigne le monde musulman, où s'applique la charia, ainsi que les pays à majorité musulmane ou gouvernés par des musulmans.
De l'autre, il y a le Dar al-Harb (domaine de la guerre), qui concerne le reste donc, où l'Islam reste à apporter par la guerre — qu'elle soit militaire ou religieuse —, la finalité théologique de l'islam étant d'être étendu au monde entier.
Les musulmans font partie de la Oumma, une communauté qui regroupe tous les musulmans du monde, sorte de nation islamique.
Ça c'était pour le contexte.
Maintenant, pour en revenir au sujet, oui des maghrébins (ou d'origine maghrégine) engagés dans l'armée française ont refusé d'aller combattre des musulmans. Certains se sont même livrés à des actes de mutinerie.
En juin 1999, le journal L’humanité se faisait l’écho d’une mutinerie à bord du porte avion Foch. Dans la Marine, les officiers n’oublieront pas de si tôt la mutinerie de 1999 à bord du porte-avions Foch. Une soixantaine d’engagés volontaires, tous de parents maghrébins, avaient pris en otage leur officier. Après s’être retranchés 2 jours dans la cafétéria du porte-avions, ils avaient dû être délogés par un commando de fusiliers-marins. Ces « beurs » réagissaient contre une punition collective infligée à la suite d’une rébellion survenue lors d’une mission au large de la Yougoslavie au cours de laquelle les Super-Etendards avaient effectué des frappes sur le Kossovo considéré par les recrues musulmanes comme un sanctuaire islamique.
Dans le Monde Diplomatique, en septembre 2001, on apprend sous la plume de Karim Bourtel qu'un rapport du Ministère de la Défense de janvier 2007 évoque « l’attitude intransigeante et revendicative tournant à la provocation » des JFOM (jeunes Français d’origine maghrébine) et de "la surdélinquance au sein même de leur régiment». (...) Les JFOM commettent 3,5 fois plus de désertions, 6 fois plus de refus d’obéissance, 6 fois plus d’outrages à supérieurs et 8 fois plus d’insoumission
En janvier 2009, sur France 2, Jean-Dominique Merchet, alors responsable des questions de défense à Libération, soulevait que des engagés volontaires de l’armée de terre (EVAT) ont exprimé, en 2008, le souhait de ne pas partir en opérations extérieures « pour des raisons confessionnelles », reconnait l’état-major interrogé par Secret-Défense. Il s’agit de jeunes musulmans qui ne voulaient pas aller combattre d’autres musulmans en Afghanistan.
En mars 2015, Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des questions islamiques, disait dans Le Monde des religions : "Sur le porte-avion Charles de Gaulle, par exemple, on compte trois cents musulmans sur un équipage de trois mille. C'est une proportion que l'on retrouve dans le reste de l'armée. Il suffit de compter le nombre d'aumôniers musulmans pour s'en rendre compte. Cependant, on assiste à l'essoufflement de l'islam traditionnel, « l’islam des grands-parents », perçu par les autorités françaises comme « l'islam des modérés » ".
S'y rajoute le retour précipité de l'opération Harmattan en Lybie du porte-avions Charles de Gaulle, officiellement pour une remise à niveau technique à Toulon, officieusement afin d'éviter une mutinerie, plusieurs actes de sabotages ayant été effectués par une part de l'équipage, « hostile à la politique et aux ordres de Nicolas Sarkozy ». Etc.
Je ne dis pas que tous les musulmans refuseront de faire une guerre justifiée à une autre pays musulmans, mais il est parfaitement légitime de se poser la question, d'autant plus qu'elle s'est imposée d'elle-même au regard d'événements ayant réellement eu lieu, et contredisant tes affirmations.
Pour des raisons évidentes, la défense nationale ne peut pas se permettre de tolérer la présence d'une « cinquième colonne ». Jusqu'à présent, la seule réponse apportée à ce problème a été l'engagement d'une procédure disciplinaire à l'encontre de militaires qui ont refusé de partir en opération, ce qui a éventuellement abouti à la rupture de leur contrat. C'est tout, et très loin d'être généralisé à ce que j'en sais.
Toujours est-il que si cela pose un problème de défense nationale, j'imagine que ça doit également poser un problème de souveraineté nationale d'un point de vue politique. Et un vrai casse-tête (en tout cas une discussion dans laquelle je ne souhaite pas m'engager) pour ne pas faire des citoyens musulmans de sous-citoyens.